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Immobilier haut de gamme : Barnes voit son activité se stabiliser à Paris


Porté par le retour des acquéreurs internationaux et une correction des prix, le réseau Barnes affiche une activité stable à Paris en ce début d’année malgré un marché en dents de scie depuis l’automne 2025.

Au T1 2026 à Paris intra-muros, Barnes a signé 291 promesses de ventes. - © D.R.
Au T1 2026 à Paris intra-muros, Barnes a signé 291 promesses de ventes. - © D.R.

1 200 actes authentiques signés, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024. En 2025, les bureaux parisiens du réseau Barnes (en y incluant ceux des Hauts-de-Seine et des Yvelines) - soit dix-huit adresses - ont signé une année « record », s’est félicité Richard Tzipine, directeur général de l’enseigne, lors d’une conférence de presse organisée mi-avril.

Cette dynamique s’est pourtant révélée hétérogène, et fut marquée par des variations mensuelles. « A partir d’octobre 2025, la situation a été plus difficile, et ce jusqu’à mars 2026  », a poursuivi Richard Tzipine.

En cause : le contexte politique (valse des gouvernements, absence de budget…) et les incertitudes des dispositions fiscales liées à l’immobilier qui « ont troublé les mentalités » des futurs acquéreurs, selon le directeur général du réseau.

Et de préciser : « Nous avions toujours beaucoup d’activité, avec de nombreuses visites organisées, mais avec, au final, peu d’offres acquéreurs entre les mains ».

443 promesses de ventes signées au 1er trimestre 2026

Rien d’alarmant toutefois, sur le plan des affaires, pour l’enseigne immobilière de prestige : au premier trimestre 2026, ses bureaux parisiens ont récolté 443 promesses de ventes, contre 435 une année plus tôt sur la même période, soit une baisse limitée de 2 %.

S’agissant de son activité à Paris intra-muros, après 293 promesses de vente signées au T1 2025, elle en a enregistrées 291 un an plus tard (soit une situation de quasi-stabilité).

Deux moteurs ont permis à Barnes de retrouver, sur le moyen terme, cette stabilité, après deux années 2023 et 2024 « de correction » :

• la baisse des prix, soit d’environ 10 %, « qui a permis de nourrir la demande », explique-t-on chez Barnes ;

• le retour des acquéreurs internationaux, au premier rang desquels américains et sud-américains. « Dans un contexte international agité, les grandes fortunes internationales choisissent d’investir en France pour sa sécurité et sa stabilité institutionnelle », a constaté Richard Tzipine.

Fortes disparités territoriales

On notera que derrière cette stabilisation globale, le marché parisien a été marqué, en ce début d’année 2026, par de fortes disparités territoriales, illustrant une géographie immobilière pour le moins fragmentée.

Dans les quartiers les plus centraux de la capitale, à l’instar des 1er et 8e arrondissements, la demande peine à suivre : « Les acheteurs (…) étaient peu nombreux [ces derniers mois] principalement à cause des prix de vente encore trop élevés », a observé Philippe Joffre, directeur 1er et 8e Saint-Honoré.

Le quartier du Marais (3e et 4e arrondissements) après un « bel engouement en 2025 » a connu un début d’année 2026 « plus compliqué », révèle Nelson Ariowitsc, directeur adjoint du bureau Barnes du secteur. De nombreux propriétaires […] préfèrent conserver leurs biens » dans un contexte incertain.

6e et 7e arrondissements : des niveaux de prix records !

Dans les arrondissements premium, comme les 6e et 7e, la logique est radicalement différente : la demande internationale y soutient les prix à des niveaux records, certains biens dépassant les 50 000 euros/m², dans un marché qualifié de « stop & go » (courtes phases d’attentisme des acheteurs alternant avec des périodes de reprise rapide et intense des transactions) par Guillaume de Blaÿ, directeur Paris 7e Bac / Varenne.

Toujours dans le 6e, « les biens de grande qualité […] continuent de se vendre vite », tandis que les petites surfaces souffrent des contraintes réglementaires. Dans le 9e, la correction est tangible sur les biens classiques, alors que les biens exceptionnels continuent de partir « en vente flash » autour de 23 000 euros/m². Même logique dans le 15e, redevenu très actif pour les biens sans défaut, vendus « entre 24 heures et une semaine ».

Le 16e reflète, quant à lui, les arbitrages actuels des acquéreurs aisés : si les biens au juste prix trouvent preneur rapidement, une partie de la clientèle reste dans l’attente d’évolutions politiques et fiscales. « L’offre est abondante, mais les décisions d’achat restent sensibles au contexte », a noté Frédérique Verrier-Pytel, directeur du bureau du secteur.

Le 17e en « très forte croissance en volume de ventes »

Enfin, le 17e arrondissement et Neuilly-sur-Seine confirment, cette année, leur statut de « valeurs refuges » pour une clientèle familiale en quête « d’espace et de qualité de vie ».

Dans le 17e, la correction amorcée en 2024-2025 porte ses fruits : l’arrondissement enregistre, en début d’année, « une très forte croissance en volume de vente », selon le réseau, portée par une demande soutenue pour les biens familiaux. Les secteurs les plus recherchés — Villiers, Monceau ou les Batignolles — affichent des prix élevés, autour de 14 500 euros/m² pour les biens de qualité.

À Neuilly-sur-Seine, « l’offre de biens de qualité y est deux fois plus abondante en 2026 qu’en 2024 et 2025 », ce qui pousse les acheteurs à négocier davantage. Pourtant, la demande reste solide, notamment de la part de familles françaises, de dirigeants ou d’expatriés de retour, « attirés par un environnement sécurisé et résidentiel », conclut-on chez Barnes.