PayFit contrecarre la falsification des fiches de paie


Le mardi 18 juin 2019 | Logiciels d'évaluation
PayFit contrecarre la falsification des fiches de paie - D.R.
Pour s’assurer de la fiabilité des fiches de paie des candidats locataires, les agents immobiliers sont souvent démunis. Afin de contrer cette problématique, la start-up PayFit, qui édite un logiciel de gestion de paie, vient d’intégrer un QR code sur les bulletins qu’il produit pour ses clients. Comment fonctionne ce dispositif

 ? Éléments de réponse.  

Utiliser les fiches de paie d’un ami ayant des revenus plus élevés que les siens en remplaçant ses coordonnées, modifier les montants de ses salaires et les charges associées pour gonfler sa rémunération, passer pas des sites ayant pignon sur rue, à l’instar de Karotpay, qui fournit à des candidats à la location des fausses fiches de paie… L’arnaque aux bulletins de salaire est devenue une vraie source d’angoisse pour les agents immobiliers. Pour eux comme pour les divers organismes sollicitant ces pièces, la société PayFit vient d’associer un QR code aux fiches de salaire qu’il génère via son logiciel de paie pour ses clients. « Pour les agents immobiliers, c’est à la fois un gage de sécurité et un gain de temps. Une fois scanné, le QR code délivre immédiatement le nom de l’employé, celui de l’entreprise ainsi que son numéro de SIRET, le montant net et brut ainsi que le mois et l’année d’édition », détaille Florian Fournier, co-fondateur de PayFit. 

5 minutes de vérification par fiche de paie

« Le sujet des faux dossiers de location est sensible car la peur de se retrouver en situation d’impayés poussent les bailleurs à être méfiants lors du choix de leur locataire », précise Mathieu Chantalat, directeur associé de Smartloc, spécialisé dans la gestion locative à destination des bailleurs indépendants. « En tant que distributeur de la garantie de loyers impayés, nous faisons beaucoup de vérifications de dossiers de location. Si nous évaluons rapidement la véracité des avis d’imposition grâce au service de vérification des avis d’impôts sur le revenu en ligne (SVAIR), nous passons énormément de temps sur les bulletins de salaire. Pour ces documents, nous avons établi une dizaine de points de contrôle : numéro de SS, du SIRET de la société, base des charges sociales, ration net/brut, cohérence des cumuls… Cette démarche, que nous avons en partie automatisée, nécessite 5 minutes de vérification manuelle par dossier. C’est beaucoup dans la mesure où nous traitons plusieurs centaines de bulletins chaque mois », détaille-t-il. 

3 à 5 % de dossiers falsifiés

Si Mathieu Chantalat considère le QR Code de PayFit comme un outil susceptible de lui faire gagner du temps, il souhaiterait cependant que sa mise en place soit systématique. « Nous détectons entre 3 à 5 % de dossiers falsifiés, certains grossièrement d’autres passés par des professionnels… Toutefois, il faudrait revoir plus globalement les garanties des loyers impayés. Si certains candidats locataires sont amenés à tricher alors qu’ils pourraient payer leur logement, c’est aussi parce que certains profils, pourtant classiques, ne rentrent pas dans les cases aux yeux des agences. Je pense notamment aux personnes qui sont en période d’essai, en démarrage d’activité ou dont les CDD sont de moins de 6 mois, ou ne cessent de se renouveler », précise-t-il. Ces derniers pourraient cependant être accompagnés par la garantie Visale qui, en cas d’impayés, verse la sommes dues au bailleur, moyennant, par la suite, un remboursement du locataire.

Gérald Dudouet

Transférer cet article à un ami