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« Nous nous attendons à un léger rebond de l’activité au second semestre » (G. Pacheco, Safti)

Par Christian Capitaine | Le | Réseau de mandataires

Pour Gabriel Pacheco, président de Safti, numéro deux des réseaux de mandataires en France avec ses près de 6 700 conseillers (dont 1 000 à l’international), le point bas du marché immobilier en terme d’activité a été atteint. Il se félicite ainsi d’avoir enregistré, à fin avril, une légère croissance des compromis signés par ses conseillers immobiliers. Interview.

Gabriel Pacheco, président du réseau de mandataires Safti - © D.R.
Gabriel Pacheco, président du réseau de mandataires Safti - © D.R.

Quel bilan dressez-vous pour l’activité de Safti sur l’année 2023 ?

Alors que le marché de la transaction immobilière dans l’ancien a reculé, l’an passé, de 22 %, nous l’avons surperformé : Safti a réalisé, sur cette période, un chiffre d’affaires de 180 millions d’euros, soit une baisse de 15 % par rapport à celui de 2022.

Comment expliquez-vous cette performance ?

Elle est liée, d’une part, à l’identité forte de notre réseau, elle-même s’articulant à travers un fort sentiment d’appartenance à une même famille : chez Safti, les équipes sont soudées, y compris dans les moments difficiles.

D’autre part, notre réseau continue de s’appuyer sur une dynamique commerciale forte malgré un contexte de marché plus difficile.

Enfin, cet élan sur lequel nous nous appuyons est aussi rendu possible grâce à nos outils, que nous développons en permanence, puis à l’état d’esprit que nous cultivons via l’organisation de conventions et d’animations.

S’agissant de cette première partie d’année 2024, quel bilan dressez-vous sur le plan commercial ?

Nous sommes satisfaits de ce début d’année. Nous nous félicitons notamment d’avoir enregistré, à fin avril, une légère croissance de nos compromis signés par rapport à la même période de l’an passé. C’est la preuve de la résilience de notre business modèle.

Les établissements bancaires ont retrouvé une bonne dynamique commerciale

C’est aussi la conséquence d’un marché immobilier qui se redresse grâce au triple effet de la baisse des taux de crédit immobilier, d’une demande plus forte des acquéreurs et de la réouverture, par les banques, du robinet du crédit.

Les établissements bancaires ont retrouvé une bonne dynamique commerciale. Et n’oublions pas, sur ce point, que les prêts immobiliers sont, pour eux, le vecteur numéro de conquête de nouveaux clients.

Que présager pour le marché immobilier dans les mois qui viennent ?

Nous avons atteint, ces dernières semaines, le point bas du marché en terme d’activité. Nous nous attendons à un léger rebond de l’activité immobilière au second semestre grâce, notamment, à la baisse des taux d’intérêt que devrait annoncer, en juin et septembre prochains, la Banque centrale européenne.

Cela entrainera, mécaniquement, une baisse des taux de crédit et donc plus de pouvoir d’achat pour les porteurs de projets immobiliers. Le climat des affaires n’en sera que meilleur, ce qui permettra aux médias de changer leurs discours, car n’oublions pas que le marché immobilier est tributaire du buzz médiatique.

Qu’observez-vous sur le terrain en matière d’évolution des prix de l’immobilier ?

Même s’ils existent de fortes disparités régionales et locales, les prix ont, dans l’ensemble, baissé chez nous d’environ 5 % au cours des douze derniers mois. C’est une bonne nouvelle car cela redonne du pouvoir d’achat aux Français.

Les prix de l’immobilier ont baissé chez Safti d’environ 5 % au cours des 12 derniers mois

Mais la baisse reste contenue. Pour que le marché se redynamise plus fortement encore, il faudrait que les prix se replient davantage, soit une baisse de 3 à 5 % supplémentaire.

Malgré un contexte de marché dégradé, Safti a réussi, au cours des douze derniers mois, à conserver ses effectifs de mandataires (1). Comment l’expliquez-vous ?

