"Je respecte mieux la Loi Hoguet aujourd'hui que lorsque j’étais à la tête d’une agence", J. Lavaupot, SYREMI


Le jeudi 08 octobre 2015 | Réseaux - Franchise
"Je respecte mieux la Loi Hoguet aujourd'hui que lorsque j’étais à la tête d’une agence",  J. Lavaupot, SYREMI

Créé en 2012, au plus fort de la guerre froide déclarée par les agents immobiliers traditionnels, le Syndicat des Réseaux de Mandataires en Immobilier organisait le 6 octobre son premier colloque, sur « l’avenir de la transaction immobilière en France ». Rencontre en marge de l’évènement avec son Président, Jean Lavaupot, par ailleurs fondateur du réseau MegAgence.

A l’origine, le SYREMI comptait 14 réseaux et 7000 mandataires. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Le syndicat rassemble désormais une petite vingtaine d’enseignes, soit 11 000 mandataires indépendants et 500 salariés au sein des têtes de réseau. Parmi les nouveaux entrants, on compte des petits réseaux, parfois à peine plus gros que des agences ; c’est le cas par exemple d’Imeo. D’autres enseignes plus importantes ont également rejoint le syndicat, comme BSK qui compte près de 250 négociateurs. Parmi les membres historiques du SYREMI, on retrouve I@D France, CapiFrance, Safti, Opimhome, megAgence, La Fourmi, Groupement Immobilier, 3%.com, etc. Propriétés-Privées ou Efficity, par exemple, n’en font en revanche pas partie, mais sont les bienvenus pour nous rejoindre.

Quel bilan tirez-vous de ces 3 premières années ?

Nous avons beaucoup travaillé sur des problématiques juridiques : la validité du portage salarial pour les mandataires, la dématérialisation, l’assurance en responsabilité civile, la chasse de négociateurs entre réseaux – et bien d’autres sujets. Nous nous sommes également penchés sur la question de la formation, avec l’objectif d’augmenter le taux de professionnalisation dans l’immobilier. Les membres du SYREMI ont largement anticipé les directives légales en proposant entre 11 et 18 jours de formation par an à leurs mandataires. Nous allons donc bien au-delà des préconisations de la Loi Alur. Nous sommes également intervenus auprès des pouvoirs publics pour demander une certification obligatoire des professionnels immobiliers et une identification de tous les agents commerciaux sur Internet, qu’ils travaillent pour des agences immobilières ou pour des réseaux de mandataires. Bref, nous œuvrons pour plus de transparence.

Vos relations avec la FNAIM semblent s’être un peu détendues. Quelles synergies peut-on attendre ?

Nous sommes fiers que la FNAIM soit présente à notre colloque. Leur intervention a été de très belle qualité. Il n’y a toutefois rien d’autre de concret pour l’instant. Les agents traditionnels voient que notre modèle fonctionne et certains d’entre eux le dupliquent, en créant des petits réseaux de mandataires localement. Peut-être que le SYREMI se rapprochera un jour de FNAIM ou du SNPI ? Pourquoi pas.

Le SYREMI est-il impliqué dans le projet de portail d’annonces « de la profession » ?

Nous ne sommes pas conviés dans ces discussions. Dans tous les cas, pour qu’un tel outil puisse fonctionner, les participants devront investir au moins 10 millions d’euros au départ. L’immobilier a besoin d’audience sur Internet : les gros portails nous coûtent certes très cher…mais sont pour l’instant incontournables. Néanmoins, nous nous réjouissons de cette tentative, qui le mérite de faire contrepoids sur le marché des sites d’annonces.

Le nombre de mandataires semble se stabiliser dans les grands réseaux, sauf chez I@D. Pourquoi ?

Sans doute grâce à leur approche du marketing de réseau. I@D fait la course en tête, mais les autres réseaux consolident leurs effectifs, car les chiffres d’affaires sont tous en progression au sein du SYREMI.

Quelle est votre feuille de route pour l’année à venir ?

Après les questions juridiques, nous allons nous attacher à la communication du SYREMI auprès des professionnels mais aussi du public. Nous voulons prouver notre professionnalisme. En tant que patron d’un réseau de mandataires, je respecte mieux la Loi Hoguet aujourd'hui que lorsque j’étais à la tête d’une agence.

Propos recueillis par Gaëlle Fillion

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