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Foncia : la reprise des volumes de ventes ralentit, les tensions locatives se durcissent


Le réseau Foncia a dressé, mercredi 28 janvier, le bilan de son activité 2025 : si ses volumes de ventes ont progressé, grâce notamment aux grandes métropoles, la dynamique s’est essoufflée en fin d’année sous l’effet des taux et du contexte macroéconomique. Côté location, la contraction de l’offre s’est accentuée, nourrie par le retrait des bailleurs et les contraintes réglementaires, installant le marché sous une tension devenue « structurelle ».

Foncia compte 600 agences en France et plus de 10 000 collaborateurs et collaboratrices. - © D.R.
Foncia compte 600 agences en France et plus de 10 000 collaborateurs et collaboratrices. - © D.R.

14 000 ventes réalisées sur douze mois (14 % de maisons et 86 % d’appartements), installant le réseau sur une croissance en volume de 8 % par rapport à l’année précédente. Foncia a livré, ce mercredi 28 janvier, les principaux indicateurs rendant compte de son activité commerciale en 2025 sur le volet transactions.

« Certes la reprise a été au rendez-vous, notamment dans les grandes métropoles qui ont porté nos volumes (Paris, Lyon et Nice), mais en découpage sur l’année, des dynamiques hétérogènes ont été constatées », a remarqué Jordan Frarier, président de Foncia Transaction.

Et de préciser : « Après deux premiers trimestres à +8 % et un troisième à +11 % par rapport aux mêmes périodes de 2024, notre activité a marqué le pas à partir d’octobre. Si bien que notre croissance est retombée à 5 % au quatrième trimestre.

La hausse des taux de crédit et l’instabilité politique et économique ont grippé cette dynamique haussière. S’agissant de ce début d’année 2026, nous restons sur un trend comparable, avec une activité qui demeure timide. »

Zahir Keenoo et Jordan Frarier, présidents de Foncia ADB et Foncia Transaction. - © Immomatin
Zahir Keenoo et Jordan Frarier, présidents de Foncia ADB et Foncia Transaction. - © Immomatin

Stabilisation des prix à l’échelle nationale

Du côté des prix, Foncia a fait état d’une stabilisation à l’échelle nationale (+1 %), « ce qui a permis aux acquéreurs de gagner en superficie sur les biens achetés », a constaté Jordan Frarier, (+1m2, soit une surface moyenne de 58 m2).

Mais, là encore, des disparités en fonction des régions ont été observées : stables en Ile-de-France, en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine (-1 %), ainsi que dans les Hauts-de-France (+0,1 %), en Normandie (+0,4 %) et en Occitanie (+1 %), les prix de l’immobilier ont accusé des baisses de respectivement 5 %, 6 % et 7 % en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire et Pays-de-la-Loire. A l’opposé, le Grand-Est et l’Auvergne-Rhône-Alpes ont vu leurs prix progresser de 3 % et 4 %.

« Pour 2026, il est difficile de faire des prévisions, a repris le président de Foncia Transaction. Nous ne sommes ni optimistes, ni pessimistes. Si les taux de crédit se maintiennent, ou ne progressent que très légèrement, comme c’est le cas en ce début d’année, nous pouvons espérer une année de stabilité au niveau des volumes de transactions. Rien d’effrayant ne se profile, mais restons attentifs. »

Marché locatif : une tension « structurelle »

Sur le marché du locatif, les chiffres 2025 dévoilés par Foncia, réseau qui revendique le statut de « premier loueur de France » avec près de 400 000 logements gérés, font état d’un enracinement des tensions qui sont devenues « structurelles », selon Zahir Keenoo, président de Foncia ADB. Illustration : sur un an, le nombre de congés locataires a diminué de 3 % en 2025, tandis que les relocations ont reculé de 2 %.

Dans le même temps, le stock de logements disponibles à la location a chuté, chez Foncia, de 7 %. Conséquence directe : le taux de rotation du parc s’établit à 19,7 %, en baisse de 0,5 point par rapport à 2024, et le taux d’occupation atteint un niveau élevé de 93,6 %.

« En 2025, nous avons enregistré une baisse de 3,5 % du nombre de locations totales réalisées en France, a constaté Zahir Keenoo, soit 54 700 locations, ce qui constitue un niveau historiquement bas. »

Cette contraction de l’offre s’explique, selon le président de Foncia ADB, par plusieurs facteurs structurels.

En premier lieu, de nombreux propriétaires bailleurs se sont retirés du marché locatif traditionnel, pénalisés par des contraintes réglementaires accrues et une rentabilité en berne. Selon une étude Foncia menée en 2025 auprès de 12 000 bailleurs, 47 % d’entre eux ont choisi, ou envisagent, de vendre leur bien.

Aussi, l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2025, de l’interdiction de relocation des logements classés G a accentué ces déséquilibres. Certains biens sont temporairement retirés pour travaux de rénovation énergétique, tandis que d’autres sont reloués hors du circuit professionnel.

Enfin, une partie du parc a basculé vers la location saisonnière, en particulier dans les zones tendues. Ces évolutions ont généré de fortes disparités territoriales. Dans des villes comme Paris, Nice ou Lyon, le stock de logements disponibles à la location représente désormais moins de 1 % du parc géré par Foncia, illustrant l’ampleur d’une tension locative devenue chronique sur notre territoire.