Notaires de France : 945 000 transactions en 2025 (+11 % sur un an), « une reprise à bas régime »
Le volume de transactions de logements anciens en 2025 atteint 945 000 ventes à fin décembre, soit une progression annuelle de 12 %, « une reprise est bien engagée, mais elle s’opère à bas régime », ont commenté les Notaires de France dans la note de conjoncture immobilière de janvier 2026, publiée le 22 janvier 2026.
« Le marché immobilier ancien confirme une reprise de l’activité, sans pour autant renouer avec les volumes des cycles précédents, ont relevé les Notaires de France. Les volumes restent inférieurs d’environ 25 % au pic atteint à l’été 2021 et s’inscrivent en deçà des standards des phases d’expansion antérieures. Un nouveau rythme qui traduit davantage une phase de normalisation qu’un véritable redémarrage du cycle immobilier ».
Des prix en hausse de 0,7 % à l’échelle nationale
Au troisième trimestre 2025, les prix des logements anciens sont en hausse pour le troisième trimestre consécutif. Ils augmentent de +0,7 % sur un an (après +0,5 % au deuxième trimestre et +0,3 % au premier trimestre 2025), portés par une hausse de 1,3 % des appartements (+0,2 % pour les maisons).
Après dix trimestres de baisse, les prix des logements anciens repartent à la hausse (+0,4 %) en Île-de-France, grâce à une croissance de 1,3 % des prix des appartements, tandis que les prix des maisons poursuivent leur baisse (-1,3 % après -0,7 %).
Les prix des appartements augmentent sur un an à Paris (+1,9 % après +0,4 %), en petite couronne (+1,2 % après +0,3 %) et, dans une moindre mesure, en grande couronne (+0,2 % après -0,1 %).
Quelle projection sur les prix en 2026 ?
D’après les projections issues des avant-contrats à fin février 2026, le Conseil supérieur du notariat (CSN) anticipe une évolution annuelle des indices de prix des logements anciens à +1,4 % pour les appartements et à +0,4 % pour les maisons.
En province, les prix des appartements anciens augmenteraient également plus vite que ceux des maisons, avec respectivement +1,2 % et +0,3 %. En Île-de-France, les avant-contrats prévoient, pour les appartements, des prix en légère hausse annuelle (+1,7 % en Île-de-France et +1,5 % à Paris).
Une phase d’équilibre fragile
« Cette configuration traduit un marché entré dans une phase d’équilibre fragile, où l’ajustement s’opère davantage par l’allongement des délais de vente et la négociation que par des corrections de prix brutales », ont ajouté les Notaires de France.
« Dans ce contexte, le maintien de niveaux de prix raisonnables apparaît déterminant : une remontée trop rapide, dans un environnement encore instable, pourrait rapidement gripper une reprise qui demeure sans grand dynamisme ».
« Consolider une reprise sans excès »
« La poursuite de l’amélioration des volumes de ventes dépendra du maintien de prix en adéquation avec le pouvoir d’achat des ménages et de taux d’emprunt suffisamment attractifs. Elle suppose également une stabilité financière durable et une action publique capable de redonner de la lisibilité, notamment sur le logement neuf et l’investissement locatif. Dans un contexte peu propice aux emballements, il conviendra de consolider une reprise sans excès, de préserver la fluidité des échanges et d’éviter toute rupture brutale liée à des ajustements fiscaux mal calibrés.
L’immobilier demeure un moteur essentiel de croissance, d’emploi et de recettes fiscales, tant pour l’État que pour les collectivités locales. Il apparaît nécessaire de proposer un cadre stable, lisible et équilibré, conciliant soutien à l’accession, relance de l’investissement locatif privé et adaptation progressive du parc existant aux exigences énergétiques. À défaut, le marché pourrait rester durablement installé dans une reprise incomplète et fragile.
Le marché du logement neuf, déjà fragilisé depuis plusieurs années, demeure largement et durablement diminué. La faiblesse persistante des autorisations de construire, la hausse des coûts de production, des exigences normatives continuellement rehaussées et l’attentisme des investisseurs continuent de peser sur l’offre. À ces facteurs structurels, s’ajoute la perspective des élections municipales, traditionnellement peu compatibles avec une accélération des projets d’aménagement et de construction. Cette situation renforce mécaniquement le rôle central du parc existant et accentue la pression sur le marché ancien, tant à l’achat qu’à la location », ont complété les Notaires de France.