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« Réinventer Paris » : quand les bureaux se transforment en logements

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Six premiers locaux professionnels (environ 54 000 m2 en cumul) ont été promus, le 9 février 2021, par la Ville de Paris, dans le cadre de l’appel à projets urbains innovants « Réinventer Paris » dédié à la transformation de bureaux en logements.

« Réinventer Paris », ou l’art de transformer les bureaux en logements - © D.R.
« Réinventer Paris », ou l’art de transformer les bureaux en logements - © D.R.

Les six premiers locaux promus sont les suivants :

  • Le siège de l’AP-HP, avenue Victoria (4e arr.) sur 25 000 m2, consultation d’ici à l’été 2021 •
  • Le garage de Renault, quai Grenelle (15e arr.) sur 10 500 m2, consultation en cours •
  • Un site universitaire, rue des Bernardins (5e arr.) sur 900 m2, consultation au printemps ou été •
  • Le Centre Aboukir, rue d’Aboukir (3e arr.), sur 5 000 m2, consultation au printemps ou été •
  • Le garage automobile de PSA retail, avenue de la République (11e arr.) sur 6 500 m2, consultation en février 2021 •
  • Les magasins Tati, à Barbès Rochechouart (18e arr.) sur 6 500 m2, consultation en cours.

A noter que deux sites appartiennent à la Ville : le Centre Aboukir et le site universitaire. Le soutien municipal vise à fluidifier et sécuriser les processus administratifs (instruction du permis de construire, autorisations de voirie, modification si nécessaire du plan local d’urbanisme…) et à renforcer l’attractivité des sites pour les architectes, promoteurs et investisseurs.

Le début d’une série !

« Ces six premiers sites sont le début d’une série, indique Emmanuel Grégoire, 1er adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme, de l’architecture, du Grand Paris, de la transformation des politiques publiques et des relations avec les arrondissements. Le rôle de la Ville de Paris sera d’accompagner techniquement et administrativement les vendeurs et les acheteurs, avec une ingénierie mise à leur disposition ».

Paris compte entre 16 et 18 millions de m2 de bureaux (intra-muros) et la métropole environ 44 millions de m2. « Il n’y a pas de problème de vacance dans Paris et nous ne nous fixons pas d’objectifs précis. Par contre, nous anticipons une baisse de la demande de bureaux, de 20 % à 25 %, que beaucoup annoncent avec le déploiement massif du télétravail », poursuit . Emmanuel Grégoire.

Le fruit d’une expérience

Entre 2001 et 2014, 378 000 m2 ont été transformés de bureaux en logements dans Paris. « 350 000 m2 ont été réalisées en une seule mandature, entre 2014 et 2020. Nous avons donc une expérience certaine dans ce domaine, où les recours sont moins nombreux », déclare Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge du logement, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés. Physiquement, la transformation de surface de bureaux en logements réduit de 15 % la surface utile (en moyenne). « C’est un des obstacles qui freinent les transformations, tout comme le risque locatif plus élevé dans le résidentiel que dans le tertiaire. Notre rôle est d’aider à dépasser ces obstacles  », déclare Emmanuel Grégoire. 

France : 417 000 m2 de logements issus de la transformation de bureau

En France métropolitaine, 417 000 m2 de logements issus de la transformation de bureaux ont fait l’objet d’une demande de permis de construire, dont 110 000 m2 dans l’agglomération parisienne (26 %) et 190 000 m2 dans les autres agglomérations (46 %), selon le ministère du Logement, le 09/02/2021. 85 000 m2 de logements ont été engagés par les signataires de la charte (sources DGALN sur la base des données Sit@del).

  • La Foncière de transformation immobilière (créée en 2020 par Action Logement dans le cadre du PIV, dédiée à l’acquisition et au portage de foncier d’activité vacant) est en négociation pour créer 101 000 m2 de logements dont 42 000 m2 déjà contractualisés, indique le ministère.

Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, incite les acteurs à se saisir des aides de France Relance, le fonds pour la reconversion des friches (300 M€) et l’aide à la relance de la construction durable (350 M€) pour financer ces opérations, lors de sa rencontre avec l’Institut d’épargne immobilière (IEIF), l’Union sociale pour l’habitat (USH), Action Logement groupe, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) et des foncières, le 08/02/2021.

  • Selon l’IEIF, la montée en puissance du télétravail dans la seule Ile-de-France conduira d’ici à 2030 à un excès de 3,3 millions de m2 de bureaux, soit 6,5 % du parc.