Franchise

Coopérative Orpi : une année 2025 en deux temps sur le plan des affaires


Avec 36 000 compromis signés, en hausse de 11 % sur un an, le réseau immobilier Orpi fait état d’une reprise « réelle » mais « fragile » de son activité sur l’exercice 2025. Portée par un retour massif des primo-accédants, elle fut néanmoins marquée par un essoufflement à partir de septembre, plombée par l’instabilité politique et géopolitique.

la coopérative Orpi compte 1 245 agences immobilières en France. - © D.R.
la coopérative Orpi compte 1 245 agences immobilières en France. - © D.R.

Mercredi 14 janvier 2026, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) a dévoilé les principaux indicateurs du marché de l’ancien en France en 2025. Ceux-ci ont notamment fait état d’une hausse des volumes de transactions de 11 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 940 000 ventes.

« Après trois années de crise, le marché retrouve des couleurs, grâce aux huit baisses successives des taux de la BCE (Banque centrale européenne) qui ont redonné du pouvoir d’achat aux porteurs de projets immobiliers », a commenté Loïc Cantin, président de la fédération.

36 000 mandats signés sur douze mois

Six jours plus tôt, le 8 janvier 2026, Orpi, le réseau immobilier leader en France en nombre de points de vente avec 1 245 adresses, a annoncé une dynamique commerciale sur l’exercice écoulé parfaitement en phase avec celle du marché :

Guillaume Martinaud, président d’Orpi - © D.R.
Guillaume Martinaud, président d’Orpi - © D.R.

« Avec 36 000 compromis signés en 2025, soit une hausse de 11 % sur douze mois, nous avons réalisé au sein de nos agences une bonne année », s’est félicité Guillaume Martinaud, son président.

Avant de tempérer : « L’année a toutefois été marquée par deux temps distincts : une première partie dynamique, jusqu’à septembre, avec une hausse de nos compromis signés de 13,7 % ; et une seconde, sur les trois derniers mois, synonyme de ralentissement, avec une croissance de seulement 3 % par rapport à la même période de 2024. »

« Un environnement économique et politique incertain »

Pour expliquer ce fléchissement, deux facteurs ont été pointés par Guillaume Martinaud. D’une part, l’instabilité politique et géopolitique, qui est venue jouer les trouble-fêtes.

Un constat partagé mercredi 14 janvier par Loïc Cantin : « La reprise, depuis quelques mois, est freinée par un environnement économique et politique incertain, qui continue de peser sur la confiance des ménages », a-t-il commenté. Et ce dernier de retenir également « la hausse des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) intervenue dans la majorité des départements et la pénurie persistante de logements à la location.  »

Deuxième facteur de détérioration conjoncturelle du marché de l’ancien relevé par le président d’Orpi : la hausse des prix de l’immobilier, conduite et motivée par des vendeurs conscients que le marché était en phase de reprise.

Malgré cet essoufflement de la demande fin 2025 constaté par Opri, des facteurs positifs ont été relevés par Guillaume Martinaud. Au premier rang desquels le retour massif des primo-accédants :

« À fin 2025, ils ont représenté en moyenne sur l’année près de quatre transactions sur dix chez Orpi », a-t-il remarqué. Cette dynamique ayant été « nourrie par les banques, qui ont développé en 2025 des offres spécifiques pour accompagner ces profils dans leur projet, avec des taux bonifiés, des prêts à paliers et un accompagnement renforcé ».

Soit « autant d’initiatives qui ont facilité l’accès au crédit pour de nombreux ménages, même si ces offres se sont faites plus rares enfin d’année. »

Des compromis en hausse de 15 % à Toulouse et 11 % à Marseille

On a noté également, chez Orpi, que la reprise de 2025 ne s’est pas exprimée de manière homogène sur le territoire. Plusieurs grandes métropoles ont joué un rôle moteur, à l’image de Toulouse (+15 % de compromis signés) ou Marseille (+11 %), portées « par le retour de l’offre et un meilleur équilibre entre vendeurs et acquéreurs ».

À l’inverse, certains marchés sont demeurés sous tension, comme Montpellier (-8 %) ou Limoges (-5 %), « où la reprise tarde à se matérialiser ».

Côté prix, la hausse reste contenue : +3 % en moyenne au niveau national, à 3 110 euros/m², traduisant « un ajustement progressif après la correction observée en 2023-2024 ».

À l’opposé, l’investissement locatif est demeuré le grand absent de la reprise. « L’instabilité réglementaire — hésitations autour du statut du bailleur privé, extension de l’encadrement des loyers, hausse des frais de notaire — a pesé lourdement sur la confiance des investisseurs », a déploré Guillaume Martinaud.

Résultat : les délais de transaction se sont allongés, atteignant en moyenne 101 jours. « La récente sortie de près de 700 000 logements des étiquettes énergétiques F et G pourrait toutefois redonner de l’oxygène au marché », a poursuivi le président d’Orpi.

Un appel à la vigilance pour 2026

Pour 2026, Orpi appelle à la vigilance. « À l’approche des échéances électorales municipales et présidentielles, le risque d’attentisme est réel », a constaté Guillaume Martinaud. Le réseau plaide pour « une stabilisation rapide du cadre réglementaire et pour la mise en place d’un véritable statut du bailleur privé, condition indispensable à la relance durable de l’investissement ».

En parallèle, Orpi poursuit sa stratégie de maillage territorial avec le déploiement, outre de ses agences traditionnelles, de son concept Orpi Villages destiné à s’implanter dans le zones rurales. « 19 agences Orpi Villages ont déjà été ouvertes. Et nous en compterons une trentaine en plus à la fin de cette année », a fait savoir Guillaume Martinaud.

« Orpi Max », le nouveau mandat exclusif sans durée d’engagement

Cette année, le Mandat Orpi Max est devenu la norme dans les agences de la coopérative. Annoncé en octobre dernier, « il incarne cette volonté d’adapter l’offre au changement en libérant les vendeurs des contraintes d’engagement, explique-t-on chez Orpi. Concrètement, les vendeurs profitent de tous les services Orpi (suivi personnalisé, outils digitaux, conciergerie…) en gardant la liberté de mettre fin à l’exclusivité auprès de leur agence à tout moment. »