Homestaging en 3D : comment ce marché a-t-il évolué ?


Le mercredi 09 octobre 2019 | Home staging
Homestaging en 3D : comment ce marché a-t-il évolué ? -
Aider les acquéreurs à se projeter dans un bien vide, surchargé ou à rénover grâce à un visuel et une visite 3D : le homestaging dit ‘virtuel’ s’est largement démocratisé dans les agences. Aujourd’hui, ce marché de niche se recentre sur quelques acteurs qui ont réussi à industrialiser leurs process. Et donc à baisser les prix.

Evangélisation réussie

« Entre 2013 et 2016, un nombre incroyable de start-up s’est positionné sur le marché de la 3D immobilière…c’était de la folie », se rappelle Bastien Paquereau, co-fondateur et DG de Rhinov, elle-même créée en 2013. L’un des pionniers du segment, ArchiDeco, a même déposé la marque ‘Home Staging virtuel®’, tant cette offre de service foisonnait de tous les côtés. Coincé entre le marché de la photo immobilière, celui de la visite en vidéo 360° et du homestaging traditionnel, ce service de projection et de valorisation 3D des biens anciens s’est longtemps cherché. Puis le ‘Plaza effect’ est passé par là. « Avant, les agents s’interrogeaient sur l’utilité du service. Aujourd’hui, ils se demandent quel prestataire choisir », confirme Arthur Filimon, co-fondateur d’ArchiDeco. En particulier dans les grands réseaux, qui ont globalement tous signé des accords avec des prestataires. Sur la base d’une photo ou d’un plan 2D, ces entreprises produisent des images de type « avant-après » et/ou des visites en 3D… avec une proposition de réaménagement, d’ameublement et de décoration plus ou moins poussée selon les cas.

La bataille des prix

Quand Rhinov s’est lancé en 2013, sa prestation coûtait plusieurs centaines d’euros. Aujourd’hui, le prix public d’un visuel 3D est affiché à 69 euros HT. « 55 euros en moyenne quand on souscrit un pack », précise Bastien Paquereau. La start-up, qui vise les 2 millions de chiffre d’affaires pour 2019, revendique 20 000 projets par an, la moitié étant destinées aux particuliers. Pour tenir la cadence et la promesse d’une livraison en 48 voire 24 heures, Rhinov a développé son propre outil de production afin d’automatiser une partie du process. Sur 70 salariés, la start-up compte 15 développeurs.

De son côté, ArchiDeco a fait le pari de l’abonnement illimité. Pour 245 euros par mois, les agences immobilières peuvent obtenir deux visuels 3D d’une même pièce pour tous leurs biens faisant l’objet d’un mandat exclusif.  « Le lancement de cette formule a été un gros coup d’accélérateur », explique Arthur Filimon, d’autant que certaines têtes de réseaux, comme l’Adresse, prennent en charge le coût de l’abonnement pour leurs franchisés. Aujourd’hui, l’entreprise communique sur un flux de 400 à 500 projets par mois. Et reconnaît travailler à perte pour certains gros pourvoyeurs de mandats exclusifs. « Ces agences nous servent de référence pour développer notre service », indique Arthur Filimon, preuve que le marché a encore un potentiel de développement.

Réalisme & faisabilité

C’est sur son expertise métier qu’ArchiDeco entend se différencier. Ses quelque 20 architectes d’intérieur à la manœuvre, « tous diplômés », fournissent systématiquement un plan 3D vue du dessus aux clients et un budget estimatif des travaux avec le listing des meubles.  C’est aussi sur cet argument de la ‘faisabilité’ des propositions d’aménagement que Rhinov a concentré ses efforts, après être entré dans le giron du groupe Maisons du Monde en septembre 2018, qui détient désormais 70 % de son capital. « Aujourd’hui, nous donnons accès à la liste des meubles et des matériaux utilisés avec un devis associé. (…) En 2020, nous voulons accélérer sur le conseil et sur l’expérience client en BtoB », explique Bastien Paquereau.

Le Figaro Immobilier opte pour l’externalisation « en Europe »

Si Rhinov et Archideco jurent que 100 % de leur production est internalisée, l’offre 3D Immo du Figaro admet volontiers qu’elle s’appuie sur des sous-traitants à l’étranger. « Notre savoir-faire consiste à détecter et assembler des technologies, afin de les proposer à un coût raisonnable », explique Stéphane Anfosso. Ainsi, une agence peut obtenir la vue « avant/après » d’une pièce pour 49 euros HT - ou un pack composé de plusieurs images 3D et d’une visite virtuelle en HD pour 149 euros HT pour toutes les pièces d’une maison ou un appartement sur un niveau. Avec une offre plus large et plus agressive, Le Figaro Immobilier reste sur la promesse d’une première intention - et moins sur celle d’un pré-projet de transformation.

Susciter l’intérêt des acheteurs avec des annonces attractives, offrir un service à forte valeur ajoutée aux acquéreurs une fois la relation bien engagée, ou avoir une bille supplémentaire pour capter une exclusivité… le homestaging en 3D s’inscrit à plusieurs étapes du processus immobilier. Si les prix diffèrent, c’est surtout à l’aune des usages et des objectifs visés que les offres du marché doivent être comparées.

Par Gaëlle Fillion

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