Évaluation

Île-de-France : une pénurie généralisée de petits logements, appelée à s’aggraver d’ici à 2030 (FPI)


Une étude menée par la Fédération des promoteurs immobiliers Île-de-France (FPI IDF), avec l’ESPI pour le Centre d’analyses et de prévisions immobilières (CAPEM), conclut à une pénurie généralisée de petits logements (T1/T2) dans la région francilienne, appelée à s’aggraver d’ici 2030, selon la FPI IDF.

Quelles perspectives pour les petits logements en IDF à horizon 2030 ? - © D.R.
Quelles perspectives pour les petits logements en IDF à horizon 2030 ? - © D.R.

Selon l’étude menée dans 4 900 quartiers franciliens, 96 % des quartiers étudiés présentent un excédent de pièces par rapport à la structure des ménages qui le composent.

Ainsi, la grande majorité des ménages occupe un logement comportant un minimum d’une pièce en plus par rapport à leur besoin strict. Cette sous-occupation est composée de 28 % de logements ayant au moins deux pièces supplémentaires par rapport à leur besoin strict et de 13,5 % ayant plus de trois pièces supplémentaires, une part ayant augmenté depuis 2007. 39 % de ces logements en sous-occupation sont occupés par des retraités et 24 % par des cadres.

« Le desserrement des ménages - conséquence de la hausse des personnes vivant seules, de la décohabitation, et du vieillissement - deviendra d’ici 2030 le premier moteur des besoins en logements en Île-de-France, représentant 38 % de la demande potentielle, devant la seule croissance démographique qui n’en représentera que 17 % », selon l’étude.

« les politiques publiques qui encadrent la construction sont souvent trop directives, parfois dogmatiques »

Entre 2018 et 2050, les ménages d’une personne contribueraient pour 75 % à la hausse globale des 570 000 ménages en Île-de-France, et la part des ménages composés d’une seule personne dans la région passerait de 37 % en 2018 à 41 % en 2050.

Pour combler le déficit théorique en T1 et T2, l’étude prévoit une production de 340 000 logements de plus que ce que permet le rythme actuel entre 2021 et 2030.

« Le constat opérationnel est que les politiques publiques qui encadrent la construction sont souvent trop directives, parfois dogmatiques. On pousse à créer de grands logements parce que l’on veut accueillir des familles, mais le constat démographique n’est pas toujours celui-là. L’objectif de cette étude est donc aussi d’aider les décideurs publics à disposer de bonnes données. Il s’agit de fournir aux décideurs publics et aux opérateurs des outils d’analyse permettant de mettre en place une politique locale du logement qui corresponde réellement aux besoins », déclare Bruno Halluin, président de la FPI IDF.