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« En Ile-de-France, les prix stagneront sur les appartements et progresseront sur les maisons »

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« D’après les indicateurs avancés sur les avant-contrats, les prix pourraient stagner pour les appartements et progresser pour les maisons d’avril à juillet 2024 », a indique Élodie Frémont, présidente de la commission des statistiques immobilières et notaire à Paris, lors de la présentation des résultats du 1er trimestre 2024 sur le marché immobilier francilien, par les Notaires du Grand Paris, le 28 mai 2024.

La part des maisons dans les ventes n’a jamais été aussi faible depuis 20 ans, selon les notaires.  - © D.R.
La part des maisons dans les ventes n’a jamais été aussi faible depuis 20 ans, selon les notaires. - © D.R.

Au quatrième trimestre 2024, le prix du mètre carré en Île-de-France a atteint 6 120 euros en moyenne (-7,9 % en un an) et 9 490 euros à Paris (-7,9 %).

Le prix de vente moyen pour une maison ancienne dans la région est de 331 300 euros (-8,4 % sur un an). D’après les indicateurs avancés sur les avant-contrats, la baisse annuelle des prix devrait être ramenée en Île-de-France à -6,8 % pour les appartements en juillet 2024 et à -5,2 % pour les maisons.

Des volumes de transactions en baisse de 24 % au T1 2024

« Nous constatons que l’effort pour intégrer le nouveau mode de fonctionnement du marché s’opère, mais de façon très progressive et partielle : pour les vendeurs il faut accepter la baisse des prix et les négociations, et pour les acquéreurs, les nouvelles conditions de taux, un effort financier supplémentaire ou un changement de projet », a indiqué Elodie Frémont.

Au niveau des volumes de transactions, 22 450 ventes ont été enregistrées en Île-de-France au premier 2024 par les Notaires Grand Paris. C’est une baisse de 24 % par rapport au premier 2023 et de 40 % par rapport au premier trimestre 2022.

Le marché de la maison (5 570 ventes) connaît le plus fort ralentissement avec des ventes en baisse de 27 % par rapport à 2023 et de 46 % par rapport au T1 2022. Le volume des ventes d’appartements anciens (16 880 ventes) diminue de 23 % en un an.

« Le marché des petits appartements résiste un peu mieux à la crise »

« La part des maisons dans les ventes de logements anciens n’a jamais été aussi faible depuis 20 ans (28,1 % en 2023), en rupture avec le point haut de 31,8 % d’acquisitions de maisons en 2021 lié au désir des Franciliens de devenir propriétaire d’une maison pour disposer d’espace et de verdure après la crise sanitaire », a précisé la présidente de la commission des statistiques immobilières et notaire à Paris.

Et d’ajouter : « Nous constatons une baisse des volumes de ventes de logements anciens en Île-de-France de 25 % de 2022 à 2023, un peu plus sévère pour les appartements de grande taille (de -25 % à -29 % du 3 pièces au 5 pièces et plus) que pour les studios et les deux pièces (respectivement -17 % et -23 %). Dans le même temps, les ventes des petites maisons ont un peu mieux résisté que les ventes de grandes maisons (-31 % pour les 6 pièces et plus) ».

Géographiquement, les baisses de volumes de ventes d’appartements de 2022 à 2023 concernent tous les secteurs, mais sont moindres à Paris (-22 %) et en Petite Couronne (-24 %) qu’en Grande Couronne (-26 %) où la part de grands appartements est la plus importante.

Perspectives encourageantes

Cependant, « les perspectives de baisses des taux sont encourageantes. D’après nos simulations, la mensualité moyenne a atteint un pic au cours de l’été 2023 mais elle recule très légèrement depuis sous l’effet de la baisse des prix à laquelle s’est ajoutée, depuis le début de l’année, une érosion des taux. »

« La mensualité diminuerait d’ici juillet de 6 % pour les appartements et de 5 % pour les maisons par rapport au point haut de l’été 2023. C’est donc réel mais encore trop modeste comparé à la hausse qui a atteint 19 % pour les appartements et 23 % pour les maisons, entre janvier 2022 et ces points hauts. »

« Enfin, au-delà de ces ajustements appelés à se poursuivre et dans un contexte économique et social délicat, on ne peut que souhaiter qu’une politique du logement pérenne, vigoureuse et globale ne vienne accompagner l’ensemble de la filière du logement, essentielle à la satisfaction fondamentale des besoins des ménages. »