Notaires du Grand Paris : « Une lueur d’espoir » (+11 % de transactions sur un an)
En Île-de-France, les volumes de ventes de logements anciens ont atteint 35 170 transactions au troisième trimestre 2025, soit une hausse de 13 % par rapport au T3 2024. Sur un an, 121 790 transactions ont été enregistrées, c’est une hausse de 11 %, ont révélé les Notaires du Grand Paris, le 20 novembre, lors de la présentation des chiffres du marché immobilier francilien.
« Pour la première fois depuis de longs trimestres, nous avons une lueur d’espoir avec une redynamisation de l’activité. On ne peut pas affirmer qu’une reprise est amorcée : ce serait très optimiste, car le nombre de transactions reste limité et le contexte fragile », a observé Élodie Frémont, présidente de la commission statistiques des Notaires du Grand Paris.
Avec 121 790 transactions enregistrées sur douze mois glissants, « il faut considérer que ces chiffres vont peut-être devenir la normalité, et ce sera donc notre zone d’activité désormais, a poursuivi Élodie Frémont. Cette progression est homogène selon les secteurs de marché, et il y en a un qui tire un peu mieux son épingle du jeu : la maison ancienne, qui est le produit le plus recherché au troisième trimestre 2025, et encore plus en Grande couronne ».
Des prix relativement stables
La progression de l’activité sur le marché des maisons a été la plus notable ce trimestre avec des ventes en augmentation de 17 % sur un an à l’échelle régionale, portée par la Grande couronne qui enregistre une hausse significative de 18 % sur un an (+12 % en Petite couronne). Le marché des appartements a progressé, quant à lui, de 12 % au T3 2025 et dans tous les départements franciliens.
Sur l’ensemble de la région, les prix sont relativement stables, à + 0,4 % sur un an au T3 2025. Il s’établit à 6 230 euros/m2 pour les appartements franciliens (+1,3 %).
Selon les projections des notaires du Grand Paris basés sur les avant-contrats, les prix devraient être quasi stables d’octobre 2025 à janvier 2026 (-0,6 %) et pourraient augmenter de 1,8 % de janvier 2025 à janvier 2026.
Contrairement aux appartements, les prix des maisons sont en légère baisse sur un an au T3 trimestre (-1,3 %) à 330 800 euros de prix de vente en moyenne et pourraient s’éroder de 1,1 % d’octobre 2025 à janvier 2026. « La stabilisation des prix est un bon signe. Cela signifie que les vendeurs sont plus résiliants », a considéré Élodie Frémont.
« L’instabilité politique génère une crainte des investisseurs particuliers »
« Affirmer qu’une reprise durable s’installe serait très optimiste. L’instabilité ambiante ne permet pas de deviser avec certitude, a poursuivi Élodie Frémont. Quatre points l’expliquent :
- L’instabilité politique, avec cinq gouvernements en trois ans. Cela génère une crainte des investisseurs particuliers, qui ont déserté le marché.
- Des acteurs qui ne sont plus présents, c’est-à-dire les marchands de biens et les promoteurs, car les mesures législatives, réglementaires et fiscales sont toujours plus contraignantes et moins lisibles.
- L’OAT à 10 ans dicte un maintien de taux plutôt bas, mais le contexte international anxiogène, notamment aux États-Unis, crée un manque de lisibilité immédiat.
- C’est le secondo accédant qui devient l’acteur principal. Il bénéficiait auparavant d’un taux à 1 % ; aujourd’hui, pour acheter, il doit emprunter à 3 % de plus. Il peut retirer son bien, rester dans les lieux (au risque de payer la taxe sur les logements vacants) ou mettre en location.
Avec ce climat inquiétant, les acteurs se tournent vers des investissements plus liquides. L’or grimpe. Les marchés financiers sont jugés plus lisibles. L’augmentation de la taxe départementale a pesé sur le marché. La non-déductibilité surprise de certains amortissements n’a pas aidé non plus. Le vendeur préférera peut-être un placement boursier.
« ll faudrait restaurer des aides fiscales d’accès à la propriété »
Bien loin des chiffres post-Covid, on est désormais sur des volumes plus raisonnés, plus limités, dont l’acteur principal reste le secondo accédant. Pour une véritable reprise, il faudrait revoir d’autres acteurs sur le marché immobilier, acteurs que nous ne voyons plus : les promoteurs immobiliers, les primo-accédants (avec une facilité d’accès au crédit), les marchands de biens, les investisseurs particuliers qui ont déserté le marché locatif.
Pour cela, il faudrait restaurer des aides fiscales, d’accès à la propriété, ou un dispositif type Pinel, ou un domaine d’éligibilité plus large pour le PTZ, ou encore un PLU plus dynamisant. Le financement reste le moteur essentiel de cette activité, et le critère de solvabilité sera déterminant pour l’achat, et donc pour le volume de transactions enregistrées ».