Crédit immobilier : les taux repartent à la hausse après l’été
Après deux mois de stabilité, les taux de crédit immobilier ont augmenté en août 2026, selon le courtier Cafpi. Cette remontée, sensible sur les durées de 20 et 25 ans, commence à peser sur le pouvoir d’achat des acquéreurs.
La période d’accalmie observée au début de l’été touche à sa fin sur le marché du crédit immobilier.
Après une stabilité en juin et juillet, les taux négociés par le courtier Cafpi sont repartis à la hausse à compter de la mi-août. Ce mouvement concerne l’ensemble des durées d’emprunt, mais reste plus marqué sur les financements longs.
En août 2026, le courtier a obtenu pour ses clients un taux moyen de 3,23 % sur 15 ans, en progression de 7 points de base par rapport à juillet. Le taux moyen atteint 3,43 % sur 20 ans, soit une hausse de 13 points de base, et 3,53 % sur 25 ans, en augmentation de 10 points de base.
Cette évolution affecte en premier lieu les ménages qui ont besoin d’allonger leur durée d’emprunt pour financer leur projet, notamment les primo-accédants. Elle ne constitue cependant pas, à ce stade, un retour à la situation de 2023 et 2024. Cafpi anticipe plutôt une remontée progressive des taux, limitée à quelques dixièmes de point.
Le coût de refinancement des banques progresse
Le courtier explique ce changement de tendance par la dégradation des conditions de financement des établissements bancaires. Le 23 juillet 2026, le rendement de l’OAT française à dix ans a franchi le seuil des 4 %, une première depuis 2009. Cette évolution renchérit le coût auquel les banques se refinancent et les conduit à ajuster leurs barèmes.
Le niveau de l’inflation réduit également les marges de manœuvre de la Banque centrale européenne. Celle-ci atteignait, selon les données citées par Cafpi, 2,9 % sur un an dans la zone euro en juillet, soit un niveau supérieur à l’objectif de la BCE.
Les emprunteurs disposant des dossiers les plus solides restent néanmoins courtisés. Les meilleurs profils peuvent encore obtenir des taux de 3 % sur 15 ans, 3,10 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans. Ces niveaux témoignent du maintien d’une concurrence bancaire, malgré une sélectivité accrue dans l’examen des demandes de financement.
Les délais de traitement évoluent peu. En août, il fallait compter en moyenne 16 jours entre l’envoi d’un dossier complet et la confirmation d’une proposition commerciale, soit un jour de plus que le mois précédent.
Le pouvoir d’achat immobilier recule dans les grandes villes
La hausse du coût du crédit, qui n’est pas compensée par une baisse généralisée des prix immobiliers, pèse désormais sur la capacité d’achat des ménages. D’après les calculs de Cafpi, fondés sur une mensualité de 1 000 euros pendant 25 ans, la surface finançable a diminué en un an dans les douze grandes agglomérations étudiées.
Les conditions de financement tendent à s’uniformiser sur le territoire. Les taux moyens négociés en août s’établissent à 3,30 % sur 10 ans et à 3,23 % sur 15 ans dans toutes les régions.
Pour Julien Langlade, président de Cafpi, l’attentisme devient moins pertinent pour les candidats à l’accession. Si les banques restent en conquête de clientèle, la poursuite de la tension sur leurs coûts de financement pourrait conduire à des barèmes moins favorables au cours de l’automne.