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«  Gérer plus de 50 000 lots à horizon 2027 » (Olivier Duverdier, Kaliz)

Par Christian Capitaine | le | Interview

Après avoir annoncé une levée de fonds de 20 millions d’euros auprès du Groupe Vilavi, Kaliz, plateforme de gestion locative, fait le point sur ses nouvelles ambitions. Et rappelle les fondamentaux de son modèle, largement tourné vers les professionnels de l’immobilier. Interview de son CEO, Olivier Duverdier.

Jeremy Girard et Olivier Duverdier, cofondateurs de Kaliz - © D.R.
Jeremy Girard et Olivier Duverdier, cofondateurs de Kaliz - © D.R.

Pouvez-vous rappeler le cœur de l’activité de Kaliz et nous dire si votre offre a évolué depuis votre création ?

Notre métier consiste, depuis notre lancement en mars 2020, à gérer et à mettre en location des biens immobiliers résidentiels et tertiaires. Concernant les évolutions de notre offre, nous avons, depuis l’automne 2021, considérablement accéléré la commercialisation en BtoBtoC, c’est-à-dire à travers des partenaires professionnels : agents immobiliers, réseaux de mandataires, conseillers en gestion de patrimoine et plateformes de ventes d’immobiliers neufs.

Comment s’articule cette relation BtoBtoC avec ces professionnels de l’immobilier ?

Elle s’opère avec des acteurs qui n’exercent pas le métier de gestionnaire immobilier, et qui sont exposés à des clients investisseurs locatifs, soit en phase de constitution de leur patrimoine immobilier ou bien qui l’ont déjà constitué. Ainsi, dans le cadre de leur parcours de vente, d’accompagnement ou de sécurisation de leurs clients propriétaires bailleurs, ils font la promotion de Kaliz et nous aident à la signature de mandats de gestion locative.

Nous nous appuyons, avec ces professionnels, sur plusieurs formes de partenariats : d’une part, via un partenariat classique, qui nous engage à reverser une commission à ceux qui nous ont recommandés (nous partageons ainsi avec eux les honoraires) ; d’autre part, jusqu’à la collaboration avec de plus gros partenaires. Dans ces cas présents, ces acteurs, souvent de tailles conséquentes, nous demandent d’intégrer notre solution, en marque blanche, dans leur environnement de marque. Nous produisons ainsi, pour eux, une prestation de service qui s’accompagne d’une plateforme technologique et d’une équipe de gestionnaires.

Que pèse Kaliz en nombre de lots gérés et de clients ?

A ce jour, nous gérons, sur l’ensemble du territoire, un peu plus de 2 700 lots pour le compte d’un petit millier de propriétaires. Ce qui représente environ 500 millions d’euros d’actifs gérés et 20 millions d’euros de loyers annuels perçus pour leurs comptes.

En quoi votre modèle est-il plus efficace que celui déployé par les autres acteurs de la gestion locative ?

Je vois plusieurs points de différenciation. Premièrement, nous sommes les seuls, parmi les nouveaux entrants sur le marché de la gestion locative, à avoir construit notre propre plateforme de gestion. Cela nous a permis, d’une part, de repenser le métier de la gestion locative, puis de simplifier ses étapes. Et enfin, d’automatiser le traitement d’un certain nombre d’opérations réalisées manuellement par les acteurs traditionnelles.

Nous avons décomposé 76 process métiers dont nous avons fait l’analyse pour savoir s’ils pouvaient être exercés, ou non, par une plateforme plus automatisée. Kaliz permet ainsi aux professionnels de gagner en efficacité et en productivité.

Deuxième élément de différenciation : chez Kaliz, nous avons beaucoup travaillé sur l’interface utilisateur. Résultat : toutes les parties prenantes, c’est-à-dire nos gestionnaires, les propriétaires bailleurs, les locataires et les artisans, ont accès à la même plateforme, avec certes des vues différentes. Cela nous permet de donner à chacun de l’information en temps réel, ainsi que des indicateurs de performance, tels les niveaux de rentabilité, les taux de vacances, ou encore les états d’avancement du processus de location.

