Défaillances d’entreprises : les agences immobilières respirent
Après un pic en 2024, les défaillances d’agences immobilières ont nettement reculé au premier trimestre 2026, révèle la dernière étude d’Altares. Mais derrière ce répit, la filière immobilière, dans son ensemble, reste fragilisée, notamment du côté de la promotion.
La tempête est-elle passée pour la filière des agences immobilières ? Au premier trimestre 2026, 240 défaillances d’entreprises y ont été recensées, c’est une baisse de 23 % sur un an.
Cette tendance s’inscrit dans un mouvement de décrue amorcé en 2025, après un pic à 374 procédures début 2024, rappelle l’étude trimestrielle des défaillances et sauvegardes des entreprises en France réalisée par Altares et publiée le 14 avril 2026.
Il n’empêche : l’ensemble de la filière immobilière reste sous tension. Le secteur, dans son ensemble, a totalisé 914 défaillances sur le trimestre (+4 %), une hausse qui est largement imputable au secteur de la promotion immobilière, où les défauts ont explosé (+51 %).
Construction : une résistance à relativiser
La filière de la construction a affiché, elle, une relative stabilité au premier trimestre 2026, avec une hausse des défaillances limitée à 1,7 %.
Alors que le gros œuvre a tiré son épingle du jeu, avec un recul des défauts (-9 %), notamment dans la maçonnerie et les travaux publics, le second œuvre est resté exposé, enregistrant une hausse de +8 %, particulièrement dans la peinture et la menuiserie.
Défaillances : un niveau record tous secteurs confondus
Au-delà de ces dynamiques sectorielles, le début d’année 2026 a confirmé la fragilité du tissu économique français. Près de 19 000 entreprises (18 986) ont fait défaut au premier trimestre, soit une hausse de 6,4 % sur un an, portant le total à plus de 71 000 défaillances sur douze mois, « un niveau inédit », note Altarès.
Cette dégradation s’accompagne d’un impact social élevé, avec plus de 75 000 emplois menacés, un record depuis la crise de 2009. La hausse est notamment tirée par les redressements judiciaires (+13,6 %), traduisant une aggravation des difficultés financières des entreprises.
Les très petites entreprises (TPE) ont concentré l’essentiel des procédures (75 %), tandis que les PME de 20 à 99 salariés sont apparus fragilisées (+12 %). À l’inverse, les structures de 10 à 19 salariés affichent une amélioration sensible
Le commerce de détail à la peine
Plus globalement, la plupart des activités sont restées orientées à la hausse. Les services, notamment aux entreprises, ont enregistré une forte progression des défaillances (+11,7 %), tout comme le transport (+12,9 %) ou encore les services à la personne (+17 %).
Le commerce de détail a confirmé ses difficultés, en particulier dans l’habillement ou les commerces multi-rayons.