Évaluation

Transactions : vers une année 2021 record

Par Christian Capitaine | le | Services pour évaluer

L’accélération des projets immobiliers conjuguée à de nouveaux besoins (une quête plus forte d’espace aussi bien intérieur qu’extérieur) et au toujours très vif intérêt des Français pour l’accès à la propriété ont permis au marché de l’immobilier, dans l’ancien, d’atteindre un niveau de transactions record à fin octobre 2021, soit bien au-delà du million d’actes sur douze mois, révèle le Conseil supérieur du notariat.

A fin janvier 2022, les évolutions annuelles de prix des appartements approchera 9 % en province. - © D.R.
A fin janvier 2022, les évolutions annuelles de prix des appartements approchera 9 % en province. - © D.R.

C’est du jamais vu dans l’histoire de l’immobilier en France : à fin octobre 2021, sur douze mois glissants, le nombre de transactions réalisées dans l’ancien sur le territoire a atteint le chiffre record de 1 198 000 (y compris les départements d’outre-mer, hors Mayotte), a relevé, mardi 13 décembre 2021, le Conseil supérieur du notariat (CSN) lors d’une conférence de presse.

Comparé à 2019, année au cours de laquelle 1 046 000 de transactions ont été réalisées, la hausse atteint 14,5 % (le CSN met volontairement de côté l’année 2020 compte tenu de l’arrêt quasi-total de la chaîne de l’immobilier pendant plusieurs semaines.) « Depuis la sortie des confinements, les Français ont accéléré la concrétisation de leurs projets », explique le CSN, avant de relever « un phénomène d’accélération dans leur prise de décision. »

Manque de logements neufs

Il faut dire aussi que deux ingrédients continuent d’alimenter la chaîne de la transaction immobilière : tout d’abord, le fait que de nombreux porteurs de projets se tournent vers l’ancien compte tenu du manque patent de constructions de logements neufs ; et parce que les taux de crédit restent toujours aussi bas, et ce grâce à la politique de taux zéro portée par la Banque centrale européenne qui fixe le loyer de l’argent. 

Les villes moyennes ont la cote

Conséquence de cette appétence des Français pour l’immobilier qui demeure, plus que jamais pour eux, une priorité (l’achat immobilier est pour 90 % de nos compatriotes « un moment enthousiasmant », selon une étude Harris Intercative - Notaire de France) : les prix ont poursuivi, ces douze derniers mois, leur envolée sauf en Ile-de-France, avec des hausses limitées à +2,5 % pour les appartement et +1 % pour les maisons.

A cause de la crise pandémique, c’est vers les biens dotés d’un jardin (ou d’un balcon) que se sont portés de nombreux acquéreurs. Et ce sont tout naturellement les villes moyennes qui ont profité de cette vague, là où les prix étaient encore hier plus raisonnables. 

Prix : +9 % pour les maisons

Concernant les maisons (la hausse au niveau national atteint 9 %), en tête du palmarès des plus fortes hausses on trouve Rennes (+13,1 %), Montpellier (+10,8 %) et Toulon (+ 10,6 %). S’agissant des appartements (les prix ont augmenté globalement en France de 5,2 %), retenons Orléans (+10,4 %), Reims (+10,2 %) et Rennes (+9,8 %).

Source : bases immobilières des Notaires de France (1) - © D.R.
Source : bases immobilières des Notaires de France (1) - © D.R.

Source : bases immobilières des Notaires de France (2) - © D.R.
Source : bases immobilières des Notaires de France (2) - © D.R.

Autre moteur qui permet ce mouvement vers les villes moyennes : le développement du télétravail. « Aujourd’hui, ces villes peuvent offrir la même qualité de services que les communes les plus peuplées et une meilleure qualité de vie », ajoute, dans les colonnes du Figaro, Me Frédéric Violeau, notaire en charge des statistiques immobilières nationales du CSN.

Et le Conseil supérieur du notariat de noter que « ce sont [bien] les acquéreurs originaires d’une commune à forte densité qui expliquent ce phénomène », avec conséquemment une proportion d’acheteurs locaux (qui sont de la même région) en baisse.

Conséquence de cette flambée des prix dans les territoires : le pouvoir d’achat immobilier a diminué en 2021. « En moyenne, relève-t-on au sein de CSN, la surface finançable (soit une mensualité de 800 euros par mois pendant 20 ans et sans apport) d’un appartement ancien sur l’ensemble de la France s’établit à 50 m2 en 2021, en recul de 4 m2 par rapport à 2020. »

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