Franchise

Litigimmo : la nouvelle agence immobilière pour les biens litigieux

Par Christian Capitaine | le | Actualité

Juriste de formation, Clarisse Luillet, après avoir fait germer son projet trois années durant, a lancé, en septembre 2020, Litigimmo. La vocation inédite de cette agence immobilière : mettre en relation vendeurs de biens litigieux et acheteurs, « les deux pouvant y trouver leur intérêt », assure-t-elle.

Clarisse Luillet, présidente de Litigimmo - © D.R.
Clarisse Luillet, présidente de Litigimmo - © D.R.

Quelle est la vocation du concept Litigimmo ? 

Celle de mettre en relation des vendeurs de biens immobiliers litigieux avec des acheteurs, en rendant accessible l’offre et la demande de tels biens de manière équilibrée. Notre ambition est donc, en tant qu’agent immobilier - nous sommes titulaires de la carte professionnelle - d’accompagner, avec nos partenaires spécialisés en droit immobilier, ces vendeurs et ces acquéreurs tout au long du processus de vente.

Parmi ces biens litigieux, ou à problème, on peut retenir ceux saisis, squattés, inachevés ou ayant fait l’objet d’un arrêté de péril. Avant le lancement, en septembre 2020, de Litigimmo, il n’existait pas de concept d’agence immobilière spécialisée dans ce type de biens dont les problèmes posent de réels obstacles à la vente. 

Comment accompagnez-vous vendeurs et acheteurs dans le processus de vente ? 

Une fois le mandat obtenu, nous commençons par réaliser, pour le vendeur, une proposition de valeur de son bien en fonction du litige et du temps nécessaire à sa résolution. Le tout, en parfaite transparence. Nous sommes ainsi convaincus que notre concept saura séduire des acquéreurs, soit des particuliers soit des investisseurs, qui ne sont pas nécessairement pressés de disposer du bien et qui souhaitent aussi acheter un bien avec une décote en prenant le risque de la procédure.

Clarisse Luillet, présidente de Litigimmo
Clarisse Luillet, présidente de Litigimmo -

J’ajoute que vendre un bien litigieux est tout à fait légal, à condition que toutes ses caractéristiques, et bien sûr celles qui posent problème, soient notifiées dans l’acte de vente. 

Une fois le bien évalué, quel sera le niveau de sa décote ? 

Il dépendra de plusieurs facteurs : de la nature du litige et de la durée nécessaire à résoudre le problème et à rendre le bien disponible. Si, par exemple, il fait l’objet d’un arrêté de péril, le règlement du litige sera plus long que dans d’autres cas de figures - un bien  inachevé, par exemple - donc les frais d’avocats engagés seront plus importants, tout comme sa décote. Mais là encore, chaque situation est différente.

Globalement, on peut estimer que la décote du bien avoisinera les 20 % de son prix de vente. Un dernier point important ici : l’objectif est que l’acheteur, une fois le processus de vente achevé et les frais de justice réglés, ait acquis un bien dont le prix est inférieur à celui du marché. 

Quels sont vos objectifs ? 

Pour obtenir nos mandats, nous allons tout d’abord faire de la prospection. Puis, nous avons pour ambition de nouer des partenariats avec des réseaux d’agences immobilières que nous pourrions aider à commercialiser ces biens litigieux. Nous sommes, à ce stade, en discussion avancée avec plusieurs partenaires potentiels.

Concernant le nombre de dossiers que nous ambitionnons de traiter par an, il est un peu tôt pour nous prononcer. Après un mois d’activité, nous en avons déjà saisis quelques-uns, ce qui est un début encourageant ! Enfin, Litigimmo a pour objectif de travailler partout en France. Et pourquoi pas, à termes, nous développer en franchise ?  

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