Les futurs acquéreurs négocient moins les prix


Le mercredi 28 août 2019 | Sites pour les professionnels
Les futurs acquéreurs négocient moins les prix - D.R.

La part d’acheteurs en phase avec les tarifs du marché progresse significativement. Dans la relation qu’ils entretiennent avec leur achat immobilier, les futurs acquéreurs ont tendance à aujourd’hui moins systématiquement négocier le prix de la transaction. Le Baromètre de la négociation immobilière publié par JDN et Logic-Immo au 2e trimestre 2019 et émanant de l’Observatoire du moral immobilier (OMI), fait état de candidats à l’acquisition se disant plus en phase avec les prix pratiqués sur le marché.

A l’approche du cap du million de transactions, les marges de négociation, depuis 2018, ont baissé de 3,9 points sur les achats d’appartements, 4,1 points sur les maisons. Désormais, seul 1 potentiel acquéreur sur 2 négociera uniquement si le prix lui paraît surélevé. “ La part de futurs acheteurs prêts à négocier quel que soit le prix du bien a retrouvé son niveau plancher d’avril 2018, à 40 %”, peut-on lire dans cette édition du baromètre.

Portant sur plus de 3 000 porteurs de projet s’engageant à réaliser leur acquisition immobilière dans les 12 mois et réalisé chaque trimestre, l’étude révèle un “début de réconciliation des porteurs de projet avec le prix du marché. La part d’acheteurs qui considèrent que les tarifs correspondent à la réalité du marché remonte de près de 5 points pour atteindre 39,4 % au 1er trimestre 2019. Cela faisait plus d’un an qu’on n’avait pas enregistré un tel niveau ”, explique Séverine Amate, porte-parole de l’Observatoire du moral immobilier, même s’ils sont encore 56 % à juger que les prix pratiqués ne sont pas suffisamment réalistes. La porte-parole ajoute : “Par dépit ou par raison, 4 futurs accédants à la propriété sur 10 se plient dorénavant à la réalité du marché. Dans un contexte où les biens en vente tendent à se limiter, les critères deviennent aussi moins ambitieux. Leur mode d’analyse et la feuille de doléance également. Nous assistons à un embryon de changement en termes de comportement”.

Dans un marché national où le ratio entre les vendeurs et les acheteurs n’est pas égal - aux 3,5 millions de futurs acquéreurs se présentent 2,2 millions de vendeurs - les porteurs de projet sont près de 80 % à estimer que c’est le moment d’acheter. “Le delta entre l’offre et la demande est une raison évidente ; les candidats à l’acquisition sont nombreux à évoquer une pénurie de logements et ne veulent pas laisser passer le bon bien en se lançant dans la négociation du prix. Du fait de ce sentiment de pénurie, nous constatons également un rebond des ventes sur l’ancien”, précise Séverine Amate. La perception positive de ces porteurs de projet est par ailleurs décuplée par des taux d’intérêt toujours plus attractifs, des conditions de crédit inédites et une grande diversité de réponse bancaire. Les futurs acquéreurs sont ainsi 85 % à estimer que les taux d’intérêt sont très attractifs.

Les futurs acquéreurs négocient moins les prix-D.R.

“Cumulé au fait que les banques sont de plus en plus nombreuses à baisser leur niveau d’exigence, tout cela explique cette prise de pouls hyper positive. Dans ce contexte, les acheteurs ne cherchent plus systématiquement à négocier”.

Virginie Wojtkowski

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