Logement étudiant : malgré une offre en hausse de 4 %, la tension locative reste forte
L’offre de logements étudiants a progressé de 4 % sur un an en 2026, selon une étude publiée par PAP le 31 août. Une hausse qui ne suffit pas à détendre le marché : à Paris, les annonces les plus recherchées recueillent en moyenne 727 demandes de contact. La tension gagne également la petite couronne et les grandes métropoles universitaires.
L’offre progresse, mais reste encore loin d’absorber la demande. En 2026, le nombre de logements proposés, en France, à la location a augmenté de 4 % par rapport à 2025, selon une étude publiée, le 31 août, par Particulier à Particulier (PAP).
Une évolution qui se révèle bien insuffisante insuffisante pour réduire les tensions observées dans les principales villes universitaires et tout particulièrement à Paris.
Dans la capitale, où quelque 5 000 nouveaux étudiants arrivent chaque année, PAP relève une pression particulièrement forte. L’analyse des 200 annonces les plus recherchées fait ressortir une moyenne de 727 demandes de contact par logement en seulement quelques jours.
Certains biens atteignent des niveaux supérieurs. Un studio de 18 m² situé dans le 20e arrondissement a ainsi enregistré 1 638 demandes de contact en moins d’une semaine.
Les petites surfaces concentrent la demande
Sans surprise, les studios restent les biens les plus convoités. D’une superficie moyenne d’environ 17 m², ils offrent des loyers plus accessibles aux étudiants. Les annonces dépassant le millier de contacts présentent généralement deux caractéristiques : une petite surface et un loyer inférieur à la moyenne du marché.
PAP observe également l’émergence d’un phénomène : la transformation de petits T2 en colocations étudiantes. Une configuration qui conduit parfois l’un des occupants à utiliser la pièce à vivre comme chambre.
Face aux difficultés rencontrées dans Paris intra-muros, une partie de la demande se reporte vers l’Île-de-France. Pour les 200 annonces les plus recherchées dans la région, PAP comptabilise en moyenne 215 demandes de contact. Les étudiants peuvent notamment y accéder à des surfaces plus importantes : à la location, les trois-pièces y sont en moyenne 30 % moins chers que dans la capitale.
Les Hauts-de-Seine attirent les étudiants
La petite couronne profite directement de ce report de la demande. Les Hauts-de-Seine placent ainsi sept communes parmi les dix villes les plus recherchées : Boulogne-Billancourt, Colombes, Nanterre, Asnières-sur-Seine, Antony, Bagneux et Issy-les-Moulineaux.
Boulogne-Billancourt arrive en tête. Selon PAP, un logement de 30 m² s’y loue un peu plus de 900 euros, contre environ 1 300 euros à Paris. Outre ce différentiel de prix, le département bénéficie de liaisons rapides avec la capitale.
La tension locative ne se limite toutefois pas à la région parisienne. Lyon, Nice, Bordeaux, Toulouse, Lille, Aix-en-Provence ou encore Nantes connaissent également une forte concurrence entre candidats. Dans ces grandes villes universitaires, les 200 annonces les plus recherchées enregistrent en moyenne 149 demandes de contact.
PAP réclame un « grand plan logement de long terme »
La pénurie conduit aussi certains étudiants à revoir leurs critères. PAP relève ainsi qu’à Paris, des logements qualifiés de « bouilloires thermiques » peuvent recueillir jusqu’à 629 contacts par annonce. Pour le site immobilier, « la question n’est plus de savoir si l’on trouvera un logement décent, mais jusqu’où l’on est prêt à revoir ses exigences pour en obtenir un ».
Face à cette situation, PAP appelle les pouvoirs publics à agir prioritairement sur l’offre locative. L’entreprise préconise notamment de clarifier la fiscalité applicable aux bailleurs, d’alléger les contraintes pesant sur la rentabilité locative et d’assouplir certaines normes freinant, selon elle, la mise en location.
PAP souhaite également un « recentrage du débat public sur la question de l’offre de logements, plutôt que sur le seul confort d’été ou les passoires thermiques » et appelle à engager un « grand plan logement de long terme, construit sans précipitation et articulé à une véritable politique d’aménagement du territoire ».