« Il faut imposer un niveau de formation minimum à toute la profession », Jacques Daboudet, PDG de CapiFrance


Par Gaëlle Fillion | le vendredi 18 janvier 2013 | Sites pour les professionnels
« Il faut imposer un niveau de formation minimum à toute la profession », Jacques Daboudet, PDG de CapiFrance

Rachetée fin 2011 par Artémis -  la holding de François Pinault -, l’agence online CapiFrance a été relativement épargnée par la crise. Jacques Daboudet répond aux détracteurs du modèle des réseaux de mandataires et dévoile ses chantiers et objectifs pour 2013. 

Comment avez-vous vécu l’année 2012 ?

La Fnaim a annoncé une chute de 20 à 30 % du nombre de transactions. De notre côté, nous avons vécu la crise à contrecourant. Nos effectifs ont même augmenté légèrement puisque le réseau CapiFrance compte désormais 1400 mandataires, soit 100 de plus que l’an dernier. Le marché reste difficile pour toute la profession ; nous aurions pu concrétiser beaucoup plus de ventes. On s’en sort toutefois très bien : + 15 % par rapport à l’an dernier, soit environ 6600 transactions. Notre CA a progressé de 48 à 53 millions d’euros.

Comment avez-vous tiré votre épingle du jeu ?

Grâce à notre travail de fond : le renforcement de notre offre de service, les outils d’animation commerciale… Mais aussi le gain de notoriété auprès des professionnels et du grand public grâce à la publicité. La puissance de notre système de formation fait également la différence. Nous avons déployé des moyens supplémentaires. Désormais, les nouveaux mandataires suivent un cursus obligatoire de 18 mois qui fait l’objet d’une certification professionnelle. C’est contractuel ! Avec le  Syndicat des Mandataires Immobiliers (SYREMI), nous souhaitons rendre obligatoire un niveau minimum de formation pour exercer le métier.

Vous sentez-vous menacé quand Cécile Duflot parle de régulation du secteur ?

Absolument pas. Nous sommes tout à fait ouverts à une réforme de la loi Hoguet. Nous voulons d’ailleurs imposer le plus vite possible une formation minimum obligatoire non pas que pour nous, mais pour tous les agents immobiliers, y compris les salariés. Rappelons que 40 % des transactions sont traitées de particulier à particulier. Plutôt que de se tirer dans les pattes, il faut plutôt se fédérer les uns les autres pour capter cette part de marché. Se donner collectivement les moyens de professionnaliser nos équipes pour faire monter en compétence toute la profession.

Une agence sans vitrine est-elle une agence low cost ?

Je m’insurge contre cette idée : CapiFrance n’a jamais été un réseau low cost. Ce n’est pas notre politique. Effectivement, certains réseaux de mandataires cassent le marché avec une commission à 2 %. C’est irresponsable… et impossible si l’on fait correctement son métier. Comment publier des annonces de manière objective et efficace alors que les coûts de diffusion ne cessent d’augmenter ?

Notre taux de commission est en moyenne de 5,15 % : c’est davantage que la référence FNAIM. Quant à notre délai moyen de vente, il est de 91 jours.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de concurrence déloyale ?

Je peux comprendre que les agents traditionnels s’inquiètent. Nous sommes dans un contexte de crise économique où l’on cherche des boucs émissaires. Comme pour n’importe quel business, c’est le marché qui décide. 

Mais parlons vrai : combien d’heures de formation suit un négociateur salarié dans une agence traditionnelle ? 50 à 60 % des agences sont composées d’agents indépendants : n’est ce pas du salariat déguisé ? La porte de CapiFrance est grande ouverte pour ceux qui douteraient de notre politique de formation. Par ailleurs, un agent commercial qui n’a pas de carte professionnelle est obligé d’avoir une autorisation préfectorale pour exercer. Or, tous les agents de structures traditionnelles, qu’ils soient salariés ou indépendants, ont-ils cette autorisation ? Cela reste à vérifier. On nous reproche également de ne pas sécuriser les clients puisque l’agent n’est pas à proximité du porteur de la carte professionnelle. Toutes les opérations de nos mandataires sont centralisées, contrôlées et validées au siège. Cela ne peut pas être plus sécurisé.

Comment appréhendez-vous l’année 2013 ?

Je suis optimiste même si cela sera sans doute difficile. Nous voulons maintenir le cap sur le marché domestique avec un objectif de 7000 à 8000 ventes. Nous souhaitons également recruter 300 à 400 nouveaux mandataires. Nous allons probablement exporter notre concept avec une filiale à l’étranger. Enfin, nous attendons beaucoup des élus. J’aimerais avoir de bonnes nouvelles au sujet du prêt à taux zéro pour le neuf. Car notre métier ne peut retrouver la santé que si le neuf repart.

Transférer cet article à un ami