Au Mipim, le Gouvernement affiche sa stratégie pour réactiver le marché résidentiel
Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté au Mipim (9 au 13 mars 2026, à Cannes) les priorités du Gouvernement pour relancer la production et attirer de nouveau les investisseurs institutionnels. Sécurisation des loyers, stabilité réglementaire, simplification des permis et objectifs ambitieux de construction figurent au cœur de la stratégie.
En marge du sommet « Housing Matters », organisé dans le cadre du Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim) à Cannes du 9 au 13 mars 2026, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a détaillé les priorités du Gouvernement pour relancer la production de logements et attirer de nouveau les investisseurs institutionnels dans le résidentiel.
Sécuriser l’investissement locatif pour fluidifier le marché
Face aux professionnels de la filière, le ministre a d’abord insisté sur la nécessité de sécuriser l’investissement locatif afin de fluidifier le marché.
« Pour mobiliser les investisseurs, il faut leur garantir qu’ils seront payés et donc les sécuriser contre le risque d’impayés. C’est ainsi que nous travaillons à mettre fin aux baux locatifs si les impayés survenaient de façon excessive », a-t-il déclaré.
Le Gouvernement étudie notamment une évolution inspirée du modèle canadien, caractérisé par « une entrée plus facile dans le logement […] mais où le propriétaire peut expulser très rapidement le locataire en cas d’impayé ».
Selon Vincent Jeanbrun, ce type d’approche permettrait de réduire les freins à l’investissement. « Moins de barrières à l’entrée et à la sortie et donc un marché plus fluide », a-t-il résumé, évoquant également une réflexion en cours sur la création de nouveaux véhicules d’investissement résidentiel susceptibles de faire revenir les institutionnels, aujourd’hui davantage positionnés sur l’immobilier tertiaire.
Stabilité des normes et ajustements environnementaux en préparation
Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance de la stabilité réglementaire. « L’innovation doit s’accompagner de stabilité et de prévisibilité des normes et de l’incitation financière », a-t-il souligné, appelant à « un dialogue constant avec l’ensemble de la filière » pour identifier les règles inadaptées et celles nécessaires à la sécurisation des investissements.
L’État, a-t-il ajouté, doit aussi « valoriser les solutions que vous mettez au point afin d’accompagner leur massification ».
Sur le plan environnemental, Vincent Jeanbrun a défendu les exigences françaises, qu’il considère comme « les plus vertueuses du monde ». Concernant la réglementation RE2020, il a confirmé la publication prochaine d’un décret introduisant « des ajustements […] en fonction de la remontée du terrain », afin d’éviter que les promoteurs aient « à arbitrer entre la qualité d’usage et l’impact carbone, notamment pour la création de terrasses ou de balcons ».
Une crise du logement aux causes multiples
Au-delà des normes, le ministre a dressé un diagnostic global de la crise du logement. « Elle frappe la France comme elle frappe toute l’Europe », a-t-il constaté, en l’attribuant notamment aux politiques monétaires des dernières années, aux variations de taux, à la rareté du foncier et à la hausse des coûts de construction.
En France, a-t-il insisté, « notre crise est aussi fortement liée au recul des investisseurs institutionnels dans le résidentiel ». Restaurer l’attractivité de l’investissement dans la pierre constitue donc « un des premiers combats » engagés depuis sa prise de fonction.
Un objectif de 2 millions de logements d’ici 2030
Dans ce contexte, l’exécutif vise la construction de 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030, soit environ 400 000 unités par an. Cet objectif repose sur trois leviers : « redonner confiance aux ménages dans l’investissement locatif ; simplifier et sécuriser l’acte de construire en réduisant son coût ; rénover le stock de logements et décarboner le secteur du bâtiment ».
Redonner du pouvoir aux maires et accélérer les permis de construire
La question des permis de construire demeure également centrale. « Je me bats pour redonner confiance aux élus », a affirmé Vincent Jeanbrun, plaidant pour leur donner davantage de latitude dans la définition du peuplement, notamment pour les logements sociaux et abordables. Il a aussi dénoncé « de nombreux recours dilatoires » et « beaucoup de blocages juridiques abusifs » qui freinent l’aménagement des territoires.
Pour y répondre, le Gouvernement prépare une réforme permettant aux maires d’identifier des secteurs d’opérations d’intérêt local. Dotés d’un label de l’État, ces projets pourraient « déroger à l’essentiel des réglementations pour construire plus rapidement ».
Une logique inspirée, selon le ministre, de l’organisation des Jeux olympiques, qui a démontré qu’il était possible de bâtir « vite, bien, et en respectant nos ambitions environnementales ».