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En 2020, le nombre de transactions chuterait de 25 % à 30 % (FNAIM)

Par Christian Capitaine | le | Réseaux-franchise

150 000 : c’est le nombre de transactions perdues par le marché de l’immobilier à cause du confinement, a indiqué, jeudi 30 juin 2020, Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM. Sur l’ensemble de l’année, les volumes se contracteraient entre 25 et 30 %. De mauvais chiffres qui laissent craindre des défaillances d’entreprises.

Loïc Cantin, Jean-Marc Torrollion et Marie-Laure De Sousa
Loïc Cantin, Jean-Marc Torrollion et Marie-Laure De Sousa

Ce n’est pas un scoop : le confinement aura laissé une vilaine trace sur le marché français de l’immobilier. Entre mars et mai 2020, a annoncé, mardi 30 juin, Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier), le nombre d’actes signés s’est ainsi contracté de 80 % par rapport à la même période de 2019. « C’est 150 000 transactions de moins que l’an passé », a-t-il énuméré.

Entre 750 000 et 800 000 transactions annuelles

Alors qu’ « il est aujourd’hui trop tôt pour avoir une première tendance précise de l’évolution des prix et du nombre de transactions post-confinement », a poursuivi Jean-Marc Torrollion, jusqu’à quel niveau la chute mènera-t-elle l’activité des agences immobilières à horizon fin 2020  ? Après cinq ans de hausse, le marché se repliera fortement en volume cette année, a tablé Jean-Marc Torrollion. Dans quelle proportion ? Entre -25 % et -30 % versus 2019, soit les signatures (tout de même) de 750 000 à 800 000 transactions.

Et lorsqu’on lui fait remarquer que, depuis la levée du confinement, la reprise est forte, il acquiesce : « Certes, depuis le mois de mai, le marché reprend des couleurs et le ressenti est à la reprise d’activité. Cette dernière est même vécue légèrement plus en hausse (38 % des professionnels sondés) qu’en baisse (32 %) ou en stabilité (30 %). » Mais il met en garde : « Pour fonctionner, notre secteur d’activité a besoin de vendeurs et d’acquéreurs. Or, les premiers font preuve d’attentisme et les seconds sont moins solvables et sont moins solvabilisés, ce qui nous inquiète. »

Agences en péril

Autre ombre au tableau : l’état de santé des réseaux de ventes. « Des milliers d’agences sont en péril », s’alarme-t-on à la Fnaim. Alors que 72 % des entreprises du secteur ont eu recours au chômage partiel lors de la période de confinement, « la situation financière de nombreuses agences est généralement tendue », poursuit le syndicat, quand « la majorité d’entre elles estime à entre 15 % et 30 % la baisse de leur chiffre d’affaires en 2020.  » « Le gros des défaillances [d’entreprises] est attendu pour septembre 2020 », a relevé le président de la Fnaim.

L’intérêt des Français pour l’immobilier reste intact

Une bonnes nouvelle, enfin. Alors que du début 2020 jusqu’au confinement la hausse des prix du mètre carré aura encore battu un record, avec un bond de 4 % sur un an, à 2 751 euros le mètre carré, contre 2,3 % l’an dernier à la même époque, à 2 646 euros, « l’intérêt des Français pour l’immobilier reste intact  », a indiqué Jean-Marc Torrollion. Dans un sondage mené en juin 2020 auprès des particuliers, 47 % d’entre eux ont jugé la conjoncture plutôt favorable à l’achat d’un bien, même s’ils ne sont que 29 % à penser que c’est le bon moment pour vendre. De plus, le confinement a clairement provoqué chez certains des réflexions existentielles : chez 18 % des personnes interrogées, il a inspiré des envies de changement de domicile. Quand les sondés habitent en région parisienne, la proportion passe à 27 %.  

Immobilier d’entreprise : une situation préoccupante

Une branche d’activité de l’immobilier a, en particulier, « pris de plein fouet tous les revers de conjoncture : c’est l’immobilier d’entreprise », a-t-on déploré à la Fnaim. Et d’ajouter : « Elle additionne le confinement, le renforcement des mesures d’hygiène, et les difficultés de paiement de certains locataires. Bon nombre de projets en cours ont été mis en suspens. » Un chiffre traduit cette situation : la contraction de l’activité locative au premier semestre 2020 suite au manque de visibilité des entreprises sur leur avenir, soit -39 % versus le 15 juin 2019.

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