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Immobilier : «  Le pic des défaillances d’entreprises est derrière nous  » (Thierry Million, Altares)

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Après deux années de crise, le secteur immobilier semble avoir passé le pic des défaillances d’entreprises. Selon les chiffres d’Altares pour le troisième trimestre 2026, les procédures reculent de 12,6 % dans les agences immobilières et de 18,1 % dans la construction de maisons individuelles. Une amélioration qui reste fragile, sur fond de trésoreries tendues et de difficultés persistantes dans la promotion immobilière.

Les défaillances d’agences immobilières baissent plus rapidement, contrairement à la promotion. - © D.R.
Les défaillances d’agences immobilières baissent plus rapidement, contrairement à la promotion. - © D.R.

« Dans l’immobilier, le pic des défaillances d’entreprises est derrière nous. Ce qui peut être contre-intuitif au vu de l’actualité économique et de la remontée des taux. Mais le niveau de risque semble stabilisé. Il y a une amorce d’amélioration dans ce secteur par rapport à la situation de crise de la fin 2023 et au regard des chiffres des défaillances au 3e trimestre 2026  », a déclaré, à notre partenaire News Tank Cities, Thierry Millon, directeur des études chez Altares, à Lyon, le 16 octobre, 2026.

Altares a recensé 3 452 défaillances (procédures de sauvegarde, redressements et liquidations judiciaires) au 3e trimestre 2026 dans le secteur de la construction. Il demeure le premier secteur le plus touché en nombre de procédures (23,5 % du total des 14 652 défaillances), malgré recul de 3,1 % par rapport à l’été 2025.

« Le gros œuvre affiche l’amélioration la plus rapide avec une baisse de 13,1 % sur 1 an (avec 880 procédures) porté par la performance de la construction de maisons individuelles (-18 %) et la maçonnerie résiste (-7 %). Le second œuvre se stabilise avec 1 700 défaillances (-1 %). Les défaillances d’agences immobilières baissent plus rapidement (-12,6 %) contrairement à la promotion immobilière (+ 6,5 %) », selon Altares.

« Les sociétés les plus fragiles sont tombées dès 2024. Elles présentent toujours des faiblesses financières d’origine et des trésoreries tendues. C’est la trésorerie qui fait le business, pas le chiffre d’affaires  », relève Thierry Millon.

Les chiffres montrent une baisse des défaillances en 2026 par rapport à 2025 sur deux activités spécifiques :

• 176 défaillances dans la construction de maisons individuelles (NAF 4120A) au T3 2026 contre 215 au T3 2025 (-18,1 %).

• 41 défaillances dans la promotion immobilière de logements (NAF 4110A) au T3 2026 contre 49 au T3 2025 (-16,3 %).

« Avec l’immobilier, nous sommes dans le B2C. L’impact des défaillances est plus visible pour le grand public et donc problématique. Il y a une société derrière chaque programme immobilier. Les activités B2C souffrent de la baisse du pouvoir d’achat des Français et des arbitrages budgétaires des ménages  », déclare Thierry Millon. Au total, près de 72 000 entreprises ont fait défaut sur 12 mois.

Évolution des défaillances d’entreprises depuis 2019

Voici l’évolution des défaillances d’entreprises sur les périodes T3 depuis 2019 sur les deux secteurs de la construction de maisons individuelles (NAF 4120A) et de la promotion immobilière de logements (NAF 4110A) comprenant les procédures de sauvegarde, les redressements judiciaires et le liquidations directes.

Évolution des défaillances d’entreprises depuis 2019 - © D.R.
Évolution des défaillances d’entreprises depuis 2019 - © D.R.