« En France, nous voulons passer de 150 à 300 conseillers en deux ans » (A. Rollin, DG Casavo)
Après une levée de fonds de 12 millions d’euros, le réseau immobilier italien Casavo détaille sa stratégie de croissance dans l’Hexagone, son second marché. Au programme : acquisitions ciblées de réseaux de mandataires, renforcement territorial dans les grandes métropoles et relance prochaine de l’iBuying. Avec l’ambition de passer de 150 à 300 conseillers en deux ans. Interview d’Arthur Rollin, son directeur général France.
Quels sont vos projets de développement suite à cette levée de fonds ?
Le premier concerne le volet « acquisition ». Nous voulons intégrer directement à Casavo d’autres réseaux immobiliers. Nous avons officialisé un premier rachat, fin mars, celui de l’enseigne italienne Casando Agency présente dans dix grandes villes du pays et comptant soixante conseillers immobiliers.
Nous avons l’ambition de procéder de la même manière en France en rachetant des structures immobilières dont les propositions de valeurs sont similaires aux nôtres, c’est-à-dire des réseaux de mandataires recensant entre 40 et 100 négociateurs. Des discussions sont en cours.
Que traduit la mise en place de cet axe de développement stratégique ?
Le niveau de compétition est très élevé entre réseaux de mandataires en France. Nous sommes arrivés à un stade où la consolidation fait sens. Nous devons, acteurs de la transaction immobilière, gagner notamment en pouvoir de négociation auprès des portails de diffusion.
Fermez-vous la porte à l’acquisition de réseaux immobiliers français qui ont pignon sur rue ?
Non. Nous sommes également ouverts à ces profils, même s’ils sont moins dans notre viseur. Je rappelle que Casavo déploie un modèle hybride : nous comptons déjà cinq bureaux en France qui, outre de fédérer nos équipes de conseillers, nous permettent de recevoir nos clients.
Quelles sont vos places fortes en France et où souhaitez-vous vous développer ?
Casavo France est principalement développée à Paris intramuros, Aix-en-Provence et Marseille, ainsi qu’à Bordeaux. Notre développement passera par une présence plus forte dans d’autres agglomérations telles que Lyon, Lille, Nice ou Nantes afin d’y renforcer notre notoriété locale. Autre priorité : nous implanter à Toulouse et Strasbourg où nous ne sommes pas encore présents.
Quels sont les autres piliers de votre stratégie de déploiement ?
A la différences d’autres grands réseaux de mandataires, nous ne sommes pas organisés en MLM. Dans chacune des villes dans lesquelles nous opérons, nous nous appuyons sur un « City manager » qui a pour rôle, outre d’exercer son métier d’agent immobilier sur le volet production, d’impulser une dynamique avec les conseillers de sa zone.
Aussi, nos conseillers travaillent en zoning, chacun ayant un territoire à lui défini. Enfin, si nous avons un niveau de rémunération, au premier level, plus faible que celui d’autres réseaux de mandataires (soit 60 % de la commission agence rétrocédée), c’est parce que nous fournissons à nos conseillers tous les outils pour qu’ils soient les plus compétitifs possibles pour entrer des mandats : shooting photos, diffusion larges et boostées pour les mandats, contenus sur les réseaux sociaux…
J’ajoute qu’à partir d’un CA annuel de 150 000 euros en province et 200 000 euros à Paris, nos conseillers touchent 100 % de la commission agence.
De quelles ressources financières disposerez-vous en France pour déployer votre stratégie de croissance externe ?
Elles dépendront des cibles. Idéalement, la prochaine acquisition interviendra en France, à horizon fin 2026, début 2027. Mais si, dans le même temps, une opportunité répondant à nos critères se présente en Italie, nous la privilégierons.
Nous comptons, en France, 150 conseillers. L’objectif est d’atteindre la barre des 200 fin 2026 et celle des 300 à horizon deux ans. Et ce, en privilégiant le recrutement de profils expérimentés.
Quels autres projets nourrissez-vous suite à ce tour de table de 12 millions d’euros ?
Nous renforçons notre équipe « tech », qui est basée à Milan, avec des recrutements pour accélérer sur la partie « IA », en développant, en interne, des outils pour nos conseillers immobiliers.
Aussi, nous avons l’ambition de relancer en France, l’an prochain, notre offre de ibuying que nous avions mis entre parenthèse lorsque le marché s’était retourné avec la remontée des taux de crédits. Nous travaillons à trouver le bon modèle en France pour remettre cette offre sur le marché.