Crédit immobilier : malgré la guerre au Moyen-Orient, la BCE maintient ses trois taux directeurs
Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé de laisser inchangés les trois taux d’intérêt directeurs, le 30 avril 2026. Il s’agit de la cinquième décision consécutive de maintien des taux depuis juillet 2025.
« La guerre au Moyen-Orient a provoqué une forte augmentation des prix de l’énergie, qui pousse l’inflation à la hausse et pèse sur le climat économique. Les effets de la guerre sur l’inflation à moyen terme et l’activité économique dépendront de l’intensité et de la durée du choc sur les prix de l’énergie, et de l’ampleur de ses effets indirects et de second tour. Plus la guerre se prolongera et plus les prix de l’énergie resteront longtemps à des niveaux élevés, plus l’incidence probable sur l’inflation globale et l’économie sera forte », indique la BCE.
Le Conseil des gouverneurs estime être « en bonne position pour faire face à l’incertitude actuelle. L’inflation dans la zone euro se situait autour de l’objectif de 2 % au début de la période de forte hausse des prix de l’énergie, et l’économie a bien résisté au cours des derniers trimestres ».
Les taux directeurs sont ainsi maintenus aux niveaux suivants :
• 2,15 % pour le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ;
• 2,40 % pour le taux de facilité de prêt marginal ;
• 2 % pour le taux de facilité de dépôt.
Selon le courtier Cafpi, le maintien des taux directeurs « devrait contribuer à limiter la poursuite de la hausse des taux de crédit immobilier observée depuis le début de l’année. »
« Dans ce contexte, la décision de la BCE constitue un signal important adressé aux établissements bancaires pour qu’ils contiennent leurs propres ajustements de taux. Pour autant, la tendance haussière devrait se poursuivre en mai, les banques intégrant progressivement la hausse de leurs coûts de refinancement. »
La prochaine réunion du 5 juin 2026 devrait marquer un tournant, les marchés anticipant une première hausse de 0,25 point, suivie d’une seconde à l’automne, selon le courtier Vousfinancer.
« Pour les emprunteurs, ce statu quo offre un répit bienvenu, mais qui ne pourrait être que de courte durée », déclare Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
En février 2026, la production de crédit à l’habitat s’élève à 11,6 milliards d’euros (après 12,7 milliards d’euros en décembre 2025 et 10,7 milliards d’euros en janvier 2025), avec un taux de crédit moyen à 3,23 %, en hausse significative de 0,6 point par rapport à janvier 2026, selon les dernières données de la Banque de France.
« En mai, le mouvement de remontée des taux se poursuit inévitablement » (Julie Bachet, Vousfinancer)
Selon Vousfinancer, les taux de crédit moyens sont en légère hausse en mai 2026 à 3,25 % sur 15 ans, 3,45 % sur 20 ans et 3,65 % sur 25 ans (contre respectivement 3,3 %, 3,5 % et 3,6 % en avril).
« En mai, le mouvement de remontée des taux se poursuit inévitablement, en lien avec le contexte géopolitique. Pour autant, les hausses de taux restent limitées, inférieures à celle de l’OAT 10 ans… », relève Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
Et d’ajouter : « En outre, plusieurs banques qui avaient augmenté leurs taux en avril ont fait le choix de les laisser stables en mai, témoignant de leur volonté de ne pas casser la dynamique de la demande en continuant à proposer des taux attractifs, aux alentours de 3,5 % en moyenne sur 20 ans, mais parfois plus proches de 3 % pour les meilleurs profils », explique Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
En revanche, l’activité de crédit reste dynamique sur la période, les demandes de crédits (mandats signés) ont progressé de 12 % sur un an à fin avril 2025, et la production de crédits intermédiés est en augmentation de 17 % sur un an.
« La remontée des taux de crédit enclenchée depuis mi-mars n’a pas impacté la demande qui reste soutenue, tirée aussi bien par les primo que les secundo-accédants. L’envie d’acheter reste intacte et la politique volontariste des banques, qui proposent en outre de nombreux prêts aidés, permet de concrétiser les projets immobiliers avec encore de très bonnes conditions de financement », déclare Julie Bachet.