Évaluation

Immobilier ancien : le marché attendu en repli en 2026 (Groupe BPCE)


Le marché immobilier dans l’ancien devrait ralentir nettement en 2026, selon la dernière étude, publiée le 2 juin, par le Groupe BPCE. Le groupe bancaire anticipe une baisse des transactions et un très léger tassement des prix sur fond de tensions géopolitiques et de remontée des taux d’intérêt.

Les ventes dans l’ancien en France ont accusé -8 % en mars 2026 vs. mars 2025 - © D.R.
Les ventes dans l’ancien en France ont accusé -8 % en mars 2026 vs. mars 2025 - © D.R.

Le redémarrage du marché immobilier observé en France en 2025 n’a-t-il été qu’une parenthèse ? Dans sa dernière note de conjoncture, le Groupe BPCE table, pour 2026, sur un ralentissement des ventes immobilières.

Selon l’établissement bancaire, les transactions dans l’ancien devraient reculer de 6 % sur l’année pour retomber à environ 890 000 unités. Des premiers signes de repli sont déjà à l’oeuvre :

« Après une poursuite de la hausse des ventes sur les deux premiers mois de l’année, les transactions du mois de mars 2026 ont été inférieures de 8 % à celles de mars 2025 », constate le Groupe BPCE.

Des taux de crédits à 3,43 % fin 2026 ?

Sans surprise, cette dégradation s’explique par le contexte économique et géopolitique devenu plus incertain alimenté par la guerre au Moyen-Orient, la hausse des prix des matières premières énergétiques et le retour de tensions inflationnistes, relève le groupe bancaire. Soit autant d’éléments qui continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages.

« Dans ce climat, les projets immobiliers sont davantage différés, tandis que les conditions de financement continuent de se durcir », constate-t-il.

Le Groupe BPCE estime, en effet, que la Banque centrale européenne « devrait poursuivre le relèvement de ses taux directeurs » afin de contenir l’inflation (l’annonce de la BCE est attendue le 11 juin). En conséquence, le taux moyen des crédits à l’habitat, établi à 3,22 % en mars 2026, pourrait atteindre 3,43 % d’ici au quatrième trimestre 2026.

Conséquence : la production de crédits à l’habitat devrait diminuer de 6 % cette année, pour atteindre 175 milliards d’euros. Le Groupe BPCE rappelle que près de 80 % des transactions immobilières ont reposé sur un crédit bancaire au cours des dix dernières années. Mais après la remontée brutale des taux entre 2021 et 2024, cette proportion est tombée à 65 %, soit son plus bas niveau depuis 2012.

Stabilisation des prix sur l’année

Dans ce contexte, les prix de l’immobilier devraient se stabiliser à l’échelle nationale. Après une progression limitée de 0,4 % en deux ans, le groupe bancaire anticipe un recul des prix de 0,1 % d’ici à la fin de l’année 2026.

Le profil des acheteurs évolue également. Les primo-accédants apparaissent aujourd’hui comme les acteurs les plus actifs du marché. En 2025, leur niveau de financement a même dépassé celui observé avant la crise sanitaire. À l’inverse, les investisseurs et les secundo-accédants restent pénalisés par le coût du crédit et des conditions d’octroi plus strictes.

Le marché du neuf, lui, continue de souffrir d’un manque d’offre adaptée et de prix jugés trop élevés pour une partie des ménages. Malgré quelques signaux encourageants sur les permis de construire et les mises en chantier, la reprise y demeure fragile.