En termes de tarifs, les vôtres sont-ils plus compétitifs que ceux proposés par les agences immobilières classiques ?

Pour le propriétaire bailleur, nous sommes, en moyenne, 30 à 40 % moins chers qu’une agence immobilière. Notre modèle est tel que si une agence immobilière prend, elle-même, en charge ce travail de gestion sur un petit portefeuille, elle va, au mieux, être à l’équilibre ; si elle est plus grosse et bien organisée, elle va gagner 10 ou 15 points de rentabilité à la fin du process. Alors que si elle travaille avec nous, elle aura non seulement une marge supérieure, mais en plus elle n’aura à s’occuper d’aucune opération : recrutement des équipes, achat de logiciels, etc.

Avec combien de professionnels de l’immobilier travaillez-vous et quels sont vos objectifs de croissance ?

Nous avons, à ce jour, plus d’une centaine d’agences immobilières partenaires actives, et nous travaillons avec une cinquantaine de conseillers en gestion de patrimoine, le tout en sept mois d’activité. S’agissant de nos objectifs, nous ambitionnons, d’ici à cinq ans, de gérer plus de 50 000 lots, dont les trois quart en indirect.

Vous affirmez que le tour de table que vous venez de boucler va vous donner la possibilité de mener à bien un plan de croissance externe. Vers quels types d’opérateurs vont s’opérer ces rachats ?

Nous sommes opportunistes, avec l’objectif d’acquérir des portefeuilles ou des structures qui viendraient compléter notre maillage géographique, ou nous donner accès à une catégorie de clients qui nous semblerait intéressante. Pour résumer, nous avons entamé un processus d’analyses d’opportunités d’acquisition d’un certain nombre d’acteurs de la gestion locative. Pour l’heure, nous ne pouvons pas donner de noms. Il faudra, pour cela, attendre l’été 2022.

Vous venez de lever 20 millions d’euros auprès du Groupe Vilavi. Comment l’avez-vous convaincu de vous accompagner ?

Nous avons fait, je crois, un certain nombre de démonstrations significatives et, nul doute, plus puissantes que celles des autres nouveaux entrants sur le marché. Premièrement, sur notre capacité à construire une technologie à la fois robuste et efficace. Deuxièmement, sur celle d’acquérir des clients en BtoC à des rythmes encore jamais atteints par ces nouveaux entrants. Et troisièmement, par notre capacité à faire des démonstrations probantes sur le marché du BtoBtoC. Le tout, couplé au profil entrepreneurial des deux cofondateurs de la société, conjugué à l’originalité de notre positionnement et au fort potentiel qu’il présente. 

Quels sont les grands objectifs que vous vous êtes fixés après cette levée de fonds ?

Il y en a trois. 1/ Continuer la croissance organique BtoC et BtoBtoC, ce qui veut dire recruter des équipes commerciales et de gestionnaires : alors que nous comptons aujourd’hui 33 collaborateurs, nous lancerons prochainement un plan de recrutement visant à en accueillir cinquante nouveaux au cours de l’année 2022. 

2/ Achever le développement de la plateforme technologique, et l’ensemble de ses fonctionnalités, pour ainsi couvrir entièrement (et nous en sommes proches !) la mise en location et la gestion.

3/ L’acquisition de portefeuilles afin d’aller plus vite et continuer à massifier la taille du portefeuille géré.

À ce jour, nous gérons des biens sur l’ensemble de la France, avec un tiers de notre portefeuille à Paris et en Ile-de-France et les deux tiers restants dans les grandes villes du pays. Nous allons bien sûr poursuivre notre développement sur nos deux principaux bassins que sont l’Ile-de-France et l’Occitanie, mais nous regardons également des opportunités dans de grandes métropoles telles que Nantes, Bordeaux, Lyon, Strasbourg ou encore Lille.

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