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L’immobilier de prestige confirme son rebond et pèse près de 40 milliards d’euros


Le segment de l’immobilier de prestige, en France, a renoué avec la croissance en 2025, avec 10 % de transactions supplémentaires, selon le portail immobilier Belles Demeures. Un rebond qui se poursuit au premier semestre 2026 selon les réseaux Junot, Daniel Féau, Barnes et Kretz Real-Estate.

Le marché du prestige en 2026, selon Belles Demeures, et quatre réseaux emblématiques.   - © D.R.
Le marché du prestige en 2026, selon Belles Demeures, et quatre réseaux emblématiques. - © D.R.

L’immobilier de prestige, en France, renoue avec la croissance. Après trois années de repli, il s’est de nouveau inscrit, en 2025, sur une dynamique positive, avec 10 % de transactions supplémentaires réalisées par rapport à 2024, soit 40 000 ventes sur l’année.

C’est l’une des principales informations dévoilées, jeudi 18 juin, par le portail immobilier Belles Demeures (Groupe SeLoger) dans le cadre de sa conférence de presse organisée pour la 5e année consécutive à Paris.

Qu’entend-on par « immobilier de prestige » ? Ce sont, selon les codes de Belles Demeures, les trois segments de marché du premium, du luxe et de l’ultra-luxe.

  • A Paris, le premium concerne les biens au-dessus de 1,6 M€, le luxe ceux au-dessus de 3,1 M€ et l’ultra-luxe les biens au-delà de 7,5 M€.
  • Pour les six départements qualifiés d’« exceptionnels » par Belles Demeures (1), le premium, le luxe et l’ultra-luxe renvoient aux prix moyens respectifs suivants : au-dessus de 1 M€ ; au-dessus de 2,1 M€ et au-delà de 7 M€.
  • Enfin, pour les autres départements français, ils concernent les fourchettes de prix au-dessus de 600 000 €, au-dessus de 1,2 M€ et au-dessus de 3,2 M€

Le prestige pèse 17 % de la valeur du marché de l’ancien

« 2025 a été la 5e meilleure année de la décennie pour l’immobilier de prestige en France, a précisé Thomas Lefebvre, VP Data Science du Groupe SeLoger. Et si les ventes de la segmentation n’ont réalisé que 5 % du volume totale des transactions immobilières en France, elles ont pesé 17 % de sa valeur, soit 39,3 milliards d’euros », dont 32,238 Md€ pour le premium, 5,259 Md€ pour le luxe et 586 M€ pour l’ultra-luxe.

« Trois grandes transformations ont eu lieu ces dernières années sur ce segment de l’immobilier de prestige, a poursuivi Thomas Lefebvre : la fin de l’argent facile, avec la remontée des taux après la période post-Covid ; l’avènement d’une nouvelle géographie résidentielle avec une poussée des acquisitions vers l’ouest du pays ; et l’accélération des inégalités patrimoniales, avec un renchérissement vers le haut : alors qu’en 2015, 10 % des plus aisés détenaient 40 % du patrimoine immobilier français, ce pourcentage a atteint 48 % en 2025. »

Une croissance de 26 % pour Junot depuis début 2026

Présents, ce 18 juin lors de la conférence de presse de Belles Demeures, quatre réseaux emblématiques de l’immobilier de prestige en France ont rendu compte du bilan qu’ils dressaient de leur activité à l’issue de ce premier semestre 2026.

« Le marché reste fluide et dynamique, a révélé Sébastien Kuperfis, président de la maison familiale Junot. Depuis le début de l’année, nous enregistrons une croissance de 26 % par rapport à l’an passé, après 50 % de croissance en 2025. »

Notant que le conflit au Moyen-Orient n’a eu, sur le segment de l’immobilier de prestige français, qu’un faible impact sur son niveau d’activité, Sébastien Kuperis a ajouté : « Avant une probable remontée des taux d’emprunt dans les mois qui viennent - les courtiers tablent sur des taux à 4 % en fin d’année - s’est ouverte une fenêtre de tirs importante pour les acquéreurs. » A ses futurs clients d’en profiter…

« Les acquéreurs internationaux pèsent pour 35 % de notre clientèle » (Daniel Féau)

Autre marque emblématique de l’immobilier de prestige en France, Daniel Féau, représentée par sa directrice générale déléguée Sophie Berg, a affirmé, par la voix de cette dernière, vivre depuis le début de l’année un niveau d’activité « soutenu ».

S’appuyant sur un portefeuille de biens à la vente pesant 4,4 Md€, Daniel Féau est notamment actif sur le marché parisien où elle compte, sur le segment premium, une clientèle familiale française « réfléchie », en quête d’un bien dans le sud 16e arrondissement, le 17e ou le 9e, a complété Sophie Berg.

Sur l’ultra-luxe, la marque attire une clientèle « fortunée, française et internationale, davantage portée par un achat plaisir », a appuyé la directrice générale déléguée de Daniel Féau. Et de préciser : « Les acquéreurs internationaux pèsent pour 35 % de notre clientèle. Ce qu’ils veulent, c’est vivre comme de vrais parisiens, en profitant des commerces qui animent les quartiers emblématiques des 6e, 7e et 5e arrondissement. »

L’enseigne Barnes et son président Thibault de Saint-Vincent ont, pour leur part, mis en lumière une Côte d’Azur où « nos clients fortunés sont en quête de sens, à la recherche d’une qualité de vie et d’un art de vivre. Et surtout de biens où ils peuvent y vivre toute l’année. »

Kretz Real-Estate veut ouvrir d’autres agences physiques

Enfin, le réseau Kretz Real-Estate, représenté par son directeur général Alexandre Bruneau, a confié à Immomatin, à l’issue de la conférence, avoir enregistré 15 % de croissance valeur au premier semestre 2026, après +80 % en 2025.

Au niveau de son implantation territoriale, l’enseigne poursuit « son développement en douceur, a ajouté Alexandre Bruneau. Nous comptons pour l’heure 150 agents commerciaux. Et recrutons, en moyenne, cinq à sept nouveaux conseillers par mois. Nous sommes très biens implantés à Paris et dans sa grande couronne, ainsi qu’en région PACA où nous avons fortement accéléré ces derniers mois. Nous devrons aussi être plus forts sur des villes du littoral comme Deauville. »

Et de conclure : « Après avoir ouvert notre première agence physique à Paris, rive gauche, en début d’année, nous avons pour projet également de nous implanter dans les autres grandes villes françaises, je pense à Lyon et Marseille. Sans oublier la rive droite parisienne. » Des annonces d’ouvertures pourraient intervenir rapidement dans les prochains mois…

(1) Hauts-de-Seine, Yvelines, Alpes-Maritimes, Var, Haute-Savoie et Corse-du-Sud.