« Nous tablons sur 1 000 mandataires Liberkeys à horizon 2030 » (S. De Vanssay, Groupe BPCE)
Avec le rachat de Liberkeys, le Groupe BPCE fait son entrée sur le segment de la transaction immobilière dans l’ancien. Le groupe bancaire entend s’appuyer sur ses réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne pour accompagner le développement du réseau de mandataires. Les explications de Sébastien De Vanssay, directeur général BPCE Solutions immobilières.
Le Groupe BPCE est entré, en juillet dernier, en négociations exclusives avec Crédit Mutuel Arkéa pour acquérir le réseau immobilier Liberkeys. Pourquoi investissez-vous ce segment de la transaction immobilière dans l’ancien ?
Notre projet stratégique Vision 2030, dévoilé en juin 2024, s’articule autour de trois axes, dont un place le logement au cœur de nos enjeux de développement. Dans ce cadre, notre rôle, en tant que banquier, consiste, d’une part, à accompagner les parcours de vie de nos clients à travers le financement du crédit à l’habitat, dont nous détenons 26 % des parts de marché en France.
Nous devons nous inscrire sur l’ensemble de la chaîne de valeur du parcours résidentiel de nos clients
D’autre part, nous devons nous inscrire sur l’ensemble de la chaîne de valeur du parcours résidentiel de nos clients, l’accession à la propriété étant un besoin qu’ils expriment fortement.
Après le segment du neuf et l’investissement patrimonial - alimenté encore hier, sur le plan fiscal, par le Pinel - nous complétons aujourd’hui notre offre sur le segment de l’immobilier ancien en rachetant le réseau Liberkeys.
Via ce rachat, l’objectif est d’adresser une réponse à tous nos clients selon leurs besoins en les mettant entre les mains d’un partenaire solide avec lequel nous pourrons travailler.
Pourquoi avoir choisi le réseau Liberkeys ?
Au-delà de l’opportunité de marché qui s’offrait puisque le réseau était à vendre, il présentait trois principaux atouts.
D’abord, d’avoir grandi dans le secteur de la banque. En effet, les sujets de réglementation, de conformité et d’accompagnements des clients sur la sécurité des données sont, pour nous, très importants en tant qu’établissement bancaire. Et sur ce point, Liberkeys répondait à tous les critères en qualité de filiale du Crédit Mutuel Arkéa.
Autre atout, la nature de son modèle. Liberkeys est un réseau qui recrute et rémunère ses conseillers immobiliers sur des critères qualitatifs : les commissions qu’ils touchent varient en fonction de la satisfaction du client, ce qui les poussent à être exigeants dans leur parcours.
Nous sélectionnerons les conseillers les mieux notés et présentant les meilleurs résultats
Consécutivement, nous sélectionnerons les conseillers les mieux notés et présentant les meilleurs résultats, auxquels nous donnerons accès aux clients de nos réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne.
Enfin, Liberkeys déploie une plateforme de services de grande qualité sur le plan technologique, notamment pour tout ce qui relève de l’accompagnement de ses conseillers.
Comment s’articulera le développement de Liberkeys ?
Nous continuerons de travailler, dans les deux années qui viennent, son modèle de développement, notamment avec des établissements pilotes de nos filiales bancaires afin de mettre en place des process qui fonctionnent entre agents immobiliers et conseillers bancaires.
Nous sommes convaincus de pouvoir trouver des synergies dans les deux sens entre Liberkeys et nos banques
Nous sommes convaincus de pouvoir trouver des synergies dans les deux sens : pour nos établissements bancaires, il s’agira d’apporter à Liberkeys des clients qui ont un projet immobilier à réaliser ; pour Liberkeys de proposer aux banques des prospects avec l’objectif de simuler des financements et d’étudier leur capacité d’endettement.
Vous avez récemment affirmé que votre projet, à travers ce rachat de Liberkeys, n’était pas de vous inscrire sur le même modèle que celui de Square Habitat, le réseau d’agences immobilières du groupe Crédit Agricole. Pourriez-vous développer ce point ?
Le modèle de Liberkeys pourra évoluer. Nous continuerons à le travailler. Cela étant dit, nous n’avons pas vocation à créer un réseau d’agences physiques sur le même modèle que celui de Square Habitat.
Nous sommes convaincus que, dans la transaction immobilière dans l’ancien, la proximité avec les clients peut se faire sans agences qui ont pignon sur rue.
Quelles sont vos ambitions commerciales avec Liberkeys ?
D’abord sur le plan des effectifs, nous tablons sur 1 000 mandataires à horizon 2030, contre 250 aujourd’hui. Au niveau du marché, nous sommes convaincus qu’il repartira sur un rythme de croissance. Les crises ne durent qu’un temps. Se loger reste un besoin fondamental. Nous concernant, notre objectif est de réaliser 6 000 ventes immobilières dans l’existant à cet horizon 2030.