Charges de copropriété : une baisse en 2025 dans un environnement sous tension (Foncia)
Portées par le recul des coûts énergétiques, les charges de copropriété ont reculé légèrement en 2025, selon l’observatoire des charges de copropriété 2026 publié par Foncia. Cette évolution apparaît en trompe-l’œil, alors que plusieurs postes clés sont restés orientés à la hausse et que les disparités territoriales ont demeuré marquées.
Les charges de copropriété ont marqué un léger reflux en France en 2025. Elles se sont établies en moyenne à 1 500 euros par lot, soit une baisse de 0,8 % sur un an, selon l’observatoire des charges de copropriété 2026 publié par le réseau immobilier Foncia, le 7 avril 2026.
Cette étude, réalisée sur un échantillon de 51 000 lots (habitations, commerces et bureaux) issus d’un parc total de 1,5 million de biens gérés, met en évidence le rôle déterminant des coûts énergétiques dans cette baisse. Le prix de l’électricité a reculé de 6,8 % et celui de l’eau de 8,7 %.
Les postes liés aux travaux et à l’entretien en forte hausse
Pour autant, ces résultats masquent des évolutions contrastées. Plusieurs postes se sont affichés à la hausse, à l’image des fournitures et petits travaux (+10,7 %) ainsi que l’entretien des immeubles (+1,6 %).
Ces hausses s’expliquent notamment par l’augmentation des coûts de main-d’œuvre et des matériaux, mais aussi par le vieillissement du parc immobilier français, qui génère des besoins d’intervention plus fréquents et plus techniques.
« La baisse des charges en 2025, dans un contexte pourtant inflationniste, confirme la pertinence de notre approche, structurée et anticipative », analyse Vesna Ducic-Lacombe, responsable maîtrise des charges chez Foncia.
Et d’ajouter : « Notre travail consiste d’abord à analyser finement chaque poste de dépense pour identifier des leviers d’optimisation concrets, puis à activer ces leviers en renégociant les contrats et en adaptant les prestations aux besoins réels des immeubles. »
Le chauffage collectif, premier poste de dépense en copropriété
Dans ce contexte, certaines dépenses contraintes ont poursuivi leur progression. Les assurances ont enregistré une hausse moyenne de 9,9 %, sous l’effet conjugué de l’augmentation des sinistres climatiques et du renchérissement des coûts de réparation.
De son côté, le chauffage collectif, premier poste de dépense en copropriété, a progressé de 2,6 % pour atteindre un budget annuel moyen de 625 euros par lot.
« Nous agissons prioritairement sur les postes maîtrisables, tout en accompagnant les copropriétés face à des hausses subies, comme celles liées aux assurances ou à l’évolution des coûts de maintenance, précise Vesna Ducic-Lacombe. Sur l’énergie, l’enjeu est également d’anticiper, en tenant compte des contextes reprend marchés et de la temporalité des achats. »
La question énergétique illustre cette logique d’anticipation. « L’énergie consommée aujourd’hui a généralement été achetée un à deux ans auparavant, ce qui explique le décalage dans l’évolution des charges », rappelle-t-elle, soulignant l’importance des arbitrages entre prix fixes et indexés.
Des disparités territoriales importantes
L’observatoire met également en lumière des écarts significatifs selon les territoires. Les charges varient ainsi de 1 010 euros par lot en Bretagne à 2 041 euros en Île-de-France, soit un niveau supérieur de 37 % à la moyenne nationale.
La région francilienne se distingue par des charges élevées, bien qu’en légère baisse (-1,9 % sur un an). Paris demeure la ville la plus coûteuse, avec 2 251 euros de charges annuelles par lot en 2025.
Ces écarts s’expliquent par des facteurs tels que la densité urbaine, la typologie et l’ancienneté du bâti, le niveau d’équipement des immeubles (ascenseurs multiples, présence de gardiens), mais aussi le coût de la main-d’œuvre.
À l’inverse, plusieurs régions - Bretagne, Pays-de-la-Loire, Nouvelle-Aquitaine ou Occitanie - ont afficheé des charges inférieures à 1 100 euros par lot, tandis que le Centre-Val-de-Loire et le Grand-Est se situent dans la moyenne nationale.