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Le réseau Safti table sur un marché dans l’ancien encore en recul en 2027


Après un rebond de 11 % en 2025, le marché immobilier ancien devrait terminer l’année 2026 sur un repli de 3 %, selon les estimations de Safti. Pour 2027, le réseau table sur nouvelle baisse des ventes de 2 %. Un contexte qui n’empêche pas l’enseigne de surperformer le marché, avec une croissance de 5 % de son activité cette année.

Conférence de presse de lancement de La Semaine de l’Immobilier et du Logement. - © Immomatin
Conférence de presse de lancement de La Semaine de l’Immobilier et du Logement. - © Immomatin

Un marché « normal et relativement dynamique », « non pas en crise », mais ayant réalisé « son atterrissage » après une année 2025 au cours de laquelle il avait renoué avec la croissance (+11 % selon la Fnaim).

C’est en ces termes que Gabriel Pacheco, président du réseau immobilier Safti, a décrit la situation du marché immobilier dans l’ancien en 2026 en France, dans le cadre d’une conférence de presse organisée, lundi 2 novembre 2026, dans l’aile Colbert de l’Assemblée nationale par la députée Annaïg Lemeur, élue de la première circonscription du Finistère, et en présence de Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, en ouverture de La Semaine de l’Immobilier et du Logement.

Un repli du marché de 3 % en 2026

Le marché de l’immobilier devrait ainsi, selon les estimations de Safti, reculer de 3 % à l’issue de 2026, affichant près de 900 000 transactions.

« Pour notre part, nous ferons bien mieux que le marché », a ajouté Gabriel Pacheco. Après une année 2025 à l’issue de laquelle le réseau avait réalisé 25 % de croissance valeur par rapport à 2024 (soit 225 millions d’euros ventilés), Safti réalisera, cette année, 5 % de croissance, pour atteindre un volume de 30 000 ventes.

S’agissant des caractéristiques des biens commercialisées par l’enseigne, elle annonce des hausses de ventes respectives sur les segments des maisons et des appartements de 5 % et de 3 %, le prix moyen de vente d’une maison chez Safti atteignant 235 000 euros, contre 192 000 euros pour un appartement, soit dans la moyenne nationale.

Safti : une croissance de 10 % de ses effectifs en 2026

« Si nous surperformons le marché, c’est probablement grâce à l’émergence des réseaux de mandataires, qui proposent un modèle plus léger [que celui des agences traditionnelles] et qui rémunèrent aussi mieux leurs conseillers », a repris Gabriel Pacheco.

Sans oublier, comme autre facteur de croissance de l’enseigne, la notoriété qu’elle a su construire au fil de son existence, la formation qu’elle délivre à ses conseillers (un total de 150 000 heures par an, portés par 40 salariés au siège) et ses outils tech (une soixante de salariés dédiés à ce pôle).

Du côté de ses effectifs, ils ont pareillement continué de progresser : le réseau Safti compte à présent 6 500 conseillers, c’est 10 % de plus qu’il y a douze mois. « C’est, à notre connaissance, la plus forte croissance réalisée parmi les réseaux de conseillers indépendants  », a assuré son président.

80 % des mandataires qui rejoignent l’enseigne sont en reconversion, alors que les 20 % restants sont issus du monde de l’immobilier. « Cette progression du nombre de professionnels de l’immobilier qui nous rejoignent s’explique par notre notoriété croissante, l’attractivité de notre modèle et la volonté d’un nombre grandissant de directeurs d’agence de réduire leurs coûts de fonctionnement », a expliqué Gabriel Pacheco.

Entre 500 000 et 600 000 ventes contraintes par an

Second temps fort de cette prise de parole du président de Safti : les perspectives de marché pour l’année 2027. Pour les dresser, Gabriel Pacheco a tenu compte d’une série d’éléments.

D’abord négatifs : la hausse des taux de crédits, qui devait approcher les 4 % mi-2027 (« 1 point de hausse des taux, c’est 8 % de capacité d’emprunt en moins pour les acquéreurs », a rappelé le président de l’enseigne), le fait que la France soit « au bord de la récession » et le contexte politique et social, avec les élections présidentielles en vue.

