Marché immobilier : prix et taux d’emprunts stabilisés (SeLoger/Meilleurs Agents)
Selon le dernier baromètre des portails immobiliers SeLoger/Meilleurs Agents, les prix de l’immobilier se stabilisent en ce début d’année en France, tandis que les taux ne devraient pas augmenter au premier semestre 2026, selon ses prévisions.
Au 1er mars 2026, le prix moyen au mètre carré en France s’établit à 3 124 euros, en légère baisse de 0,1 % sur un mois mais en hausse de 0,9 % sur un an. Côté financement, le marché du crédit est entré dans une phase de stabilité.
Alors qu’à Paris les prix atteignent 9 739 euros/m² (+0,2 % sur un mois, +1,9 % sur un an), les dix plus grandes villes de province affichent une évolution annuelle modérée (+0,4 %), quand les zones rurales confirment leur dynamisme (+2,6 % sur un an). Pour prendre deux exemples, Bordeaux (+4,5 % sur un an) et Lille (+4,0 %) figurent parmi les métropoles les plus dynamiques, tandis que Nantes et Montpellier sont orientées à la baisse.
« En février 2026, les prix évoluent peu, observe-t-on chez SeLoger/Meilleurs Agents, avec notamment une légère progression à Paris et en zones rurales. » Ces indicateurs reposent sur les avant-contrats, traditionnellement signés à partir de mars-avril, le temps fort des transactions étant attendu au printemps.
« La stabilité des taux d’intérêt : un signal positif pour les porteurs de projets immobiliers »
Côté financement, le marché du crédit est entré dans une phase de stabilité. « L’inflation est maîtrisée », rappelle-ton chez SeLoger/Meilleurs Agents. Un consensus est établi selon lequel nous nous dirigeons vers une stabilité des taux directeurs de la BCE au premier semestre 2026, une baisse modérée n’étant envisagée qu’au second semestre.
« Un point d’attention reste fixé sur le mois d’avril, avec la décision attendue de Moody’s concernant la notation de la dette française. Cette échéance constitue un élément de vigilance, sans qu’un scénario de tension majeure ne soit aujourd’hui privilégié », constate-t-on chez SeLoger/Meilleurs Agents.
« Dans le contexte actuel, la stabilité des taux d’intérêt constitue un signal positif pour les porteurs de projets immobiliers. Nous n’anticipons pas de hausse en 2026 et, si des ajustements interviennent au second semestre, leur répercussion sur les taux immobiliers sera progressive », analyse Pierre Chapon, cofondateur du courtier Pretto, partenaire de ce baromètre aux côtés de SeLoger/Meilleurs Agents.
Et d’ajouter : « Les ménages peuvent construire leur projet dans un environnement plus lisible qu’il y a un an ».
+10 m² en allongeant la durée à 25 ans
Le principal levier identifié par SeLoger-Meilleurs Agents et Pretto pour alimenter les volumes de transactions réside dans l’allongement de la durée d’emprunt. La durée moyenne initiale des prêts atteint désormais 23,3 ans (contre 21,7 ans fin 2017).
Au 1er mars 2026, pour un couple disposant d’un revenu médian et consacrant 35 % de ses revenus au remboursement, le pouvoir d’achat immobilier s’élève à 71 m² sur 20 ans (taux moyen 3,4 %). En passant à 25 ans (3,5 %), il grimpe à 81 m², soit un gain moyen de 10 m² — l’équivalent d’une pièce supplémentaire — et 32 691 euros de capacité d’emprunt additionnelle (253 220 euros contre 220 530 euros), à mensualité équivalente.
L’écart de taux entre 20 et 25 ans n’étant que de 0,1 point, c’est bien la durée qui produit l’effet de levier. Mais cet arbitrage a un coût : le surcroît d’intérêts atteint 43 370 €, soit +51,8 % du coût total du crédit.
« Dans un environnement où les taux d’intérêt ne devraient pas baisser au printemps, allonger la durée du crédit permet de gagner une pièce, mais cet arbitrage doit être analysé au regard du coût total du financement, qui augmente de façon substantielle », prévient Barbara Castillo Rico, directrice science et études économiques chez SeLoger-Meilleurs Agents.