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La plateforme d’investissement Bricks.co boucle sa levée de fonds avec Tony Parker

Par Christian Capitaine | Le

Dans le cadre de sa levée de fonds, dont les contours ont dû être modifiés suite à l’intervention de l’AMF (Autorité des marchés financiers), la plateforme d’investissement récolte finalement 13 millions d’euros : 8 millions sous forme d’une levée de fonds participative et 7 millions via des business angels, dont Tony Parker, qui a investi 2 millions d’euros.

Tony Parker rejoint la startup de Cédric O’Neill en tant qu’investisseur. - © D.R.
Tony Parker rejoint la startup de Cédric O’Neill en tant qu’investisseur. - © D.R.

Avril 2022. Bricks.co, startup fondée une année plus tôt, lance une levée de fonds participative auprès de sa communauté d’utilisateurs qui peuvent investir à partir de 10 euros.

En dix jours, la plateforme montpelliéraine d’investissement dédiée à l’immobilier récolte 15 millions d’euros sous forme de contrats de redevance (ou royalties) - l’investisseur perçoit des revenus locatifs en fonction des montants investis.

D’autre part, elle récolte 5 millions d’euros auprès de business angels, qui ont consacré des sommes plus importantes. Au total, elle recueille ainsi 20 millions d’euros.

Une fois l’opération bouclée, coup de théâtre : l’Autorité des marchés financiers (AMF) se rapproche de Bricks.co pour l’informer que les contrats de royalties, s’ils sont certes légaux, ne sont pas des titres financiers, qu’ils n’entrent pas dans sa juridiction et qu’ils ne font partie de son spectre en terme de régulation.

« Si demain vous faites faillite, nous dit l’AMF, ce seront 10 000 particuliers qui se retourneront contre nous pour défaut de conseils et de surveillance  », explique Cédric O’Neill, le CEO et fondateur de Bricks.co

Mise en conformité de la levée

Il reprend : « L’AMF nous présente alors deux possibilités : soit elle informe le public qu’elle n’est pas solidaire de cette opération (et donc qu’elle ne la cautionne pas), soit elle nous propose de mettre en conformité notre levée. Mais pour ce faire, il est un impératif : changer vos contrats de royalties en contrats d’action, avec un maximum de 8 millions d’euros par an et par société pour une levée de ce type auprès des particuliers, ce qui nous a obligé à rembourser 7 millions d’euros auprès de la communauté d’utilisateurs » (les remboursements ont été faits au prorata des sommes initialement investies). »

Au total, ce sont finalement 8 700 investisseurs qui ont rejoint l’aventure Bricks.co en tant qu’actionnaires.

Quant aux 5 millions d’euros investis par les business angels susnommés, ils restèrent, eux, au pot. Et parmi ces investisseurs figure l’ancien basketteur international français Tony Parker, qui a investi 2 millions d’euros dans la startup française, confie Cédric O’Neill.

42 opérations immobilières réalisées

Fort de cet investissement, Bricks.co, qui a réalisé 42 opérations immobilières depuis son lancement, pour un total de 50 millions d’euros (son CA 2022 approcherait les 5 millions d’euros), a pour ambition de renforcer ses équipes et de se développer à l’international.

« Cet argent ne servira pas à acheter des propriétés, assure le PDG de la proptech. Les fonds que nous utilisons pour ces acquisitions ne proviennent que des particuliers, qui peuvent investir à partir de 10 euros, sous forme de royalties.  »

Et dans sa mire figure les Etats-Unis, ainsi que le nord de l’Europe (Allemagne, Hollande et Danemark) non pas pour acheter de l’immobilier, mais pour proposer ses services à de futurs investisseurs.

En revanche, la startup projette d’acquérir des biens immobiliers au Portugal (où elle compte déjà cinq immeubles) et en Espagne pour les faire « matcher » avec ses investisseurs installés dans le Nord de l’Europe, et dont le pouvoir d’achat se révèle plus élevé.