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« Le choc de l’offre n’est pas la bonne solution pour la crise actuelle » (P. Boulanger)

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« Le choc de l’offre n’est pas la bonne solution pour la crise actuelle, indique Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers, à notre partenaire News Tank Cities, le 14 mars 2024. Nous n’avons plus de demandes donc nous ne cherchons pas à développer notre offre. »

FPI - © D.R.
FPI - © D.R.

Pour relancer le secteur de la construction, la politique du Gouvernement vise à créer un « choc de l’offre ». Est-ce la bonne solution ?

Le choc de l’offre n’est pas la bonne solution pour la crise actuelle. Nous n’avons plus de demandes donc nous ne cherchons pas à développer notre offre. Aujourd’hui, il est d’abord nécessaire de relancer la demande, même si dès qu’elle reviendra, il faudra évidemment travailler sur l’offre car elle est peu développée actuellement.

Cette crise est multisectorielle. Le Gouvernement se veut contracyclique mais en vérité, il est intervenu bien trop tard. Il commence à comprendre qu’il y a une crise mais oriente ses décisions sans comprendre les réels besoins du secteur.

Le Gouvernement semble également vouloir faciliter les investissements immobiliers à travers le développement des SCPI, du LLI ou du BRS. Est-il vrai que les investisseurs individuels ne participent pas à la préservation d’un patrimoine de qualité ?

La thèse selon laquelle les investisseurs directs seraient de mauvais gestionnaires de patrimoine ne tient vraiment pas la route. L’investissement est un complément de retraite pour énormément de Français et je ne connais personne qui laisserait à l’abandon un bien qu’il a payé cher.

Pascal Boulanger, président de la FPI - © FPI
Pascal Boulanger, président de la FPI - © FPI

Les investisseurs privés ont toujours été nécessaires pour développer le logement en France. Les institutionnels ne peuvent assumer ce rôle seuls.

Au sein de votre fédération, certains promoteurs ont-ils dû cesser leurs activités depuis le début de cette crise ?

Depuis quelques semaines, il n’est pas rare que des adhérents m’annoncent qu’ils vont quitter la fédération. En effet, nombreux sont ceux qui arrêtent leurs activités soit par un processus de décision personnel soit parce qu’ils sont en redressement ou face à une nouvelle procédure collective.

Cela fait 9 ans que j’occupe des fonctions importantes au sein de la FPI, 6 ans en tant que trésorier et 3 ans en tant que président, et ces décisions, qui faisaient figure d’exception durant toutes ces années, sont maintenant devenues monnaie courante. C’est une crise très grave pour la profession et je peux vous assurer que les résultats du T1 2024 continuent à être à la baisse. Nous sommes vraiment très loin de la relance.