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« L’hybridation de RENT est devenue nécessaire » (S. Scarella, directeur du salon)

Par Christian Capitaine | le | Actualité

« Apprendre à naviguer en milieu hostile. » C’est, contexte de crise sanitaire oblige, la nouvelle donne avec laquelle doit composer le salon RENT, porte-étendard de la French Proptech, selon son directeur, Stéphane Scarella, qu’ImmoMatin a interrogé. Mercredi 23 septembre, sa décision était prise : décaler l’édition 2020 au printemps 2021. Tout en déployant, en novembre 2020, une version digitale de l’événement sous le label « Proptech Digital Days, by RENT »

Stéphane Scarella, directeur du salon RENT - dr
Stéphane Scarella, directeur du salon RENT - dr

Dans quelles conditions et avec quel état d’esprit avez-vous décidé de reporter RENT 2020, les 4 et 5 novembre, au printemps 2021 ?

La décision de décaler l’événement aux 31 mars et 1 avril prochains a été prise mercredi 23 septembre, suite aux annonces du gouvernement limitant la jauge à mille personnes pour les rassemblements à Paris. Elle a été difficile à prendre, mais est raisonnable, d’abord pour nos 400 exposants confirmés, dont les stands sur le salon prévalent, cela va de soi, pour l’an prochain.

Dans ces conditions d’incertitude, voire d’angoisse pour certains, il était impossible, pour nous, de les engager sur cet événement, même si nous avions pris préalablement toutes les dispositions nécessaires pour être conformes aux exigences du protocole sanitaire. Cette décision est aussi raisonnée puisque nous avons élaboré un plan B en déportant l’édition au printemps prochain.

Ce nouveau calendrier pour 2021 vous convient-il ?

Oui, il nous va très bien, car le mois de mars est traditionnellement une période privilégiée pour les affaires dans le secteur de l’immobilier. Nous avions déjà, par le passé, tenté de nous intégrer dans ce calendrier, mais les gros salons de mars à la Porte de Versailles, à Paris, nous l’empêchaient. Nous avons ainsi profité d’une fenêtre de deux jours, et nous en sommes très heureux. Bien sûr, nous espérons tous qu’à cette échéance la crise sera dernière nous et que nous pourrons vivre pleinement ce moment en présentiel.

Pour combler, en partie, ce report, vous lancez aux dates initiales de RENT 2020 les « Proptech Digital Days, by RENT ». De quoi s’agit-il ?

Cette séquence de report de RENT 2020, nous la saisissons pour la transformer en une opportunité : créer pendant deux jours, aux dates prévues du RENT « physique » 2020, un événement 100 % digital qui consacre une forme d’hybridation du salon. Avec les « Proptech Digital Days, by RENT », nous avons voulu mettre sur pied une plateforme en ligne sur laquelle les exposants présenteront, les 4 et 5 novembre 2020, leurs solutions et innovations et au travers de laquelle ils pourront prendre rendez-vous avec leurs clients.

Cette plateforme, à l’accès entièrement gratuit pour les visiteurs, sera également enrichie de conférences et d’ateliers dont nous sommes en train de finaliser les contenus, puis de parcours visiteurs (par exemples sur la transaction, la location, l’administration de biens) que les fabricants pourront enrichir à leur guise.

Les « Proptech Digital Days, by RENT » ont-elles vocation à être reconduites les années à venir ?

Oui, l’hybridation de notre événement, bâti sur un premier rendez-vous physique et un second digital, est devenue nécessaire. Nous nous refusons de subir et devons désormais apprendre à naviguer en milieu hostile. Et pour ce faire, nous devons nous employer à proposer de nouvelles solutions, de nouveaux outils.

Notre rôle, en tant que salon leader, est d’être en avance sur les autres, de proposer de nouvelles expériences. Mais en gardant notre humilité. Donc, novembre sera désormais notre rendez-vous digital, et mars notre rendez-vous physique.

Dans ce contexte de crise, comment se porte la French Proptech, dont RENT demeure la vitrine emblématique ?

Elle se porte bien ! Les startups françaises qui l’incarnent continuent, pour grande part, à se développer et à lever des millions d’euros de fonds. L’engouement des investisseurs pour nos jeunes pousses de la Proptech ne se dément pas, même si les deux ou trois premières semaines du confinement de mars dernier ont marqué une pause. Mais pour que les startups de la French Proptech se développent, elle doivent continuer à rencontrer les industriels. Et notre ambition, chez RENT, est de faire ce lien entre ces deux univers.

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