« Construire les dix à vingt prochaines années de Propriétés Privées » (Mathilde Dezalys, présidente)
Dans une interview à Immomatin, Mathilde Dezalys, nommée à la présidence du groupe Oryx, propriétaire du réseau de mandataires Propriétés Privées (3 500 conseillers), revient sur les conditions de sa nomination, livre les premiers éléments de sa feuille de route et les ambitions de croissance du réseau.
Pourriez-vous revenir sur les conditions de votre arrivée au sein du groupe Oryx, en août 2025 ?
Je l’ai rejoint en tant que directrice générale. Ce fut une création de poste. A cette époque, il était devenu nécessaire pour le groupe, après plusieurs années de forte croissance, dont la réalisation de plusieurs opérations d’acquisitions, d’être mieux structuré afin d’accompagner Michel Le Bras dans sa mission de président.
Durant six mois, jusqu’à ma nomination à la présidence d’Oryx en janvier 2026, j’ai pu découvrir et prendre toute la mesure du métier d’agent immobilier et identifier les chantiers structurants sur lesquels nous serions amenés à travailler.
Qu’est-ce qui a motivé votre nomination à la présidence du groupe ?
Ce furent des conditions assez classiques de transition de gouvernance, avec cette nouvelle mission qui m’a été confiée de prendre la suite de Michel Le Bras à la présidence opérationnelle du groupe. Michel Le Bras reste actionnaire d’Oryx et membre de son conseil de surveillance.
Était-ce son choix de passer la main ?
Cette transition, ce passage de témoin, ont été décidés au niveau du conseil de surveillance du groupe.
Comment est aujourd’hui constitué son organigramme au niveau de sa direction ?
Il est en cours de construction. Je vais m’entourer. Nous allons nous structurer dans les prochains mois, même si mon équipe au siège, la même que celle sous l’enseigne présidence, est déjà solide.
Quel regard avez-vous porté sur le marché de l’immobilier après l’avoir découvert ?
Par rapport aux secteurs d’activité que j’ai connus dans le passé, notamment celui du jouet, l’immobilier est un grand marché, le terrain de jeu y est très vaste. C’est aussi un marché extrêmement concurrentiel où il est intéressant d’y développer des axes de différenciation par rapport à ses concurrents pour se démarquer.
L’immobilier est un marché d’opportunités pour un grand nombre de profils
C’est également un marché d’opportunités pour un grand nombre de profils, on peut y travailler en tant que conseiller sans grands bagages, dans le cadre par exemple d’une reconversion, avec la promesse, quand on s’en donne les moyens, de réaliser une belle ascension sociale.
C’est enfin un métier très féminin, un métier du « care » comme disent les Américains, où la dimension humaine est forte car il est primordial d’y prendre soin de ses clients.
Quels chantiers allez-vous mener en priorité ?
Certes notre modèle économique est éprouvé, après vingt ans d’activité. Pour autant, l’objectif est, d’ores et déjà, de construire les dix à vingt prochaines années du groupe.
Premier axe identifié : continuer à accompagner nos conseillers immobiliers afin de les rendre plus performants. Et ce, en travaillant sur plusieurs leviers.
D’abord, l’activation des contacts, c’est-à-dire : Comment mieux entretenir la relation avec les acquéreurs et les vendeurs ? Comment mieux travailler ses bases de contacts et d’apporteurs d’affaires ? Et aussi, comment mieux encourager nos conseillers à aller chercher eux-mêmes ces nouveaux contacts, à travailler la prospection ?
Notre objectif est de recruter 500 conseillers en 2026
L’autre levier de croissance prioritaire concerne la partie recrutement de nos futurs conseillers. Ces deux à trois dernières années, nous l’avons beaucoup axée sur les professionnels de l’immobilier. Nous poursuivrons en ce sens dans les années qui viennent. Cela étant, nous continuerons à recruter des personnes en reconversion dotées d’un vrai potentiel pour performer dans l’immobilier.
J’ajoute enfin que nous avons encore, nous tous réseaux de mandataires, un gros travail à faire sur la notoriété de nos structures auprès du grand public. On sent bien que les marques s’activent en ce sens - et c’est une bonne nouvelle. Mais nul doute qu’à l’avenir il va falloir que nous parlions davantage de notre ADN et de nos valeurs.
Quels objectifs de recrutement vous êtes-vous fixés ?
Propriétés Privées compte 3 500 conseillers, après en avoir recrutés 500 au cours de l’année 2025. Pour 2026, nous tablons également sur le recrutement de 500 nouveaux mandataires. De nombreux secteurs sont encore à pourvoir, je pense en priorité à l’est et au nord de la France. Nous y travaillons activement pour densifier notre maillage territorial.
Comment se portent les affaires pour le réseau en cette première partie d’année ?
Après avoir enregistré une croissance de 25 % en 2025, nous réaliserons au premier trimestre 2026 une hausse de nos volumes de ventes de 15 % par rapport à la période correspondante de 2025. Plus globalement pour cette année, nous nous projetons sur une dynamique de marché comparable à celle de l’an passé, sans grandes évolutions.
Dans ce contexte où règne l’incertitude, nous restons prudents dans nos estimations, mais ambitieux commercialement. Nous nous préparons pour le grand rebond de 2027 et 2028.