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L’Ile-de-France n’est plus la locomotive du marché, selon les Notaires de France

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Alors qu'à Paris intramuros les prix ont marqué une pause à partir du 3e trimestre 2020, la tendance reste haussière en province, avec des agglomérations comme Montpellier, Marseille-Aix-en-Provence ou Pau qui suscitent une forte convoitise des porteurs de projets.

Entre décembre 2020 et février 2021, les ventes ont chuté de 6 % dans la région - © Getty Images Leonardo Patrizi
Entre décembre 2020 et février 2021, les ventes ont chuté de 6 % dans la région - © Getty Images Leonardo Patrizi

Le nombre de ventes de logements anciens a baissé de 12 % en Ile-de-France en 2020. En conséquence : « La région n’apparaît plus comme la locomotive du marché, là où la province a tiré le marché », ont commenté, le 27 avril 2021, les Notaires de France. Du côté des prix, s’ils se révèlent toujours en nette hausse sur un an dans la région parisienne, avec +6,4 % entre le 4e trimestre 2019 et le 4e trimestre 2020, « leur homogénéité n’est pas de mise », selon la collective des notaires.

Avec 40 770 logements anciens, les « volumes de ventes de décembre 2020 à février 2021 ont diminué de 6 % par rapport à la même période un an plus auparavant. »

Dans Paris intramuros, les prix ont marqué une pause à partir du 3e trimestre 2020. Le prix des appartements anciens a amorcé un mouvement baissier, passant de 10 850 €/m² en novembre 2020 à 10 600 €/m² en avril 2021 (indicateur avancé des avant-contrats). Pour la petite et la grande couronne francilienne, un atterrissage des prix se dessine.

Tendance à la hausse en province

En province, l’orientation demeure haussière. La quasi-totalité des départements affiche des prix médians en hausse, soit une tendance qui se généralise également pour les maisons. Les agglomérations de Montpellier, Marseille-Aix-en-Provence et Pau ont vu leur prix augmenté de respectivement de 9 %, 7 % et 6 % au 4e trimestre 2020, après de légères baisses constatées un trimestre plus tôt. Saint-Étienne progresse de 14 % au 4e trimestre 2020.

La hausse annuelle des prix des maisons y resterait dynamique, au détriment de la saisonnalité habituelle de l’hiver (+6,3 % à fin mai 2021 contre +6,5 % au 4e trimestre 2020). Les prix des appartements s’orientent franchement à la baisse à Bordeaux (-5 % attendus à fin mai 2021), la hausse décélérerait fortement à Rennes, là où elle se maintiendrait à Nantes, Montpellier, Caen, Rouen, Grenoble et Toulouse.

« Une reprise haussière est constatée depuis septembre 2020 pour totaliser 1,024 million de transactions au 31/12/2020, limitant la baisse des volumes à 4 % sur 1 an. Ce qui pourrait apparaître pour une contre-performance doit être relativisé au regard de la période de quasi-interruption du marché lors du 1e confinement du 17 mars au 11 mai 2020. Ce rythme se confirme encore avec un montant cumulé de 1,046 million de transactions à fin février 2021, -2,3 % sur 1 an », indique les Notaires de France.

« L’effet solvabilisateur des faibles taux atteint sa limite »

Les prix de certaines grandes villes ou agglomérations, en hausses quasi ininterrompues, imposent aux utilisateurs des envies d’ailleurs, faute de budget suffisant. (…). L’effet solvabilisateur des faibles taux d’intérêt des prêts immobiliers atteint aussi sa limite. Les taux semblent avoir atteint leur point le plus bas. « Cela pourrait signifier qu’ils ne vont plus contribuer davantage à faire entrer de nouveaux acquéreurs potentiels sur le marché. Ceux à qui ils ont permis d’accéder à la propriété y sont déjà entrés pour l’essentiel, poussés par l’appétence naturelle pour l’acquisition immobilière ; les autres en resteront exclus tant que les prix ne s’ajusteront pas », indique les Notaires de France.

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