INWiT : le mariage inédit de deux études notariales


Le mercredi 06 février 2019 | Réseaux-Franchise
INWiT : le mariage inédit de deux études notariales - D.R.

Suite à la réforme Macron de 2015, 1600 études ont été créées depuis juin 2017 - et une seconde vague de création de 733 notaires est prévue d’ici 2020 en France. Face à cette nouvelle concurrence qui bouscule la profession, deux cabinets ont décidé d’associer leurs forces sous le modèle atypique du trust : les parisiens de LBMB d’un côté et de Nogent Paris Est de l’autre.

INWiT, aka “In Notariat We Trust”

Le cœur de métier de LBMB Notaires, c’est l’immobilier commercial et institutionnel. Avec ses 50 collaborateurs, dont 10 notaires, cette étude historique du 16e arrondissement de Paris connaissait bien ses confrères de Nogent Paris Est, spécialisés dans l’aménagement et la promotion immobilière, Grand Paris oblige. Après un an de discussion, les deux offices, de taille relativement similaire, ont fini par officialiser leur rapprochement, fin 2018, sous une bannière commune baptisée INWiT.

« L’idée n’est pas de recréer une structure unique à l’instar des grosses études notariales qui existent aujourd’hui, mais de proposer un modèle agile, avec deux sites distincts pour accueillir nos clients et une offre globale qui recouvre l’intégralité du spectre notarial », explique maître Xavier Calmet, notaire associé au sein de Nogent Paris Est. L’offre d’INWiT s’appuie sur quatre types d’expertises : l’immobilier institutionnel, l’aménagement/ promotion, l’immobilier d’entreprise et les actes courants dont l’immobilier des particuliers. Ce décloisonnement de plusieurs spécialités de niche leur permet non seulement de gagner en réactivité dans le traitement des dossiers, mais également de se positionner sur des projets d’ampleur, grâce à un vivier de près de 100 collaborateurs.

Quand les notaires valorisent leur force de conseil « business »

La volonté de ce trust notarial est aussi d’apporter aux clients des compétences qui dépassent le strict conseil juridique. « Pour liquider un programme dont la commercialisation se passe mal, un promoteur a parfois tout intérêt à faire une vente en bloc à un institutionnel, par exemple. Dans ce cadre, INWiT est capable de mettre en contact des clients avec des SCPI qui cherchent à investir. Notre modèle permet de connecter deux mondes : celui des promoteurs et celui des institutionnels », indique Maître Anne Muzard de LBMB Notaires. Grâce à son modèle, INWiT promet autrement dit de valoriser les opérations immobilières de ses clients en les accompagnant sur le montage des dossiers d’arbitrage. INWiT chasse-t-il sur les terres des sociétés de conseil en immobilier commercial ? « Nous avons dépassé le rôle du notaire d’il y a 20 ans qui ne faisait que mettre en musique les souhaits des clients. Nous sommes force de proposition », résume Xavier Calmet.

Pour autant, ce modèle de trust inspiré du privé a-t-il vocation à se démocratiser au sein de la profession notariale ? Pas si évident, en dépit d’un contexte propice. Car il implique que plusieurs planètes soient alignées pour les notaires : une très forte complémentarité des expertises et des « zones de chalandise » bien distinctes pour établir des synergies sans se marcher sur les pieds… Pour sa part, INWiT n’exclut pas d’associer à terme une troisième étude basée dans l’ouest parisien, existante ou à créer…

Gaëlle Fillion

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