À l’inverse, plusieurs facteurs pourraient soutenir l’activité. Gabriel Pacheco a notamment rappelé que la pierre demeure une valeur refuge pour les Français et que seuls 57 % d’entre eux sont propriétaires de leur logement.

Autre élément de nature à alimenter le marché : les ventes contraintes, liées notamment aux décès, aux divorces, aux déménagements ou aux difficultés financières, dont le nombre est estimé entre 500 000 et 600 000 chaque année.

Fort de ces éléments, le réseau Safti table ainsi pour un marché l’immobilier dans l’ancien en repli de 2 % en 2027 (soit 900 000 transactions réalisées), avec un réajustement des prix compris entre 1 et 2 %. « Le marché restera certes sous tension, mais demeurera dynamique », a conclu Gabriel Pacheco.

« J’ai reçu les banques en leur demandant de délivrer davantage de crédits » (Vincent Jeanbrun)

En ouverture de cette conférence de presse organisée, lundi 2 novembre, au Palais Bourbon, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, s’est exprimé sur une série sujets, dont celui de l’accès au crédit. Verbatims.

« Nous avons besoin d’entendre le cri d’appel des banques. Si nous voulons booster l’accession à la propriété, dans le neuf comme dans l’ancien, il faut que le crédit immobilier se libère. J’ai reçu les banques en leur demandant de délivrer davantage de crédits, la réponse a été : “Nous n’attendons que cela”. Ainsi, nous avons un défi collectif : redonner de la fluidité au système bancaire ».

« Sur les conditions d’accès au crédit, je vais continuer mes discussions auprès du ministre de l’Économie, la Banque de France et les différents acteurs du système bancaire pour que développer des fonctions et des fonctionnalités qui rendent le crédit plus accessible. Dans un pays où le taux de défaut est si faible, il faut redonner de l’oxygène »

« Le premier de mes combats est d’aider les primo-accédants. Pour ces derniers, il y a l’enjeu de taux d’endettement. Pour un foyer qui gagne 10 000 € par mois et rembourse 3 500 € de crédit pour sa résidence principale, il lui reste une capacité de remboursement suffisamment conséquente pour emprunter et devenir propriétaire ailleurs, mais le plafond de 35 % est atteint. Sans faire d’annonce aujourd’hui, je pense qu’il va falloir ouvrir ces sujets et poser la question des normes HCSF. »

71 % des candidats à l’acquisition maintiennent leur projet immobilier

Les Français n’ont pas renoncé à devenir propriétaires. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête « Vouloir acheter, pouvoir acheter », réalisée par Safti en collaboration avec Kantar, du 1er au 13 octobre 2026, auprès de 1 156 prospects acquéreurs ayant contacté le réseau au cours des six derniers mois.

Selon cette étude, 71 % des répondants souhaitent toujours concrétiser leur projet immobilier. À l’inverse, seuls 5 % y ont renoncé, tandis que 24 % ont déjà trouvé leur bien. Autre signe encourageant : 72 % des personnes interrogées se déclarent confiantes dans leur capacité à mener leur acquisition à terme. Quant à l’élection présidentielle de 2027, elle ne devrait avoir aucune incidence sur le projet immobilier de 64 % des répondants.

Trois motivations principales poussent les ménages à acheter. Pour 41 % d’entre eux, l’acquisition répond à une nécessité liée à leur situation personnelle ou familiale. La capacité de financement et la constitution d’un apport suffisant arrivent juste derrière (40 %), devant la volonté de ne plus différer un projet de vie (27 %).

Le principal obstacle à l’achat reste la difficulté à trouver un bien correspondant à ses critères, citée par 66 % des répondants. Viennent ensuite les prix jugés trop élevés (41 %) et le coût des travaux (14 %). Plus surprenant, le niveau des taux de crédit ne constitue un frein que pour 9 % des personnes interrogées.

Pour autant, les candidats à l’acquisition se montrent prêts à revoir leurs exigences. Trois quarts des répondants (75 %) se disent disposés à faire des concessions pour concrétiser leur projet. Parmi eux, 34 % envisagent d’acheter un logement nécessitant des travaux, 24 % d’élargir leur recherche à d’autres secteurs géographiques et 19 % de se tourner vers une surface plus petite.