Les prix continuent de s’effriter dans l’ancien


Par Aurélie Tachot | le mardi 15 juillet 2014 | Services pour évaluer
Les prix continuent de s’effriter dans l’ancien

Les ménages français, qui retrouvent confiance dans le marché immobilier, ont de quoi se réjouir : non seulement les taux de crédit viennent de battre un nouveau record (2,70 % sur 20 ans) mais les prix des biens ont également baissé dans l’ancien par rapport à l’année précédente, d’après une étude de la Fnaim.


Est-ce de nouveau le bon moment d’acheter ? Jean-François Buet, président de la FNAIM, a décidé de jouer à "ni oui, ni non". "Tous les voyants sont au vert !", explique-t-il prudemment, lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 3 juillet. Dans son analyse semestrielle du marché immobilier réalisée à partir de sa base de données sur les promesses et les compromis de vente, la Fédération immobilière confirme une tendance baissière des prix dans l’ancien. A l’échelle nationale, ces derniers ont reculé d’1,9 % entre juin 2013 et juin 2014, soit -2,5 % pour les appartements et -1,4 % pour les maisons. Au cours du dernier trimestre, les prix ont, cette fois-ci, baissé de 0,2 %.

Le grand écart des régions

Derrière ces moyennes nationales qui font état d’un léger repli des prix, se cachent toutefois "d’importantes disparités régionales", prévient Jean-François Buet. Durant le premier semestre, certaines régions ont en effet été plus touchées que d’autres. En Champagne-Ardenne, les prix des appartements anciens ont baissé de 5,2 % tandis que dans les Pays-de-la-Loire, ils ont reculé de 0,6 % seulement. Les régions Poitou-Charentes et Aquitaine ont, quant à elles, fait figure d’exception en enregistrant respectivement une hausse de 0,4 % et 1,5 % des prix de leurs appartements. D’après la Fnaim, Reims et Metz sont les deux villes où la baisse est la plus significative. "Bordeaux et Montpellier, où se concentrent de nombreux emplois, sont, à l’inverse, les agglomérations qui s’en sortent le mieux", explique-t-il. Concernant les maisons anciennes, les écarts sont moins marqués entre les régions. Aux deux extrémités, l’Aquitaine affiche une hausse de 1,5 % de ses prix tandis que la Franche-Comté voit les siens s’effriter de 5,6 %.

Les loyers se stabilisent

Directement confrontés aux restrictions budgétaires des ménages, les loyers dans l’ancien suivent la même tendance : en l’espace d’un an, ils ont timidement diminué de 0,1 % à l’échelle nationale. Sans surprise, c’est en province que le phénomène est le plus marqué : les loyers y reculent de 0,4 % par rapport à juin 2013. A noter que les Franciliens ont moins de chance puisque leurs loyers continuent d’augmenter de 0,7 %. Pour Jean-François Buet, qui craint que les pouvoirs publics n’aient pas mesuré la gravité de l’état des marchés immobiliers, "ce ne sont pas les mesures dissuasives prises par la loi Alur à l’encontre des propriétaires-bailleurs et, plus précisément la fixation autoritaire des loyers, qui apaiseront le marché locatif", conclut-il.

 

 

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