Coronavirus : comment la profession s’organise ?


Par Christian CAPITAINE | le mercredi 18 mars 2020 | Réseaux-Franchise
Coronavirus : comment la profession s’organise ? - DR
Depuis l’annonce faite, hier lundi 16 mars, par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, de l’instauration du confinement généralisé, les agences immobilières, désormais fermées, doivent repenser leur organisation afin d’assurer la continuité de leur activité. Voici comment.

« Plus aucun contact avec le public. » Aussi forte soit-elle, cette recommandation, faite par Éric Allouche, directeur exécutif d’ERA Immobilier, à l’attention des franchisés de son réseau, était attendue ce mardi 17 mars, suite à l’annonce faite la veille, par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, de l’instauration du confinement généralisé sur l’ensemble du Territoire (métropole et outre-mer). « Cette posture de repli, que nous devons tous adopter, nous impose donc d’annuler nos visites et nos états des lieux programmés, martèle-t-il. L’heure est venue de rester chez nous, à la maison. »

Déjà hier, lundi, l’ensemble des agences immobilières en France avait décidé de ne plus accueillir de public, à l’instar des 10 000 adhérents de la Fnaim. « Cette mesure, nous l’avons prise dès samedi soir suite à l’annonce, par Édouard Philippe, de la fermeture de tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays, indique pour sa part Laurent Vimont, président du réseau Century 21. Dans ce contexte, le télétravail est la clé. Tous nos systèmes informatiques sont désormais déportés. Nos agences profiteront de ce moment pour, notamment, mettre à jour leur fichier. Comme les pêcheurs qui, lors des tempêtes, réparent leurs filets. »

Généralisation du travail à distance

Le travail à distance, nul doute, devrait se généraliser au sein de la profession. Comme chez Barnes : « Les assistantes d’accueils et les assistantes commerciales sont invitées à ne pas se présenter dans leurs agences respectives à compter du lundi 16 mars, précise la direction générale du réseau d’immobilier haut de gamme. Chaque directeur d’agence prendra contact avec chacune d’entre elles afin d’organiser la bonne transition des dossiers en cours. » Même constat pour les agents commerciaux du réseau. « Ils pourront continuer à exercer leurs mandats ou leurs prestations à distance, sans se présenter dans les locaux de Barnes. » Quant à savoir si des directeurs d’agences, toutes enseignes confondues, se rendront tout de même sur leur lieu de travail ? « Étant donné qu’ils sont indépendants, nous ne pouvons pas le leur interdire », répond Éric Allouche. Mais personne n’ignore désormais le point de vue du directeur exécutif d’ERA Immobilier…

45 milliards d’euros pour les entreprises (tous secteurs confondus)

Pour autant, « les agences doivent poursuivre leur activité et rester à l’écoute de leurs clients », affirme-t-on du côté de la Fnaim. Pour ce faire, « nos clients, acheteurs et vendeurs doivent pouvoir conclure leurs actes. La dématérialisation de nos actes de gestion, la signature électronique et les visites virtuelles pourront contribuer à nous permettre d’assurer nos services  », ajoute-t-on à la fédération. Pour les signatures en cours, « la signature électronique, si les notaires en sont équipés, est bon moyen d’assurer la continuité de nos activités », confirme Éric Allouche. Et lorsqu’on l’interroge sur son degré d’inquiétude, pour les affaires de la profession, à l’aune de ce contexte de crise inédit, il répond : « Ne pas être inquiet serait irresponsable. Mais le plus important, c’est de réagir, de faire face. » L’annonce, mardi 17 mars, par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, d’attribuer 45 milliards d’euros aux entreprises et aux salariés en difficulté (« nos réseaux n’auront d’autres choix que d’avoir recours au chômage partiel », nous confiait la veille Laurent Vimont) sera, nul doute, favorablement accueillie.

Transférer cet article à un ami