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« Le potentiel de développement des néo-agences est considérable »

Par Christian Capitaine | le | Agence immobilière indépendante

Autofinancée depuis son lancement et rentable depuis sa première année d’activité, Immo-Pop, la néo-agence au forfait unique de 3 500 euros (qui monte à 4 500 euros dans le cas d’une délégation de visite) compte, en 2022, passer à la vitesse supérieure, avec l’objectif de doubler son chiffre d’affaires et atteindre les 2,3 millions d’euros. Interview de son cofondateur, Théo Sudre.

Amélie et Théo Sudre, mère et fils, ont lancé Immo-Pop en 2019. - © D.R.
Amélie et Théo Sudre, mère et fils, ont lancé Immo-Pop en 2019. - © D.R.

Pouvez-vous retracer la genèse d’Immo-Pop ?

J’ai lancé cette activité en 2019. Avant cela, il y a ces nombreuses années durant lesquelles j’ai baigné dans l’univers de l’immobilier, mon père exerçant l’activité de notaire et ma mère celle de directrice d’agence immobilière.

C’est à la fin de mes études de commerce que l’aventure d’Immo-Pop a germé. Passionné par les nouvelles technologies et friand des concepts novateurs dans le monde de l’entreprise, j’ai eu l’idée de créer un concept qui repense le modèle des agences immobilières traditionnelles. Et ce, en travaillant sur deux points précis : redorer l’image en peu ternie de l’agent immobilier et proposer des frais d’agence plus attractifs que ceux pratiqués par la profession.

Je me suis alors rendu en Grande-Bretagne pour étudier les concepts émergents des néo-agences aux frais fixes, à l’image du pionnier PurpleBricks. Et après deux années de travail pour mettre en place la structure, l’aventure Immo-Pop pouvait commencer, en compagnie de ma maman, que j’ai débauchée de son agence, et en m’appuyant sur mon emprunt étudiant et de la love money, soit 200 000 euros.

Quels sont éléments-clés de votre business modèle ?

Concernant tout d’abord la tarification, nous sommes sur un forfait unique de 3 500 euros au succès, quel que soit le prix de vente du bien. Et il monte à 4 500 euros pour les vendeurs qui souhaitent une délégation de visite, sachant que 70 % de nos clients souhaitent les organiser eux-mêmes (ils nous font part de leur disponibilités et nous qualifions ensuite les visites).

S’agissant de nos agents immobiliers (ils sont aujourd’hui 14 salariés), les tâches qui leur incombent ne concernent uniquement que l’estimation du bien (qui peut être réalisée en visio) et la prise en charge de l’ensemble de la négociation entre vendeurs et acquéreurs.

Pour les photos, elles sont réalisées par des photographes professionnels (le client choisit, en partenariat avec son agent référent, celles qu’il souhaite mettre en avant dans l’annonce) ; et pour la réception des appels des potentiels acquéreurs, elles sont effectuées par une équipe dédiée au siège, à Bordeaux.

J’ajoute que nos agents immobiliers ne font pas de prospection, que nous diffusons les annonces sur une trentaine de portails et que la préparation des dossiers pour les signatures chez le notaires, ainsi que la rédaction des compromis, sont prises en charge par nos équipes juridiques.

Quels arguments opposez-vous aux agences traditionnelles qui vous stigmatisent en disant que vous cassez les prix du marché ?

Nous ne sommes évidemment pas sur le même modèle économique. Versus les agences qui ont pignon sur rue (par rapport elles, nous permettons aux clients de réaliser une économie moyenne de 16 000 euros), nous coupons des coûts importants concernant le travail des agents immobiliers.

J’estime, par ailleurs, que la taille du marché de la transaction immobilière est telle qu’il offre une place pour un grand nombre d’acteurs et de modèles. Et très certainement que ceux dits « traditionnels » qui n’auront pas réussi à prendre le virage du digitale et à faire évoluer leur process auront plus de mal à pérenniser leur activité.

Aujourd’hui, les néo-agences détiennent 1 % du marché de la transaction, selon un rapport du cabinet KPMG. Et toujours selon ce rapport, nous devrions détenir, à horizon cinq ans, entre 15 % et 20 % de parts de marché. Le potentiel de développement des néo-agences immobilières est donc considérable.

Quels sont vos projets et objectifs et pour les mois qui viennent ?

Après une année 2021 de consolidation qui nous permis de réaliser 400 transactions, soit un volume multiplié par deux versus 2020, nous visons, pour 2022, un chiffre d’affaires annuel compris entre 2,2 et 2,3 millions d’euros, soit également le double de celui de 2021.

Sur le plan des effectifs, et alors que nous sommes présents dans les plus grandes villes France (Paris et Ile-de-France, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nice, Toulouse, etc.) notre objectif est de recruter, au cours des vingt-quatre prochains mois, une centaine d’agents immobiliers supplémentaires, en ouvrant notamment nos portes aux agents commerciaux indépendants. Nous allons prochainement nous implanter à Montpellier ainsi que dans la zone géographique proche de la frontière suisse.

Certes, nous avançons moins vite que les autres néo-agences car nous n’avons jamais levé de fonds. Mais, au moins, nous gardons le contrôle de notre développement.

Et preuves que nous sommes bien décidés à accélérer : d’une part, nous venons de lancer une offre de location ; d’autre part, nous venons de lancer la VEFA (vente en état de futur achèvement) après avoir été approchés par des promoteurs dans les régions de Toulouse et de Bordeaux, avec, à compter du 1er mars 2022, 300 lots.

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