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« Un rôle clé à jouer auprès des vendeurs pour qu’ils baissent leur prix » (M. Benchabat)

Par Christian Capitaine | Le | Réseau de mandataires

Le président de MeilleursBiens (480 mandataires immobiliers) dresse, dans nos colonnes, le bilan d’activité de son réseau pour 2023 et fixe ses perspectives de business pour 2024. Aussi, pour que les transactions redécollent, il estime que les agents immobiliers, dans un marché désormais à la main des acquéreurs, auront un rôle prépondérant à jouer auprès des vendeurs pour les convaincre de baisser leur prix.

Michael Benchabat, président de MeilleursBiens - © D.R.
Michael Benchabat, président de MeilleursBiens - © D.R.

Quel bilan dressez-vous pour l’activité de MeilleursBiens en 2023 ?

En volume, nous avons accusé une baisse de nos transactions de 5 % par rapport à 2022. Mais en valeur, nous avons réalisé un chiffre d’affaires équivalent (proche des 10 millions d’euros, NDLR).

S’agissant de nos effectifs, ils ont progressé, l’an passé, de 20 % pour arriver à plus de 480 mandataires, quand certains réseaux, de tailles conséquentes, en ont perdus plusieurs centaines… Sans fanfaronner, nous sommes satisfaits, chez MeilleursBiens, de clôturer 2023 sur ce bilan.

Quels sont les freins au marché que vous avez identifiés ?

Il y a, bien sûr, l’explosion des taux d’intérêts, mais aussi la baisse des prix, qui n’a pas été suffisante, avec encore beaucoup de ventes dites « de confort » au détriment de ventes « contraintes » (dans le cas d’un divorce par exemple) qui obligent les vendeurs à ajuster leur prix.

Sur ce volet des prix, nous avons, en tant que conseiller immobilier, un gros travail à réaliser auprès de certains de nos clients vendeurs. Il faut les ramener à la raison en leur faisant comprendre que les acquéreurs ont moins de pouvoir d’achat.

Des dossiers qui étaient, il y a encore un an, finançables ne l’étaient plus cette année

A ces deux facteurs s’est ajoutée la frilosité des banques en matière de délivrance de prêts. Des dossiers qui étaient, il y a encore un an, parfaitement finançables ne l’étaient plus cette année.

Quels leviers doivent activer les pouvoirs publics pour relancer le marché immobilier ?

Leur inaction saute, en tout cas, aux yeux. Aucune mesure n’est prise pour atténuer cette crise immobilière. La volonté du gouvernement est que le marché s’autorégule. Et aussi de faire sortir l’épargne des Français, qu’ils ont accumulé pendant l’ère Covid, afin de financer les projets immobiliers pour palier, ainsi, leur baisse de pouvoir d’achat immobilier.

Pourtant, Bercy à un rôle clé à jouer auprès des banques : le ministère doit réussir à les convaincre de rouvrir le robinet du crédit. Nous avons, chez MeilleursBiens, comme chez nos confrères, des dossiers sains qui, aujourd’hui, ne sont pas financés ! Les banques, qui ont besoin de prêter, doivent retrouver plus de souplesse.

Quel regard portez-vous sur la concurrence que anime la filière des réseaux de mandataires immobiliers ?

Oui, la concurrence est plus forte entre nous, mais il faut rappeler qu’en 2023, et ce pour la première depuis 10 ans, le nombre de mandataires a diminué en France : nous avons, l’an passé, perdu entre 3 000 et 4 000 mandataires.

Nous n’incitons pas nos agents à recruter massivement pour espérer des revenus perçus passivement

C’est la conséquence d’un recrutement plus quantitatif que qualitatif réalisé notamment par des réseaux qui s’appuient sur MLM (ou marketing de réseau). Quand le marché se durcit, seuls les meilleurs restent.

Chez MeilleursBiens, nous ne sommes pas des adeptes du MLM. Cela étant, certains de nos agents se constituent des équipes de conseillers, mais avec un seul niveau de rémunération. Notre stratégie n’incite pas les agents à recruter massivement pour espérer des revenus perçus passivement.

MeilleursBiens vient de lancer la commercialisation de son logiciel Neo. A qui s’adresse-t-il ?

A tous les agents immobiliers, qu’ils soient indépendants ou rattachés à un réseau. Se doter de Neo, c’est la possibilité, pour eux, de bénéficier de toute la suite d’outils digitaux - déjà utilisée par les agents de MeilleursBiens - boostée à l’intelligence artificielle.

Notre outil part de l’estimation d’un bien immobilier jusqu’à sa diffusion sur les portails, en passant par la création des annonces avec ChatGPT et la possibilité de réaliser du home-staging virtuel. Neo est un outil que l’on peaufine avec le temps.

Notre objectif est, avec Neo, de pouvoir accompagner tous les agents immobiliers

Au printemps prochain, nous pourrons, grâce à l’intégration de critères de recherches pointus, rapprocher mieux encore les besoins du client avec l’offre disponible. Nous pourrons, par exemple, lui trouver un bien qui est situé sur un trajet qu’il aura lui-même choisi.

Créer un logiciel tel que Neo et le commercialiser sur l’ensemble des canaux de vente du marché, c’est aussi, pour MeilleursBiens, la possibilité de recruter de nouveaux mandataires.

Notre objectif est, avec Neo, de pouvoir accompagner tous les conseillers immobiliers, peu importe à quelles entités ils appartiennent, pour qu’ils puissent exceller dans cette période de business plus difficile.

Comment voyez-vous le marché immobilier évoluer en 2024 ?

Sans baisse de prix plus conséquente, le marché aura du mal à repartir. Mais je reste confiant pour 2024. Contrairement aux prévisions de certains acteurs de la transaction, je ne pense pas que le marché chutera encore en volume. Selon moi, il devrait se stabiliser, entre 850 000 et 900 000 ventes.

L’appétence des Français pour l’immobilier reste forte, leur objectif de devenir propriétaire est intact. Le tout, à présent, va consister à réussir à faire matcher les vendeurs et les acquéreurs. Et dans ce contexte, l’agent immobilier sera plus important que jamais.