Marché immobilier : la Fnaim anticipe un recul des ventes en 2026
Le marché immobilier dans l’ancien est-il déjà en train de replonger ? C’est la question posée par la Fnaim à l’occasion de sa conférence de presse du 17 juin. Alors que l’année 2025 avait marqué un retour de la croissance des transactions après deux années aux abois, les premiers mois de 2026 montrent un net ralentissement de l’activité.
Le groupe bancaire Groupe BPCE l’annonçait le 3 juin dernier. La projection a été confirmée le 17 juin par la Fnaim : le marché de l’immobilier dans l’ancien enregistrera une baisse de son volume de transactions à l’issue de cette année 2026. Une chute estimée entre 5 et 6 % par rapport à 2025.
« Le nombre de ventes de logements anciens est passé de 958 000 à fin février à 941 000 sur douze mois glissants fin avril, soit une perte de 17 000 transactions en deux mois », déplore la Fnaim.
La fédération estime désormais que le marché devrait terminer l’année entre 900 000 et 920 000 ventes, bien loin des espoirs nourris après le rebond de 2025.
« Cette projection reste toutefois supérieure au point bas atteint fin 2024, lorsque le volume annuel était tombé à 845 000 transactions », rappelle-t-elle.
« La dynamique observée en 2025 est aujourd’hui contrariée »
La fédération rappelle que l’année dernière s’était soldée par une progression de 12 % des ventes, portée par la détente des taux de crédit et l’amélioration du pouvoir d’achat immobilier. Mais cette embellie n’aura été que de courte durée. « La dynamique observée en 2025 est aujourd’hui contrariée », résume la Fnaim.
Plusieurs facteurs expliquent ce coup d’arrêt. Le premier est géopolitique. Les tensions persistantes au Moyen-Orient ont alimenté les craintes d’un regain inflationniste, notamment via la hausse des prix de l’énergie. Cette situation pèse directement sur le pouvoir d’achat des ménages et entretient l’incertitude économique.
Le deuxième facteur concerne le financement. Après leur décrue en 2024 et en début d’année 2025, les taux de crédit sont repartis légèrement à la hausse. Le taux moyen des crédits immobiliers est ainsi passé de 3,05 % en juin 2025 à 3,25 % en mai 2026.
« La durée des crédits ne cesse d’augmenter et pourtant les normes du HCSF continuent de s’appliquer. On se demande pourquoi ces règles subsistent dans un marché qui n’est pas en surchauffe. Il faut au moins les suspendre momentanément », estime Loïc Cantin, président de la Fnaim.
À cela s’ajoutent des perspectives économiques moins favorables. La croissance ralentit, le pouvoir d’achat des ménages se dégrade et les craintes d’une remontée du chômage réapparaissent. Dans ce contexte, de nombreux acquéreurs préfèrent différer leur projet immobilier.
Les prix résistent
Malgré ce ralentissement de l’activité, les prix résistent. Au 1er juin 2026, le prix moyen des logements anciens s’établit à 2 994 euros par mètre carré, soit une quasi-stabilité sur un an (-0,1 %). Cette évolution marque un net changement par rapport aux corrections observées en 2024.
Les appartements enregistrent même une hausse de 1,8 % sur un an, à 3 838 euros le mètre carré, tandis que les maisons poursuivent leur ajustement avec un recul de 1,6 %, à 2 357 euros le mètre carré.