Évaluation

DPE : 300 000 passoires thermiques vont changer de statut sans travaux en 2027 


Le gouvernement prépare une nouvelle modification du calcul du DPE au 1er janvier 2027. En abaissant le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire de 1,9 à 1,7, la réforme ferait sortir environ 300 000 résidences principales des classes F et G. Une évolution qui devrait avoir des conséquences directes sur le marché locatif.

Au 1er janvier 2025, la France comptait 3,2 millions de résidences principales classées F ou G. - © Olivier Le Moal - stock.adobe.com
Au 1er janvier 2025, la France comptait 3,2 millions de résidences principales classées F ou G. - © Olivier Le Moal - stock.adobe.com

Publié au Journal officiel le 26 août 2026, cette mesure fait suite à un arrêté d’Anne-Emmanuelle Ouvrard, adjointe au directeur de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages, et d’Hervé Vanlaer, adjoint du directeur général de l’énergie et du climat.

Son impact sur le parc immobilier est loin d’être anecdotique : environ 300 000 résidences principales sortiraient du statut de passoire énergétique, c’est-à-dire des classes F et G, sans qu’aucuns travaux ne soient réalisés.

Dans le détail, près de 200 000 logements quitteraient la classe F et 100 000 la classe G. Le nombre de passoires diminuerait ainsi d’environ 10 %, sur un parc évalué à 3,2 millions de résidences principales F ou G au 1er janvier 2025.

Attestation d’une nouvelle étiquette

« Cette évolution conduira effectivement à la sortie d’un certain nombre de logements du statut de passoires énergétiques (estimé à 300 000 logements), sans modification physique réelle des bâtiments ni réduction immédiate de leurs consommations », selon la synthèse de la consultation publique.

Tout DPE résidentiel et audit énergétique valide pourra, à compter du 1er janvier 2027, donner lieu à une attestation d’une nouvelle étiquette, générée exclusivement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe. L’attestation sera gratuite et téléchargeable par toute personne.

Elle :

  • recalculera seulement l’étiquette en appliquant le coefficient de 1,7 ;
  • remplacera juridiquement l’étiquette figurant sur le DPE initial ;
  • ne modifiera ni les caractéristiques du bâtiment, ni les données saisies par le diagnostiqueur, ni les travaux recommandés ;• expirera à la même date que le DPE initial.

Un premier arrêté, publié par le ministère de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation le 26 août 2025, avait fait passer de 2,3 à 1,9 la valeur du facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire pour l’électricité dans les DPE et les audits énergétiques.