"Fin avril, nous lancerons une nouvelle marque immobilière", Olivier Colcombet, DigitRE


Par Gaëlle Fillion | le vendredi 02 mars 2018 | Réseaux - Franchise
"Fin avril, nous lancerons une nouvelle marque immobilière", Olivier Colcombet, DigitRE

Nouveau réseau, ouverture d’agences physiques estampillées Capifrance et création d’espaces Coworkimmo à Paris et Bordeaux…  L’actualité 2018 sera brûlante chez DigitRE, la filiale immobilière de la société d’investissement de François Pinault, Artémis. Nos questions à Olivier Colcombet, directeur général du groupe et Président de Capifrance et d’OptimHome.

Comment se porte DigitRE ?

Le groupe a vu son chiffre d’affaires progresser de 20 % en 2017, pour s’établir à 160 millions d’euros. Cela correspond à la somme des honoraires liés aux 20 000 ventes réalisées par nos conseillers l’an dernier. En 2018, nous visons entre 13 et 15 % de croissance. Aujourd’hui, OptimHome compte 1400 conseillers (y compris au Portugal et en Allemagne) et nous venons de dépasser les 2000 conseillers chez Capifrance. Notre objectif est d’atteindre 5000 conseillers en 2020 à l’échelle du groupe. Globalement, je constate une baisse du nombre de mandats depuis 18 mois mais elle est compensée par une augmentation du nombre de mandats exclusifs : nous affichons désormais un taux d’exclusivités de 30 % sur nos réseaux.

Quelles sont les synergies opérées au sein du groupe ?

DigitRE détient les actifs des réseaux Capifrance, OptimHome, Refleximmo mais aussi de l’outil d’estimation Drimki et des espaces Coworkimmo. Le groupe intervient comme un centre de services partagés. Tout ce qui n’est pas visible des consommateurs est géré par le siège : nous avons, par exemple, une direction administrative et financière commune pour le traitement des mandats et du juridique. Idem pour la direction du digital, qui rassemble 30 personnes au siège. Nos marques coexistent mais ne se fusionnent pas : chacune a son propre patron. Sur le plan commercial, nous voulons passer de l’indépendance des marques à l’interdépendance. Dans les jours qui viennent, notre logiciel permettra d’effectuer des rapprochements entre les biens CapiFrance et OptimHome.

Face à la puissance de CapiFrance et d’OptimHome, pourquoi conserver la marque Refleximmo ?

L’offre de DigitRE est segmentée. Refleximmo est fondé sur le principe du marketing multi-niveaux. Or, nous ne voulons pas laisser l’exclusivité de ce modèle à nos concurrents. Nous avons d’ailleurs recruté un directeur général en 2017, Cyrille Keff, pour relancer et rebrander Refleximmo, qui compte aujourd’hui 150 conseillers. Le programme de formation de Refleximmo est assuré et financé par le siège car nous souhaitons nous appuyer sur de vrais professionnels de l’immobilier.

Que pensez-vous des nouveaux modèles qui arrivent sur vos plates-bandes, comme Engel & Völkers ou Marton ?

C’est une opportunité : l’arrivée de nouveaux concurrents permet de ne pas s’endormir. Ces modèles abordent souvent le marché par le prisme du prix. Je n’exclus pas que l’on se lance sur ces nouveaux territoires un jour, mais pas pour concurrencer nos conseillers avec des offres low cost ! Fin avril, nous lançons une nouvelle marque d’offre immobilière, qui viendra renforcer notre positionnement. Elle impliquera des nouveaux conseillers et se mettra au service des conseillers existants. Nous avons une superbe équipe de 3500 agents chez DigitRE. Nous allons leur donner de nouvelles armes pour mieux faire leur métier, et compléter leur offre pour mieux servir le client final.

En quoi consiste l’Atelier CapiFrance que vous venez d’ouvrir à Paris ?

C’est un lieu de rendez-vous, d’où travaille une équipe de conseillers CapiFrance. Nous avons observé que les agents indépendants qui exercent dans les grands centres urbains ont souvent des difficultés à travailler de chez eux. A l’Atelier, les agents conservent leur statut d’indépendant, mais bénéficient d’un espace de travail et de services associés. En conséquence, leur commission reste supérieure à celle qu’ils toucheraient dans une agence traditionnelle, mais inférieure à celle des conseillers qui travaillent sur notre modèle classique. Ce premier lieu pilote, qui vient d’ouvrir dans le 8e arrondissement, est voué à se décliner dans 10 grandes villes françaises en 2018.

Est-ce un aveu de faiblesse de votre modèle en général et de Coworkimmo en particulier ?

C’est, au contraire, l’avis de succès de notre approche du « phygital ».  Les espaces Coworkimmo attirent beaucoup de monde : on y organise nos réunions de formation et de recrutement à Lyon et à Annemasse. L’espace parisien, situé rue Lafayette, est en plein travaux. Et nous venons de signer des locaux à Bordeaux, dans le triangle d’or, pour installer un centre de coworking et une équipe dédiée à l’immobilier neuf. Du reste, le concept de l’Atelier CapiFrance existait déjà dans nos réflexions stratégiques au moment du lancement de Coworkimmo.

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