Franchise

Covid-19 : « Aucune défaillance n’est envisagée pour notre réseau » (S. Fritz, DG de Guy Hoquet)

Par Christian Capitaine | le | Réseau de franchisés

Stéphane Fritz, directeur général du réseau de franchise Guy Hoquet (580 agences et 3250 collaborateurs), l’affirme : « Il est très probable que nous sortions de cette crise sans fermeture de point de vente. » Mais il reconnaît toutefois que, si le confinement s’éternise, le secteur, tous réseaux confondus, essuiera immanquablement des fermetures.

Stéphane Fritz, directeur général de Guy Hoquet
Stéphane Fritz, directeur général de Guy Hoquet

Quel est l’impact de la crise liée à la pandémie de coronavirus sur l’activité du Guy Hoquet ? 

Sur la période de mars 2020, il y a un vrai coup d’arrêt, avec une baisse de 42 % du volume de nos transactions. Depuis le 16 mars, nos 580 agences sont fermées. Tous les collaborateurs du réseau sont en télétravail. Pour avancer, malgré ce contexte de confinement, nos points de vente utilisent les nouvelles technologies pour avancer, telles que les visites virtuelles. Les agents font preuve d’inventivité, de créativité et d’adaptabilité. Nous avons géré au maximum les projets que nous avions en cours. 

Et qu’en est-il de l’audience de votre portail internet ?

Si l’audience est certes en baisse sur la location et la transaction, elle affiche une très forte hausse (x3 voire x4) sur les contenus d’actualités. C’est ce que nous appelons, sur notre outil, « L’immobilier décrypté ». C’est de l’info synthétique et pragmatique, dont les contenus sont nourris par les témoignages d’experts (avocats, commissaires aux comptes, comptables, assureurs, etc.). Avec ce dispositif, l’objectif consiste à vulgariser le contenu des ordonnances qui sont sortis ces derniers jours. 

Vous parliez de la capacité de vos agences à s’adapter à cette période si particulière. Pouvez-vous donner un exemple ? 

Certains de nos agents ont réussi à organiser des estimations en ligne avec des clients pressés, et optimistes ( !), qui ne voulaient pas attendre la fin du confinement pour nous confier leur bien à la vente. Au final, nous avons pu réaliser des estimations qui convenaient aux deux parties pour signer des mandats. Cela s’est produit à quatre reprise ! 

La Fnaim, par la voie de son président, vient d’annoncer la possible fermeture de 3 000 agences immobilières. Quelle est votre réaction ?

Même si je suis très souvent d’accord avec le président Jean-Marc Torrollion, sur cette question, je ne suis pas du tout sur la même longueur d’ondes que lui. D’une part, je m’interdis d’établir, pour l’heure, un quelconque comptage. A mon poste, c’est ma mission qui l’exige, il s’agit de ne pas perdre une seule agence, un seul collaborateur. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que si l’on sort du confinement très tardivement, dans trois ou quatre mois, Jean-Marc Torrollion aura certainement vu juste.

Cette crise sanitaire, qui peut se muer en crise économique, reste, à mon sens, bien endiguée par les décisions du gouvernement. La responsabilité aussi, de beaucoup d’entreprises, qui ne font pas appel aux aides, y compris dans notre réseau, est à saluer. 

La tête de réseau que vous dirigez a-t-elle fait un geste en faveur de ses franchisés pour affronter la crise moins douloureusement ?

Oui, nous avons décidé de geler la redevance communication de nos franchisés pour les mois d’avril, mai et juin pour l’étaler jusqu’à la fin de l’année. Certains de nos franchisés sont allés plus loin : l’un d’entre eux, Alain Ancelle, à Sélestat (67), a créé une association pour organiser une quête, portée par plusieurs dirigeants d’agence mieux armés financièrement que d’autres, destinée à soutenir nos franchisés les plus fragiles. Par ailleurs, l’association a abondé 100 000 euros pour pouvoir souscrire des prêts et soutenir nos partenaires qui en ont besoin. Au final, aucune défaillance n’est envisagée pour notre réseau. Et il est très probable que nous sortions de cette crise sans fermeture d’agence.

Quel est aujourd’hui la priorité pour les franchisés de votre réseau ?

Préparer la reprise, car il risque d’y avoir des embouteillages en sortie de confinement, que ce soit avec les diagnostiqueurs ou les banquiers. Il convient de garder toutes les équipes mobilisées. Puis, dans cette intervalle, qui devrait durer encore trois semaines, voire un mois, il est important de former nos collaborateurs, qui d’ordinaire n’ont pas toujours le temps de le faire. En ce sens, nous avons mis à la disposition de tous nos partenaires gratuitement une plateforme d’e-learning. Puis nous mettons en place pour eux des plans de formation adaptés à la situation et toujours sans frais.

La publication, le 3 avril 2020, du décret sur la dématérialisation des actes de vente chez le notaire vous rassure-t-elle ? 

C’est une très bonne nouvelle. Pouvoir signer des actes authentiques à distance est sans conteste de nature à faire redémarrer le marché. Aussi, il est serait judicieux, au moins pour accompagner la reprise, que les pouvoirs publics puissent réduire les délais pour les déclarations d’intention d’aliéner (DIA). Mis à part cela, deux choses fortes sont à mettre en œuvre, par nous tous : rester chez soi et respecter les gestes barrières. C’est le meilleur moyen de sortir le plus vite de cette crise sanitaire pour qu’elle ne se transforme pas en crise économique majeure.

Seuls 40 % des notaires sont aujourd’hui équipés pour pouvoir dématérialiser les actes. Le déplorez-vous ?

Inutile de verser dans la polémique. Personne n’avait envisagé cette crise. Que les notaires prennent la mesure qu’ils ne sont pas suffisamment digitalisés, oui. Mais en l’état, faisons confiance à ceux qui sont équipés. Du notaire, au banquier, jusqu’au déménageur et au diagnostiqueur, nous sommes tous dans le même bateau. Pour que les affaires repartent, nous aurons besoin de l’intégrité de la chaîne.

S’agissant des prix dans l’ancien, quelle évolution faites-vous à court et moyen terme ?

Comme je suis optimiste et que je parie sur une sortie de crise rapide, si nous devions avoir un à deux mois d’arrêt d’activité, nous pourrions faire face. Mais quatre mois, non. Dans ce cas, on parlerait alors de crise économique, et surtout d’une crise qui pourrait avoir un impact sur les prix. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Je ne vois pas de baisses de prix à court terme. La demande est, et restera, plus forte que l’offre et soutenue par des taux bas. Quant aux emprunts d’État, après avoir remonté, ils sont redescendus. Les aides financières du gouvernement en faveur des salariés et des entreprises sont telles qu’elles nous permettront de tenir entre deux mois et deux mois et demie. 

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