Évaluation

L’immobilier : un projet plus structurant que jamais pour les Français

Par Christian Capitaine | le | Services pour évaluer

Certes, les Français ont le moral en berne. Et ce deuxième confinement y contribue fortement. Pour autant, leur intérêt pour l’immobilier ne faiblit pas ! C’est ce que démontre la dernière étude Artémis Courtage OpinionWay. Voici ses principaux enseignements à retenir.

Les Français et l’immobilier - © D.R.
Les Français et l’immobilier - © D.R.

Sur la situation économique du pays, tout d’abord. « S’agissant de la perception que les Français en ont, le tableau est d’une grande noirceur, relève Frédéric Micheau, directeur des études d’opinion chez OpinionWay, puisque 78 % d’entre eux se montrent pessimistes. Et cela vaut aussi bien pour les CSP- que pour les CSP+. »

En ce qui concerne la situation du marché de l’immobilier, la morosité de nos compatriotes se révèle, heureusement, moins forte : seulement 52 % d’entre eux se montrent pessimistes, dont une majorité d’entre eux sont installés dans les grandes agglomérations de province.

Autre donnée éclairante de notre état d’esprit : alors que les prix de l’immobilier continuent de grimper, nous estimons qu’ils baissent. « Notre morosité impacte notre jugement », expliquent les auteurs de l’étude. Chiffres à l’appui avec les villes de Lyon, Le Havre et Paris : en un an, ils y ont progressé de respectivement 12 %, 10 % et 3,5 %. Autre indication sur l’évolution des prix réels, avec le dernier baromètre de Meilleurs Agents qui indiquait, pour novembre 2020, à l’échelle nationale, une inflation de 0,2 %.

L’accès au crédit se resserre

Frédéric Micheau, Directeur des études d’opinion chez OpinionWay
Frédéric Micheau, Directeur des études d’opinion chez OpinionWay - © D.R.

Ce décalage entre la perception et la réalité s’observe également avec les taux de crédits. L’opinion selon laquelle ils augmentent est majoritaire, peut-on lire dans l’étude d’Artémis Courtage. « Or ce n’est pas vrai, ils continuent à baisser, rectifie Frédéric Micheau : en septembre 2020, ils affichaient en moyenne 1,36 %, contre 1,09 % un mois plus tard.  »

Concernant, enfin, l’accès au crédit immobilier, nos craintes s’avèrent toujours manifestes. « Huit Français sur dix pensent toujours qu’aujourd’hui les banques sont plus exigeantes pour accorder des crédits immobiliers, une opinion qui est plus marquée en Ile-de-France à 90 %  », constatent les auteurs.

Dans les faits, le nombre de prêts accordés a lourdement chuté sur les neuf premiers mois de l’année, soit de -19,9 %, selon l’Observatoire Crédit/Logement CSA, eu égard, notamment, aux recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui ont pesé sur l’activité du marché dès décembre 2019. Chez Artémis Courtage, on se veut toutefois confiants en dépit de l’installation du deuxième confinement de cet automne 2020 : «  Les banques peuvent continuer à travailler. Et sur ce point, la chaîne de l’immobilier n’est, par rapport au premier confinement, pas grippée. Et à fortiori pour nous, courtiers en crédits. »

Les Franciliens et le fantasme de la ruralité

Dans les faits, également, et même si la crise a engendré un coup d’arrêt dans les projets immobiliers, ceux-ci se poursuivent ! « Un projet immobilier - réalisé ou en cours - est un projet structurant, qui s’inscrit au-delà des soubresauts de l’économie », commente Frédéric Micheau. Fin octobre 2020, 16 % des Français déclaraient ainsi avoir un projet d’achat, contre 13 % pour un projet de vente.

Dans le choix des projets, on note un décalage entre les envies post-confinement et la réalité. « On est loin du cliché du retour à la terre post premier confinement des Parisiens, constate-ton chez Artemis Courtage : la recherche d’un logement en zone rurale ne concerne que 4 % des Franciliens…  » Enfin, seuls 15 % des Français qui ont concrétisé leur projet immobilier cette année l’ont fait pour un logement avec jardin et 13 % pour un logement avec terrasse.

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