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« Recruter 2 000 nouveaux conseillers à horizon fin 2027 » (Olivier Le Gallo, DigitRE Group)


Nommé en mai 2026 à la présidence de DigitRE Group, maison-mère des réseaux immobiliers Capifrance et Optimhome, Olivier Le Gallo dévoile, pour Immomatin, sa feuille de route. Au programme : reconquête de Capifrance, investissements dans l’IA et les outils proptech et, surtout, le recrutement de 2 000 nouveaux mandataires d’ici fin 2027.

Olivier Le Gallo, président de DigitRE Group. - © D.R.
Olivier Le Gallo, président de DigitRE Group. - © D.R.

Dans quel contexte est intervenue votre nomination, en mai 2026, à la présidence de DigitRE Group, maison-mère des réseaux Optimhome et Capifrance ?

Nos trois actionnaires (LFPI, Artémis et Amundi, NDLR) ont souhaité, à travers ma nomination, apporter une nouvelle dynamique à la croissance du groupe.

Et pour une structure de notre taille, changer de présidence après un mandat de long terme exercé, comme ce fut le cas, par mon prédécesseur, Olivier Colcombet (près de 11 ans, NDLR), n’est pas une chose surprenante.

Ma nomination s’inscrit également dans une ambition forte de nos actionnaires d’apporter, à notre plateforme, un volet plus technologique dans un marché de l’immobilier fortement challengé par l’IA et où la concurrence s’intensifie.

Enfin, le fait que je connaisse bien le monde de l’immobilier pour y avoir occupé, jusqu’en janvier 2022, les fonctions de directeur-général adjoint chez SeLoger où j’avais en charge la direction du marketing, des offres et de la relation client, a aussi pesé en ma faveur.

Sans oublier mon passage chez Magnolia, courtier en assurance emprunteur, en tant que directeur général, et dont l’activité est très liée à celle de l’immobilier.

Quelles missions vous ont précisément été confiées par les actionnaires ?

La première ambition est une ambition de reconquête, celle de la marque Capifrance. Réseau de mandataires pionnier puisqu’il a été fondé il y a plus de vingt ans, il doit retrouver rapidement cet ADN de leader qu’il avait peut-être perdu ces dernières années.

Capifrance doit retrouver rapidement son ADN de leader

Autre volet important de ma feuille de route : recentrer notre groupe autour de la satisfaction client et de la performance de nos mandataires ; l’enjeu étant, avec nos deux réseaux, de redevenir la plateforme la plus désirable dans un contexte de marché sous tension. En tant que président, ma mission va consister à accroître la satisfaction de nos 5 000 conseillers, de les rendre plus performants, de mieux les accompagner.

Comment allez-vous y parvenir ?

Par le déploiement d’un plan d’action comportant de lourds investissements, notamment sur les outils proptech et l’accompagnement de nos mandataires, avec une approche « mobile first » puisqu’ils sont souvent sur le terrain.

Nous allons également renforcer nos applis CapifrancePro et OptimhomePro, avec des évolutions importantes intégrant de l’intelligence artificielle, je pense notamment aux outils d’assistance qui facilitent l’accès à notre relation client le soir et le dimanche, ainsi que par le déploiement d’un service de compte-rendu de visites assisté par l’IA.

Deuxième ambition forte du groupe : aider davantage nos conseillers à capter des mandats. Pour ce faire, nous allons accroître nos investissements de 30 % pour tout ce qui concerne le renforcement de leur notoriété auprès du public.

Puis, en parallèle, nous renforcerons les initiatives autour des apporteurs d’affaires dont on sait combien ils sont importants pour le business de nos conseillers.

Nous allons accroître de 30 % nos investissements pour renforcer la notoriété de nos conseillers

Enfin, et c’est peut être le point le plus important s’agissant de nos ambitions de croissance : nous voulons largement développer nos effectifs, avec l’ambition de recruter, pour nos deux réseaux confondus, 2 000 nouveaux mandataires à horizon fin 2027, sachant qu’à ce jour 60 % d’entre eux sont intégrés à Capifrance et 40 % à Optimhome.

Pour atteindre cet objectif, nous lancerons, en fin d’année, de nouveaux packs comportant plus d’outils et de services aux mêmes conditions tarifaires qu’aujourd’hui. Dans ce marché sous tension que nous connaissons, notre avenir passera, nul doute, par notre capacité à accroître notre base de mandataires.

Les modèles des deux réseaux sont-ils amenés à évoluer ?

Pour Capifrance, il s’agira d’installer un marketing de réseau (MLM) plus assumé qu’il ne l’est aujourd’hui, alors qu’il l’est déjà pleinement chez Optimhome. Nos deux marques continueront de disposer des mêmes outils, nous les avons mutualisés.

En revanche, les profils de conseillers qui les composent resteront différents : chez Capifrance, qui affiche toujours le chiffre d’affaires par conseiller le plus élevé des réseaux de mandataires, nous continuerons d’attirer des profils plus expérimentés venant du monde de l’immobilier, alors que chez Optimhome, de par son modèle de MLM, nous recruterons certainement davantage de personnes en reconversion professionnelle.

Quel bilan dressez-vous pour l’activité de vos deux réseaux sur les huit premiers mois de l’année 2026 ?

Dans un marché qui, certes, connaît des points de tension - avec notamment la hausse des taux d’intérêt - mais dont la dynamique restera correct avec près de 950 000 transactions réalisées sur l’année 2026, nous avons enregistré, sur ce périmètre, une croissance de notre chiffre d’affaires de 10 % par rapport à la période courant de janvier à août 2025, avec notamment un mois de juillet record en termes de CA réalisé sur la période de 2024 à 2026.

On peut s’attendre, en 2027, à une baisse des prix plus sensible que celle de 2026

Pour 2027, année d’élections présidentielles dont on sait qu’elles ne favorisent pas le vote de lois spectaculaires pour l’immobilier, les crises en Ukraine et en Iran, si elles demeurent, créeront toujours, très certainement, de l’instabilité sur le marché.

Concernant, enfin, les prix, une régulation pourrait s’opérer dans les mois à venir, ils n’ont, en effet, pas baissé aussi rapidement que les taux ont augmenté. On peut alors s’attendre, en 2027, à une baisse des prix plus sensible que celle de 2026, ce qui permettra de réguler le marché sur des niveaux de transactions proches de ceux de cette année.

Mais tout cela, bien sûr, est à prendre avec des pincettes, car l’on sait combien dresser des perspectives est compliqué sur notre marché de l’immobilier.