« 7 millions d’€ investis pour faire de Breteuil un fleuron de l’immobilier haut de gamme »(A. Colarossi)
Fondée il y a 28 ans, à Paris, par Marie-Anne Colarossi, la maison Breteuil a été reprise, en 2019, par ses deux fils, Arsène et Arthur. Dans une interview à Immomatin, ce dernier, ancien trader à Londres et New-York, revient sur les étapes clés qui ont permis à l’enseigne, suite à un vaste plan de restructuration, de figurer parmi les fleurons de l’immobilier haut de gamme de la capitale.
Quelles grandes étapes ont jalonné, ces dernières années, l’histoire de la maison Breteuil ?
Fondée par notre mère en 1998 avec l’ouverture d’une première agence dans le 7e arrondissement parisien, nous avons repris, avec mon frère Arsène, les rênes de l’entreprise en 2019. Le temps était venu de la restructurer et de lui faire prendre le virage du digital.
Cette phase de restructuration s’est étirée sur quatre ans, avec de lourds investissements réalisés - soit au total 7 millions d’euros, uniquement en capitaux externes injectés dans l’entreprise - pour amener la maison Breteuil là où elle est aujourd’hui, c’est-à-dire dans le fleuron de l’immobilier haut de gamme français.
Comment s’est opérée cette phase de restructuration ?
Elle a concerné trois grands axes d’investissement. Premièrement, nous avons mené, pendant deux ans, une restructuration organisationnelle et humaine de la société, avec la création de nouveaux contrats pour nos collaborateurs afin de nous doter d’une structure similaire à celle de nos concurrents, avec notamment la création de postes de directeurs de zones.
Entre 2020 et 2025, nous sommes passés de 20 à 25 agences immobilières
Aussi, nous avons défini de nouveaux barèmes de commissions pour nos agents, qui sont salariés de l’entreprise, avec des pourcentages évoluant en fonction du chiffre d’affaires réalisé.
Deuxième axe : la restructuration digitale, qui est passée par la création, en interne, de notre propre suite de logiciels, et par l’embauche d’une équipe de développeurs. Nous avons aussi beaucoup investi dans la création de datas immobilières, ce qui nous permet d’avoir une lecture très précise des marchés immobiliers sur lesquels nous sommes positionnés.
Et enfin le troisième axe a concerné la restructuration de notre réseau physique d’agences : entre 2020 et 2025, nous sommes passés de 20 à 25 agences immobilières. Au cours de ces cinq années, nous en avons fermé 5 petites et ouvert 10 nouvelles aux normes du nouveau modèle Breteuil.
Quels fruits avez-vous tiré de ces investissements ?
Entre 2020 et 2025, nous avons multiplié par deux notre chiffre d’affaires, alors que le CA disponible sur les secteurs sur lesquels nous opérons a réduit de 30 %.
En 2025, nous avons réalisé 536 transactions immobilières
Plus en détail, après une année 2023 en baisse d’environ 5 % et un exercice 2024 en croissance de 10 %, Breteuil a enregistré, l’an passé, une hausse de son chiffre d’affaires de 41 %. Et ce, dans un marché national à +11 %, selon la dernière estimation des notaires.
En 2025, nous avons ainsi réalisé 536 transactions immobilières, dont 428 en Ile-de-France.
Quel regard portez-vous sur la concurrence, notamment à Paris, où vous réalisez une part prépondérante de votre activité ?
Elle est présente, solide et forte, mais également variée et intéressante. Si l’on se rapporte aux données du portail Casafari, le réseau Barnes, avec 800 mandats détenus et un modèle de développement qui est certainement le plus efficace en termes de croissance, reste le leader à Paris intramuros, devant Féau, avec 600 mandats, et un groupe constitué de Junot, Sotheby’s et Breteuil, détenant 500 mandats chacun.
J’ajoute que doter la maison Breteuil d’un parc d’agences immobilières lui est indispensable pour son développement. Place de la Muette à Paris, dans le 16e, qui est certainement la plus visible et la plus belle des agences immobilières de l’arrondissement, détient en portefeuille 160 mandats, ce qui fait d’elle la numéro un du secteur.
Quels sont les axes de développement de l’enseigne Breteuil pour les années à venir ?
Au mois de mai prochain, nous ouvrirons une nouvelle agence, rue du Bac, à Paris 7e, avec l’objectif de nous positionner sur le segment de l’ultra-luxe, soit avec des biens immobiliers au-dessus de 5 millions, voire 10 millions d’euros.
Ce nouvel écrin, réalisé par l’architecte Jessica Mille, conçu dans le même esprit qu’une bijouterie de luxe de la Place Vendôme, sera notamment pourvu de salons privés afin d’offrir à nos clients l’intimité que requiert la vente de ce type de biens.
A Paris, nous avons encore trois ans de développement devant nous, avec le projet de réaliser 5 nouvelles ouvertures, ainsi que 3 ou 4 supplémentaires en proche banlieue.
Et si l’on se projette plus loin, à horizon 3 à 5 ans, l’ambition est de nous positionner également sur les marchés du Bassin d’Arcachon, à Saint-Tropez, dans les Alpilles, dans les Alpes et en Corse.
Sans oublier l’international, que nous voulons développer - outre Londres où nous sommes déjà présents depuis des années - avec des directeurs-investisseurs, sur des marchés tels que Saint-Barthélemy, La Toscane et Les Baléares.