C’est lié d’une part, comme je l’expliquais, à la qualité des services et des outils que nous mettons à la disposition de nos conseillers, ainsi qu’au fort sentiment d’appartenance à un réseau qui lie nos mandataires. Chez Safti, la solidarité n’est pas un vain mot. Et malgré le contexte, notre taux de rotation reste contenu.

En conséquence, nous ambitionnons de nous appuyer, à fin 2024, sur un effectif identique à celui d’aujourd’hui, soit 5 700 conseillers en France et environ 1 000 à l’international, majoritairement en Espagne et au Portugal, ainsi qu’en Allemagne, pays que nous avons ouvert plus récemment.

Pour ce faire, nous continuerons de nous appuyer sur nos managers, qui sont également des recruteurs de nouveaux talents.

Pouvez-vous rappeler quelle est votre stratégie de recrutement de nouveaux conseillers ?

80 % des personnes qui nous rejoignent ne sont pas issues du monde de l’immobilier. Cela nous engage à déployer, pour eux, de gros efforts sur le plan de la formation et de l’accompagnement.

Au démarrage de l’activité, ils intègrent un parcours de formation de trois mois, en présentiel et via webinaires. Puis, tout au long de leur carrière, ils suivent des formations régulières, dispensées dans une soixantaine de villes en France, auxquelles s’ajoutent des formations à distance.

Nous sommes parmi les réseaux de mandataires qui investissent le plus en France dans la formation

Nous sommes, eu égard à notre modèle, parmi les réseaux de mandataires qui investissent le plus en France dans la formation. Au siège de l’entreprise, où nous comptons 200 salariés, une cinquantaine d’entre eux travaillent sur ces sujets de la formation et du coaching.

Comment les outils et les services mis à disposition de vos conseillers ont-ils évolué ces derniers mois ?

Soucieux d’améliorer la qualité et la palette des services à l’attention de nos conseillers (et donc au client final), nous avons placé l’innovation au cœur de notre stratégie.

Ainsi, depuis plusieurs mois, nous avons lancé nos propres outils d’assistant IA (intelligence artificielle) intégrés à notre logiciel Omega, avec cet objectif d’optimiser le temps de nos conseillers. Deux solutions ont été mises à leur disposition :

  • un outil dédié à la rédaction automatique des annonces immobilières, lancé en novembre 2023, basé sur la technologie ChatGPT qui rencontre un franc succès puisqu’il est utilisé dans 50 % de nos annonces ;
  • et un outil de retouche photo, lancé en avril 2024, destinée à améliorer la qualité des images des biens diffusées. Par exemple : corriger l’inclinaison et la luminosité des images, supprimer des objets gênants, ou encore flouter des éléments.

Nous avons investi, en avril 2024, le segment de la gestion locative en lançant « Safti Gestion by Oqoro »

Enfin, nous avons investi, en avril 2024, le segment de la gestion locative en lançant « Safti Gestion by Oqoro », un service de gestion locative nouvelle génération, en partenariat avec Oqoro. Il a l’avantage d’offrir des revenus récurrents à nos conseillers, en plus d’un service supplémentaire qu’ils peuvent proposer à leurs clients.

Safti a intégré, la semaine dernière et pour la deuxième année consécutive, le French Tech Next40, qui réunit les 40 start-up les plus performantes de l’écosystème technologique. Qu’est ce qui a pesé en votre faveur ?

Sans doute notre capacité à réaliser de la croissance sur le long terme : en quatorze ans à peine, nous avons atteint un chiffre d’affaires annuel de 180 millions d’euros, et uniquement via de la croissance organique.

C’est aussi une belle forme de reconnaissance pour notre équipe « tech » et ses 60 collaborateurs qui, au quotidien, travaillent d’arrache-pied pour faciliter le travail de nos conseillers.

(1) Soit une baisse de seulement 3 % selon le portail Meilleursréseaux.com