Notaires de France : 958 000 transactions (+11 % sur un an), « une reprise sans excès »
À fin février 2026, le volume cumulé de transactions sur 12 mois en France dans l’ancien (hors Mayotte) atteint 958 000 ventes, contre un point bas à 832 000 en septembre 2024, soit une progression annuelle de l’ordre de + 11 %. Tel est le principal constat effectué par Notaires de France dans une note de conjoncture immobilière parue le 27 avril 2026.
La reprise sur le marché immobilier résidentiel ancien est réelle, mais les Notaires de France la qualifient de « reprise sans excès et sous contraintes » : les niveaux actuels restent en deçà du pic de 1 251 000 transactions atteint en août 2021, et la progression sur trois ans (2023-2025) ne dépasse pas + 2 %, illustrant un redémarrage progressif sans effet de rattrapage marqué.
L’un des enseignements majeurs de cette note tient dans l’analyse géographique des volumes. Après une contraction de -20 % en 2023 et de -9 % en 2024, l’année 2025 a marqué un retournement avec une progression de + 13 % des transactions sur un an à l’échelle nationale.
Volumes de transactions : l’Île-de-France tire le marché
Ce redressement est généralisé : près des deux tiers des départements enregistrent des hausses supérieures à 10 %.
L’Île-de-France se distingue particulièrement : tous ses départements affichent des hausses d’au moins 15 %, à l’exception de Paris (+ 12 %). Les progressions les plus marquées sont relevées dans les Hauts-de-Seine et en Seine-et-Marne, autour de + 20 % sur un an. En province, l’Ain, la Haute-Garonne et la Gironde enregistrent des dynamiques comparables.
À l’inverse, plusieurs territoires restent à l’écart de ce mouvement avec des hausses inférieures à 5 % : Orne, Nièvre, Moselle, Haute-Marne, Cher, Aude. La reprise est réelle, mais différenciée selon les marchés locaux.
Attention au biais de lecture : sur trois ans, le niveau d’activité reste en retrait dans l’ensemble des départements. Les baisses cumulées depuis 2022 dépassent -25 % en Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise, Pyrénées-Orientales, Lot-et-Garonne et Dordogne. La reprise de 2025 efface une partie — mais pas l’intégralité — du creux traversé.
Notaires de France situe la zone d’équilibre du marché actuel autour de 975 000 transactions, caractéristique d’un marché d’utilisateurs, c’est-à-dire dominé par des acquéreurs primo-accédants ou en parcours résidentiel, et non par des investisseurs.
« La demande reste bien présente dans les offices notariaux, et les ménages semblent avoir intégré l’immobilier comme valeur refuge, malgré l’incertitude économique et géopolitique ambiante ».
Stabilité des prix à l’horizon
Sur le front des prix, les logements anciens ont enregistré une hausse de + 1,1 % sur un an au 4e trimestre 2025 en France métropolitaine — quatrième trimestre consécutif de progression. Les appartements progressent de + 1,5 % et les maisons de + 0,8 %.
En Île-de-France, la hausse est plus modeste (+ 0,7 %), tirée exclusivement par les appartements (+ 1,2 %), tandis que les maisons restent orientées à la baisse (-0,4 %).
Les projections issues des avant-contrats à fin mai 2026 dessinent toutefois un plateau : les prix des logements anciens n’évolueraient que de -0,2 % sur un an à l’échelle nationale, avec des appartements quasi stables (+ 0,3 %) et des maisons légèrement en repli (-0,5 %).
Les conditions de financement, facteur de risque
Les conditions de financement constituent le principal facteur de risque à court terme. Le taux moyen des crédits immobiliers hors renégociations s’établit à 3,23 % en février 2026 (après 3,17 % en janvier), signalant une légère remontée après la détente de 2024-2025.
La BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés mi-mars 2026, tout en signalant des tensions persistantes sur les prix. La production de crédits à l’habitat atteint néanmoins 11,6 Md€ en février, en hausse par rapport aux 10,9 Md€ de janvier. Le marché reste solvable, mais fragile.
Le neuf reste à l’écart de la reprise
Le marché du logement neuf constitue la principale zone d’ombre de ce tableau. En février 2026, les autorisations de construire atteignent 33 151 unités (+ 3,3 % par rapport à janvier, après -1,5 % en janvier et + 9,5 % en décembre 2025). Les mises en chantier s’élèvent à 27 158 unités, en légère baisse de -1,6 % par rapport au mois précédent.
Si les réservations progressent de + 12 % sur un an et les annulations reculent de -16 %, la dynamique globale reste contrainte. Le segment de la maison individuelle apparaît particulièrement fragilisé.
L’investissement locatif reste en retrait, et le récent dispositif fiscal « Jeanbrun » ne semble pas, pour l’instant, avoir produit les effets escomptés sur la demande. L’enjeu principal demeure celui de la lisibilité et de la stabilité du cadre réglementaire et fiscal, conditions nécessaires pour que l’offre locative se redéploie progressivement.