« La situation est difficile pour nos métiers, mais il y aura nécessairement un redémarrage »


Par Christian CAPITAINE | le mercredi 25 mars 2020 | Réseau de franchisés
« La situation est difficile pour nos métiers, mais il y aura nécessairement un redémarrage » - DR
Comment le réseau Laforêt vit cette crise qui touche toute la profession ? Comment ses franchisés s’adaptent à ce contexte si particulier, notamment pour la signature des actes ? Et quels soutiens leur apporte la tête de réseau ? Les réponses de Yann Jéhanno, le président de l’enseigne.

Depuis le début de la crise sanitaire, peut-on dire que le marché de l’immobilier est à l’arrêt ?

Si l’on se réfère au nombre de visites et de ventes que nous enregistrons, on peut dire que le marché marque une pause. Et ce, même si nous continuons à régulariser des mandats de vente et des compromis. D’habitude, à cette période de l’année, le réseau Laforêt rentre quotidiennement plus de 200 nouveaux mandats. Aujourd’hui, nous en sommes très loin. 

Concernant les visites, les estimations et les signatures d’actes authentiques, comment s’organisent, s’adaptent, vos franchisés ?

S’agissant des visites, c’est simple : elles ne sont plus possibles. Nos franchisés sont certes, équipés d’outils de visites virtuelles, mais ils servent plutôt à conforter le choix d’un acquéreur qui a déjà visité le bien. En aucun cas, la visite virtuelle ne peut remplacer la visite réelle qui donne, par exemple, accès à l’environnement du logement.

Concernant les estimations, nous sommes dotés, chez Laforêt, d’un outil de pré-estimation en ligne : le client y renseigne les critères essentiels de son bien pour obtenir une fourchette de prix qui sera ensuite affinée avec son agent Laforêt. Certains de nos franchisés proposent également des visites virtuelles d’estimation qui ont l’avantage de créer le lien avec leurs futurs clients.

Les agents immobiliers Laforêt disposent de nombreux outils relationnels et offrent un parcours client digitalisé, de l’estimation en ligne à la signature électronique en passant par la visite virtuelle ou l’extranet.

Et s’agissant de la signature des actes authentiques ?

Sur ce point, nous sommes dépendants d’une chaîne d’intervenants (diagnostiqueurs, banquiers, hypothèques…), dont le notaire est la partie émergée. Pour faire face à cette période inédite, certains offices notariaux se sont organisés pour rendre possible la signature à distance, mais toute la profession n’est pas prête. De plus, pour nombre d’entre eux, la situation est également compliquée, que ce soit en termes de priorités ou de charge de travail. Avoir recours aux procurations pour les signatures d’actes authentiques, c’est possible, mais réunir toutes les conditions pour bien les organiser, c’est plus rare.

Au cœur de cette crise, quels soutiens apporte la tête de réseau aux franchisés Laforêt ?

Nous avons mis en place à leur attention la « ligne directe Laforêt ». Un seul numéro de téléphone et un e-mail unique derrière lesquels travaille une équipe pluridisciplinaire. Elle permet à tous nos franchisés d’obtenir des réponses à des questions qui concernent aussi bien les domaines juridiques que comptables ou techniques.

En parallèle, notre intranet renseigne nos franchisés sur des sujets opérationnels comme : « Comment exercer son métier pendant la crise sanitaire ? » ou « Comment continuer à communiquer efficacement ?  ».

Nous accompagnons également nos agences, par le report du paiement des redevances et les efforts des prestataires et fournisseurs référencés pour le réseau.

Quel est aujourd’hui votre degré d’inquiétude pour les affaires du réseau que vous présidez ?

Il ne s’agit en aucun cas de négliger les conséquences économiques, humaines et sociales de cette crise. Des 4 000 employés de nos 700 agences, 60 % occupent des fonctions commerciales qui sont particulièrement touchées par les mesures de télétravail ou de chômage partiel. Cela étant dit, nous ne sommes pas dans un contexte de crise des subprimes. La situation est difficile pour nos métiers, sans conteste, mais il y aura nécessairement un redémarrage, qui pourrait être aussi brutal que l’arrêt ne l’a été. Aidé par plusieurs leviers : la majorité des projets immobiliers ne sont pas annulés mais reportés, les banques, libérées d’une partie de leurs contraintes, favoriseront les prêts et pratiqueront toujours des taux bas et l’effondrement des places boursières confortera les Français à investir dans la pierre. Reste une interrogation : quelle sera la solvabilité des acquéreurs quand nos agences ré-ouvriront leurs portes ?

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